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27 avril 2018

Sommet entre les leaders de la Corée du Sud et de la Corée du Nord

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Au terme d’une année 2017 difficile, le leader nord-coréen Kim Jong-un exprime des signes d’ouverture avec la Corée du Sud lors des Jeux olympiques de Pyeongchang et une volonté de rencontrer le président des États-Unis, Donald Trump. Une autre étape est franchie le 27 avril 2018 alors qu’il tient un sommet avec le leader sud-coréen Moon Jae-in.

Le programme nucléaire et les essais nord-coréens éveillent depuis plusieurs années les inquiétudes de la communauté internationale. En 2017, elles sont nourries par l’escalade verbale entre Kim Jong-un et Donald Trump. Les sanctions économiques accablent aussi la Corée du Nord dont le leader montre des signes d’apaisement au début de 2018. La participation du pays aux Jeux de Pyeongchang, en février, est suivie par l’expression d’un intérêt pour une rencontre avec le président Trump. Une autre étape est franchie le 27 avril avec la tenue d’un sommet entre les leaders de la Corée du Sud et de la Corée du Nord. Après une chaleureuse poignée de main sur la ligne de démarcation entre les deux pays, Kim Jon-un et Moon Jae-in échangent dans le Peace House, un bâtiment construit en 1989 qui sert à des discussions bilatérales. C’est le troisième sommet inter-coréen, le dernier ayant eu lieu en 2007, mais le premier au cours duquel le chef d’État nord-coréen met les pieds en Corée du Sud. Les deux hommes parlent du programme nucléaire de la Corée du Nord, d’une possible dénucléarisation et d’établir des relations durables et profitables entre les deux pays, mais n’abordent pas la question des droits de la personne. Par la déclaration de Panmunjom, ils réitèrent leur volonté de dénucléariser la péninsule, de signer un traité de paix mettant fin officiellement à la guerre de 1950-53, de cesser les activités hostiles et de favoriser les rencontres entre les familles divisées. Ils parlent aussi de cesser la propagande et d’une visite que Moon Jae-in effectuerait en Pyongyang à l’automne. Le sommet est généralement bien accueilli dans le monde entier, malgré le peu de précisions sur les mesures à prendre pour réaliser les intentions exprimées. Bien qu’enthousiaste, le président Trump rappelle sa volonté de garder la pression afin de voir la situation progresser en Corée du Nord, notamment en ce qui a trait au programme nucléaire.

Dans les médias...


Arnaud Vaulerin, « Corées : qui veut le pèze prépare la paix »

«...Le sommet intercoréen et les jours qui l'ont suivi n'ont pas levé toutes les ambiguïtés qui entourent la question cruciale de la dénucléarisation et de son calendrier. « Cela ne pouvait pas être précisé à Panmunjom, qui n'était qu'une rencontre préparatoire. Les détails seront présentés lors de la réunion entre Kim et Trump», assure Cheong Seong-chang, professeur à l'institut Sejong de Séoul. [...] La sincérité du régime de Pyongyang et le respect de son engagement sont l'objet de toutes les interrogations du moment. Combien d'accords passés sont restés lettre morte ? En février 2012, les États-Unis de Barack Obama étaient parvenus à une entente après des semaines de tension avec le Nord. En échange d'une suspension du programme nucléaire nord-coréen, Washington s'engageait à livrer 240 000 tonnes d'aide alimentaire. Un mois et demi plus tard, le texte était caduc : Pyongyang lançait un nouveau missile pour le centième anniversaire de la naissance du père fondateur, Kim Il-sung. Et Obama retournait à sa politique de « patience stratégique » qui a révélé toute sa vacuité. « Cette fois, il n'a pas d'autre choix que de négocier, répond Cheong Seong-chang. » S'il continue le développement du programme nucléaire, l'économie nord-coréenne va sérieusement se détériorer et s'il y a à nouveau des difficultés, voire une famine, le soutien et la fidélité des cadres et du peuple vont s'éroder.» »

Libération (France), 7 mai 2018, p. 6.

Juliette Morillot (propos recueillis par Thierry Noisette), « Corée du Nord : « Trump a mis un coup de pied dans la fourmilière du statu quo »»

«...pour qu'il y ait développement de l'économie [nord-coréenne] et bien-être du peuple, il faut forcément qu'il y ait un apaisement des tensions, éventuellement un peu de levée des sanctions - apparemment ça n'a pas été accepté -, et qu'il y ait un rapprochement avec la Corée du Sud. Moi, ce qui se passe ne me surprend pas : évidemment, c'est historique, mais je n'appelle pas ça un revirement de la Corée du Nord, c'est parfaitement logique de la part de Kim Jong-un. Depuis des années, il demande de parler d'égal à égal avec les grandes puissances, il demande un pacte de non-agression avec les États-Unis, c'est ce qui va probablement se faire puisque ça fait partie des fameuses garanties de sécurité qu'il demande, et il réclame depuis des années un traité de paix sur la péninsule. Donc là, ils ont tout ce qu'ils demandaient, et en plus, ce traité de paix sur la péninsule, c'est demandé non seulement par les Nord-Coréens, mais aussi par les Sud-Coréens ; tout en sachant que ce n'est pas eux qui ont signé l'armistice, puisque c'était les Nations-unies d'un côté, et la Chine et la Corée du Nord de l'autre - donc il va y avoir encore d'autres étapes. Mais je pense qu'il y a une détente qui est véritablement souhaitée par tout le monde. »

L’Obs (France), 27 avril 2018.

