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18 mars 2018

Réélection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vladimir Poutine

Après avoir dominé dans tous les sondages, le président sortant, Vladimir Poutine, remporte une victoire écrasante avec 76,7 % des voix lors de l’élection présidentielle russe du 18 mars 2018. Il s’agit d’un quatrième mandat pour Poutine à la tête de l’État, lui qui a également été premier ministre de 1999 à 2000 et de 2008 à 2012.

Au cours de son mandat de 6 ans, entrepris en 2012, le président Poutine atteint des sommets de popularité, dépassant même la barre des 80 % en certaines occasions. Il est largement favori pour l’emporter en décembre 2017 lorsqu’il annonce, sans surprise, sa candidature à l’élection présidentielle du 18 mars 2018. Au cours du dernier mandat, l’économie russe a éprouvé des difficultés, mais le pays a vu son influence croître sur la scène internationale, notamment avec l’intervention dans le conflit syrien et l’annexion de la Crimée, dont le 4e anniversaire coïncide avec le jour du scrutin. Le 1er mars, en pleine campagne, Poutine annonce également la mise au point par son pays d’un nouveau missile nucléaire capable de frapper n’importe quel point du globe. La stabilité politique qu’incarne le président, sa visibilité à la télévision d’État et les embûches contre ses opposants contribuent à sa popularité. Un de ces opposants, Alexeï Navalny, qui dénonce la corruption du régime, ne peut par exemple poser sa candidature à cause d’accusations criminelles passées. Les manifestations de ses partisans sont également la cible de répression. Huit candidats sont sur les rangs le 18 mars, mais Poutine n’a pas d’adversaire à sa mesure. Il remporte la victoire avec 76,7 % des votes, devançant facilement Pavel Groudinine du Parti communiste (11,8 %) et Vladimir Jirinovski du Parti libéral-démocrate (5,65 %). Une autre candidate qui a suscité de l’intérêt est Ksenia Sobtchak, une personnalité médiatique qui se présente comme une opposante, mais dont le père était considéré comme un mentor de Poutine. Elle termine loin derrière avec 1,7 % des voix. Le nouveau mandat de Poutine, qui s’engage à assurer la sécurité de ses concitoyens et à améliorer leur standard de vie, prendra fin en 2024. Selon la Constitution, qui ne permet que deux mandats consécutifs, il sera alors inéligible à sa propre succession.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Emmanuel Grynszpan, « Vladimir Poutine, la victoire et après? »

«...La Constitution russe, qui interdit plus de deux mandats consécutifs de six ans, l'empêchera [Poutine] de se représenter en 2024. « Je ne prévois aucune réforme constitutionnelle pour l'instant », a précisé le président, en se gardant d'être définitif. Il faut croire que Vladimir Poutine n'aime guère les réformes d'une manière générale. Dans son discours annuel devant le parlement le 1er mars dernier, il n'a pas prononcé une seule fois ce mot. Or il s'agissait d'un discours programmatique, le seul en tout cas à donner des indications sur les intentions du chef d'Etat pour les années à venir. Son site internet de candidat ne comporte aucun programme. On n'y trouve que des promesses et ce slogan: « Un président fort - une Russie forte » . Vladimir Poutine, qui garde du KGB l'habitude de cacher son jeu, n'a donné aucune indication sur les hommes avec lesquels il va travailler durant les six prochaines années. Il paraît raisonnable de prédire qu'il attendra le dernier moment pour faire émerger son successeur, comme il l'a fait en 2008, lorsqu'il a « prêté » la présidence pour quatre années à son fidèle Dmitri Medvedev, redescendu ensuite en position de premier ministre. Les Russes ont donc offert un chèque en blanc à Vladimir Poutine. »

Le Temps (Suisse), 20 mars 2018, p. 4.

Ran Halévi, « Poutine, de tsar électif à paria international »

«...M. Poutine n'a pas pris la peine de présenter un programme, ni de faire campagne, si ce n'est pour sacrifier aux usages. Son affiche électorale peut se résumer au slogan qui a fait la fortune de Donald Trump : « make Russia great again » . Il y a oeuvré avec une détermination implacable, sans regarder sur les moyens, et avec un certain succès. Il a endigué le chaos de l'ère Eltsine, qui avait mis à terre l'économie du pays. Le niveau de vie s'est sensiblement élevé et l'accès à l'université élargi aux étudiants issus des régions périphériques. La génération née au tournant du siècle est mieux éduquée, vit plus longtemps, souffre relativement peu du chômage et bénéficie d'une multitude de débouchés inconnus de ses parents. Elle considère à plus de deux tiers que le pays va dans la bonne direction. Mais sans pour autant se rallier servilement au régime ni avaliser le matraquage médiatique sur le déclin et la turpitude des Occidentaux. Ces jeunes, largement apolitiques, s'informent dans leur écrasante majorité sur les réseaux sociaux, qui mettent à leur portée un monde qu'ils ont du mal à détester sur commande. Leur soutien au gouvernement est tributaire moins des envolées nationalistes du Kremlin que de leur bien-être personnel, bref de la situation économique qui, aujourd'hui, est bridée par l'absence de réformes, une corruption endémique et l'incurie administrative. C'est dire que le pacte social tacite instauré par M. Poutine repose sur des fondations précaires. »

Le Figaro (France), 21 mars 2018, p. 17.

