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14 avril 1986

Bombardement des États-Unis en territoire libyen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mouammar Kadhafi
UE

Des avions américains bombardent des cibles libyennes en guise de représailles contre des actes terroristes auxquels la Libye, et son président Mouammar Kadhafi, seraient liés.

Au début de 1986, les États-Unis adoptent des sanctions économiques afin d'inciter la Libye à ne plus supporter le terrorisme. La situation continue néanmoins de s'envenimer. En mars, des vaisseaux américains et libyens croisent le fer dans le golfe de Sidra, au large de la Libye. Puis, le 5 avril, une explosion dévaste une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des soldats américains. En guise de représailles, le président Ronald Reagan autorise le bombardement de cibles situées dans les villes de Tripoli et Benghazi. Une trentaine d'appareils prennent part à l'opération qui se solde par la mort de dizaines de civils, dont la fille adoptive du président Mouammar Kadhafi. Les deux occupants d'un bombardier américain perdent également la vie. Cette attaque éclair, qui se déroule pendant la nuit, s'est faite sans la collaboration de la France qui a refusé que les avions survolent son territoire. Après plusieurs années de tensions, les relations entre la Libye et les États-Unis prendront une nouvelle tournure avec la décision du président Kadhafi de renoncer au terrorisme.

Pour en savoir plus: Discours du président des États-Unis après le bombardement de la Libye

Dans les médias...


Jérôme Dumoulin, «Libye : la loi de la guerre»

«...Lorsque le président américain s'adresse à ses compatriotes, dans la nuit du 14 avril, pour leur expliquer le pourquoi et le comment de l'opération militaire déclenchée contre la Libye, chacun comprend que Ronald Reagan n'est pas seulement animé par une «juste colère». Il définit aussi une politique. Avec plus de détermination et de clarté qu'il ne l'a jamais fait auparavant : la Libye du colonel Kadhafi, identifiée comme source majeure du terrorisme dans le monde - preuves «irréfutables» à l'appui- ne connaîtra pas de répit tant qu'elle ne renoncera pas à la violence contre l'Occident (...) Le Président est d'autant plus enclin à l'action militaire qu'il a pu mesurer la relative inefficacité de ses propres sanctions économiques contre la Libye. Et la remarquable passivité de ses alliés européens face à Kadhafi, en dépit des actions déstabilisatrices que mène sans relâche contre eux le «bouillant colonel».»

L'Express (France), 25 avril 1986, p. 9 et 10.

Paul Thibaud, «Progrès technique, régression politique»

«...Ce que cachent les manières d'agir de Reagan (auxquelles les Européens ne proposent pas d'alternative), c'est l'échec de toute politique arabe occidentale (...) En réduisant les questions posées par le monde arabe au terrorisme, c'est notre bilan de faillite que nous tirons. Seule la revalorisation de la délibération peut rompre le cercle vicieux dans les rapports entre l'Occident et le monde arabe et musulman (qu'on vise plus ou moins à travers Kadhafi). Les Européens l'ont senti, eux, les spécialistes patentés de la délibération. Le problème, c'est que de la délibération ils donnent souvent une idée si dérisoire (palabre inutile) ou si basse (alibi pour ne pas décider) qu'ils ne sont pas un contrepoids crédible à l'unilatéralisme américain, et qu'en Europe même, beaucoup préfèrent s'identifier à la résolution reaganienne plutôt qu'au cafouillage communautaire. Pour que les Américains réapprennent à discuter, il faut que les Européens réapprennent à décider, et puisque la recherche de l'unanimité est souvent prétexte à démission, pas forcément à douze.»

Esprit (France), juin 1986, p. 3.

Vianney Duchesne, «Terreur américaine en Libye»

«...Il n'y a pas de doute que la Libye doit modifier son comportement envers les terroristes, d'autres pays ne doivent pas être tentés non plus de leur faciliter le «travail», comme le fait l'impétueux colonel. Par contre, les groupes terroristes sont tellement nombreux et éparpillés que le monde occidental est justifié de s'inquiéter. La satisfaction américaine risque d'être de courte durée. En somme, les États-Unis ont pu porter un bon coup contre leur ennemi Kadhafi, mais pas contre le terrorisme. La politique de terreur existait avant lui et demeurera même s'il décidait de faire preuve de compréhension envers d'autres philosophies que la sienne. Une attaque militaire ne règle pas les problèmes politiques fondamentaux qui ont donné naissance au terrorisme. Il faut plutôt rechercher la solution à la crise qui secoue le Proche-Orient depuis beaucoup trop longtemps.»

Le Soleil (Québec, Canada), 16 avril 1986, p. B-4.

Éditorial

«...In trying to respond forthrightly and strongly to the terrorist threat from Libya, President Reagan has - and ought to have - the support of the American people. Where terrorism can be traced and its source identified, this country ought to respond with measured forcefulness. The cautions that have to be invoked, though, are these : Is this a strategy rather than merely a lashing out ? Will it really stop Col. Khadafy's support of terrorism or does it increase the danger to travelers around the world ? (...) This week's raids may well, in fact, merely escalate the level of violence coming from the Khadafy regime itself. What must follow is an effort to devise a policy that is strong, measured and sustained. It may not help our feelings as much as pounding the shores of Tripoli. It would be more relevant to the question of a long-term remedy for Col. Khadafy's penchant for terrorism.»

Detroit Free Press (États-Unis), 16 avril 1986.

Gouvernance et gouvernement [ 14 avril 1986 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Libye
Non disponibleMiftah al-Usta UmarJadallah Azzuz at-Talhi

États-Unis
ÉlevéRonald Reagan

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1976 - 1996



avril
1986
Bombardement des États-Unis en territoire libyen


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