Guy Sorman, « Corées : pourvu que rien ne change »

«...Le statu quo est, en réalité, la préférence de tous les acteurs de ce théâtre politique. Les sudistes ne veulent pas vraiment d'une réunification avec ces cousins pauvres et mal léchés : ils craignent - les jeunes surtout - que cela ne leur coûte trop cher. Les Chinois ? La Corée du Nord leur est un pion utile pour déstabiliser la région si besoin est, pour apparaître comme un sage arbitre et pour marginaliser les Américains. Les nordistes ? La kleptocratie au pouvoir vit confortablement, comme on peut le constater à Pyongyang, et, grâce à ses gesticulations nucléaires, Kim Jong-un est passé du rang de pitre à celui d'homme d'État internationalement reconnu. Il discute désormais sur un pied d'égalité avec les présidents chinois et américain. Le voici légitime, ce qui était son but : il a, d'ores et déjà, gagné la guerre des nerfs et très probablement sauvé son régime. Les Japonais ? Ils ne veulent pas d'une Corée réunifiée qui deviendrait, de facto, un rival économique et une puissance militaire équipée de la capacité nucléaire. Les Américains ? Le statu quo justifie leur présence permanente en Corée du Sud où, en droit, ils représentent l'ONU depuis l'armistice de 1953. [...] À cet égard, Trump s'est fourré dans un mauvais pétrin en ouvrant la porte à un traité de paix entre les deux Corées : si ce traité, que propose le Nord et que soutient le président du Sud, Moon Jae-in, un ex-gauchiste antiaméricain, était signé, les États-Unis n'auraient plus aucune base légale pour rester. »

Le Point (France), 27 avril 2018.

Stéphane Baillargeon, « Ce que réserve le sommet des deux Corées »

«...Douze gorilles en complets cravates courant groupés en pelotons autour de la Mercedes blindée du président de la Corée du Nord. Une chaleureuse poignée de main entre Kim Jong-un et son homologue de la Corée du Sud, Moon Jae-in. Les deux hommes traversant ensemble la ligne de démarcation des deux pays, puis marchant main dans la main comme des amoureux ou des enfants chaleureux. Et un toast au champagne, et les deux chefs d'État devant une toile de paysage bleutée, ou à une petite table de pique-nique, ou entourés de figurants en costumes traditionnels multicolores quasiment sortis d'un plateau de Star Wars. Les images spectaculaires n'ont pas manqué en provenance de la zone tampon séparant les pays frères ennemis où avait lieu vendredi le sommet historique entre les deux chefs d'État. C'était la première fois qu'un leader de la dernière société totalitaire à la stalinienne se rendait dans la république démocratique septentrionale. La mise en scène de la politique de représentation était parfaitement rodée. Le spectacle, c'est déjà la politique, et les symboles comptent énormément dans ce coin du monde où le Nord travaille en permanence pour fignoler et entretenir le culte de la personnalité du leader adoré comme un demi-dieu. »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 avril 2018, p. B7.

Neil Mackay, « The crazy paving on the path to peace »

«...there are a number of potential hazards for the United States in Friday’s deal. The most obvious of these will be reaching agreement on the precise definition of “denuclearisation” and how it will be achieved and verified. Barely a year ago, it appeared as if nothing would get North Korea to budge on its nuclear weapons programme and its insistence of being recognised as a nuclear state. Now, say doubters, it is making public “concessions” before it sits down with US officials making for confusion over what, precisely, Pyongyang wants or what it is willing to do. “North Korea cannot be trusted to denuclearise unless we know exactly what that means and under what conditions,” says Emil Dall, a research fellow at the Royal United Services Institute (RUSI) for Defence and Security Studies in London. “This deal doesn’t give us any detail about that.” Trust remains in short supply in Washington too when it comes to the North Korean leadership. “When looking at our own interests, we need to decide what North Korean weapons plan we are willing to accept. Despite much happy-feeling talk from Pyongyang, it seems highly unlikely Kim will give up all his nuclear weapons,” says Admiral James Stavridis, formerly the 16th Supreme Allied Commander at Nato and now Dean of the Fletcher School of Law and Diplomacy at Tufts University. »

Sunday Herald (Royaume-Uni), 29 avril 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 27 avril 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireMoon Jae-inLee Nak-yeon

Corée du Nord
FaibleKim Jong-unPak Pong Ju

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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