Jean-Baptiste Naudet, « Vladimir Poutine réélu président : les leçons d’une victoire annoncée »

«...En attendant de voir ce qu'il va faire, après avoir joué de la corde nationaliste et des "ressources administratives", Poutine peut savourer son triomphe. Par contre, tous ses opposants sont en échec. [...] En deuxième position, avec quelque 12 % des voix, Pavel Groudinine, le candidat du Parti communiste, première formation "d'opposition", fait lourdement chuter le potentiel électoral de ce parti, d'environ 20 % depuis la fin de l'URSS. Son prédécesseur en 2012, Guennadi Ziouganov, avait obtenu près de 19 %. Depuis la présidentielle de 1996, quand l'alliance d'oligarques et d'hommes de forces (intérieur, KGB, armée), au pouvoir en Russie, leur a fait comprendre que s'ils l'emportaient, le scrutin serait annulé, qu'ils se retrouveraient en Sibérie et non au Kremlin, les communistes ne cherchent plus à gagner la présidentielle. Loin de défier Poutine, dont ils sont idéologiquement proches, ils cherchent simplement à obtenir un score qui leur permette de justifier leur position "d'opposition institutionnalisée", avec les postes, les prébendes qui vont avec. En présentant un candidat non adhérent du Parti, venant même de la formation de Poutine, en choisissant un riche entrepreneur, le PC russe a, sans doute, voulu élargir sa base électorale (beaucoup de retraités et d'habitants de petites villes de province). C'est un échec. Au contraire, à ce jeu, il a perdu une partie de son électorat. »

L’Obs (France), 19 mars 2018.

Annabelle Caillou, « Vladimir Poutine, pour six ans de plus »

«...Le militant Alexeï Navalny, le seul qui aurait pu s'imposer comme véritable adversaire, en a fait les frais. Arrêté à plusieurs reprises pour avoir organisé des manifestations non autorisées, il a été déclaré inéligible. Peu après le dévoilement des premiers résultats, il a accusé le Kremlin d'avoir fait gonfler la participation par de nombreuses fraudes…[...] Mais quand bien même Alexeï Navalny se serait présenté comme candidat, Vladimir Poutine aurait tout de même remporté l'élection haut la main, soutient [le politologue] Yann Breault. Si, pour la presse occidentale, le militant anticorruption représente un " héros défenseur de la démocratie ", sa cote de popularité ne fait pas de vague en Russie. " C'est un communicateur très habile, présent sur les réseaux sociaux, capable d'alimenter le cynisme de la population face aux élites. Mais dans les faits, il rejoint peu de gens, il n'avait jamais plus de 7 ou 8 % en moyenne dans les sondages. " Alexeï Navalny aurait sans aucun doute présenté Vladimir Poutine " sous un jour moins glorieux ". " L'empêcher de se présenter n'était qu'une façon pour Vladimir Poutine de contrôler son image auprès des Russes ", souligne M. Breault. »

Le Devoir (Québec, Canada), 19 mars 2018, p. A1, A8.

S.A., « A fourth term for Russia’s perpetual president »

«...Though there were scattered reports of ballot stuffing, the vote hardly needed to be rigged. Mr Putin ran against a field with no viable challengers, and enjoys widespread support. “This vote is to demonstrate our trust in him once again,” said Valentina Novikova, a schoolteacher from Moscow. Worried about low turnout undermining the legitimacy of the results, the Kremlin resorted to bread and circuses. A faux-festive atmosphere was manufactured at many polling places, with games, food and entertainment on hand. [...] ...while Mr Putin’s re-election operation went smoothly, his next term will be a minefield. The current constitution allows him to rule for only two consecutive terms, meaning that he will have to step aside in 2024. (When asked on Sunday whether he might consider returning in 2030, he called the question “funny”.) The Russian elite have already begun preparing for his departure, jockeying for position in a post-Putin system; the president will have to figure out how to manage a potential transition. The Kremlin also faces stagnating economic growth and calls for fresh reforms. The afterglow of victory will soon give way to a harsher reality. »

The Economist (Royaume-Uni), 9 mars 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 18 mars 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 2013 - 2016



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Ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie

mars
2014
Tenue d'un référendum en Crimée

juillet
2014
Écrasement d'un avion de la Malaysia Airline au-dessus du territoire ukrainien

janvier
2015
Chute importante du prix du baril de pétrole

octobre
2015
Attentat contre un avion de la compagnie russe Metrojet

septembre
2016
Réélection en Russie du parti Russie unie

septembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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