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19 avril 2018

Accession de Miguel Diaz-Canel à la présidence de Cuba

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après les longs règnes de Fidel et Raul Castro à la tête de Cuba, l’arrivée de Miguel Diaz-Canel marque une transition. Ce dernier s’engage toutefois à diriger le pays dans la continuité de Raul Castro qui, pour sa part, demeure une figure influente puisqu’il continuera de diriger le Parti communiste cubain (PCC) jusqu’en 2021.

Diaz-Canel, un ingénieur de formation né en 1960, donc peu après la révolution, avait accédé au poste de vice-président en 2013. Son accession à la tête du pays se fait à la suite des élections tenues le 11 mars 2018. Les parlementaires lui accordent un appui presque unanime à l’Assemblée nationale. L’arrivée de Diaz-Canel, lui aussi du PCC, s’accompagne d’autres changements, 13 des 31 membres du Conseil d’État étant renouvelés à la même occasion. Le mandat du nouveau président, qui commence le 19 avril, s’amorce tout de même dans un esprit de continuité. Il s’engage à poursuivre la révolution cubaine et à respecter le plan de 12 ans déjà entrepris. Sur le plan économique, le pays est confronté à d’importants défis. Le nouveau leader mise sur des petites ouvertures au secteur privé, tout en réaffirmant le rejet du néolibéralisme et la priorité faite à l’État, par exemple le maintien des dépenses sociales et des subventions publiques déjà en vigueur. Même s’il se dit ouvert à l’internet et à un peu plus de recul critique dans la presse, Diaz-Canel assure qu’il n’y aura pas de remise en question des grandes orientations. Lors du défilé du 1er mai, le nouveau président et l’ancien, Raul Castro, sont côte à côte. Cette présence symbolise la transition qui se dessine, mais met aussi en relief l’influence de Castro qui, malgré ses 86 ans, demeurera secrétaire général du PCC jusqu’en 2021. Un des objectifs du nouveau président, dont le mandat de 5 ans n’est renouvelable qu’une seule fois, sera de moderniser l’économie du pays. Un obstacle sera les relations avec les États-Unis, relations qui se sont considérablement tendues depuis l’accession à la présidence de Donald Trump en janvier 2017. D’autre part, Salvador Valdes Mesa succède à Diaz-Canel à la vice-présidence. Ce syndicaliste de 72 ans est le premier Afro-Cubain à accéder à des fonctions aussi importantes.

Dans les médias...


Reuters, « Le nouveau président cubain, un apparatchik énigmatique »

«...« Il y a des raisons de penser qu'il sera plus souple, plus moderne », estime Arturo Lopez-Levy, ancien analyste du gouvernement cubain qui a grandi dans la ville natale de Miguel Diaz-Canel à Santa Clara et enseigne à l'Université du Texas. « Mais il n'y a aucune preuve permettant de dire que c'est un réformateur et de penser qu'il va abandonner le système du parti unique ou cesser de favoriser le secteur public par rapport au secteur non étatique », souligne-t-il. Les véritables opinions politiques de Miguel Diaz-Canel restent fondamentalement une énigme. Faire campagne est interdit à Cuba et l'impétrant a évité de se mettre trop en avant pour ne pas finir comme d'autres prétendants au poste dont la carrière a pris fin justement à cause de ce genre d'attitude. Beaucoup de Cubains, frustrés par la lenteur de la croissance économique sous les Castro, veulent espérer que Miguel Diaz-Canel attend simplement d'être nommé pour se dévoiler. Cependant, sa marge de manoeuvre sera limitée puisque le Parti Communiste reste la force politique principale et que Raul Castro en restera le Premier secrétaire jusqu'en 2021. Certains membres de la petite communauté des opposants cubains ont par avance condamné la présidence de Miguel Diaz-Canel. Ils estiment qu'il n'y aura pas de changement majeur. »

Mediapart (France), 18 avril 2018.

Cathy Dos Santos, « À Cuba, une autre génération prend le relais de la révolution »

«...Cette nouvelle génération, déjà sur les rails, aura devant elle l'immense défi de concrétiser le chantier de « l'actualisation du modèle social et économique » en vue de tendre à l'objectif d'un « socialisme prospère et durable ». Le processus initié en 2008 a connu des avancées mais également des ajournements. « Tout le monde n'est pas d'accord. Il y a des résistances bureaucratiques. Raul Castro a fait le choix de la consultation pour parvenir à des accords. Lorsque cette démarche prévaut, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des retards. Il est plus facile d'appliquer des politiques que de créer des consensus au sein de la classe politique et de la structure gouvernementale, qui sont diverses », explique le politologue Rafael Hernandez. [...] Le prochain exécutif devra donc poursuivre les transformations économiques sans dénaturer les conquêtes sociales, qui sont la vitrine du processus politique. Et ce, dans un contexte d'adversité avec la crise économique qui convulse le Venezuela, pays allié de la région et fournisseur de pétrole, et le manque de liquidités financières. L'administration de Donald Trump constitue également une menace pour les relations diplomatiques, déjà fragiles et complexes. En décidant d'accroître les sanctions économiques, le président états-unien renforce un blocus commercial et financier qui asphyxie depuis des décennies l'économie de la Grande Île et réduit les marges de manoeuvre des autorités. Les futurs dirigeants n'ont pas le choix. Ils devront continuer de croiser le fer avec Washington et surtout concrétiser les bouleversements économiques attendus par les Cubains. »

L’Humanité (France), 18 avril 2018, p. 15.

Stéphane Baillargeon, « L’illustre inconnu devenu président de Cuba »

«...Le parcours en ligne droite, mais dans l'ombre, a parfaitement réussi, alors que d'autres personnalités politiques de la même génération (Carlos Lage, Roberto Robaina ou Felipe Perez Roque) ont tenté de forcer leur ascension, mais n'ont réussi qu'à provoquer leur propre chute. « Ce n'est pas un arriviste ou un improvisateur », a résumé Raúl Castro en présentant son héritier. Les portraits du technocrate diffusés depuis quelques jours le dépeignent tous comme un dirigeant discret et pragmatique, facile d'approche et même affable, en tout cas très peu protocolaire. [...] Les anecdotes contradictoires s'accumulent dans les biographies. Il a défendu l'accès à Internet, qui va probablement saper bien des forces d'inertie dans cette île rouge isolée. Le média, c'est le message... Cette supposée attitude d'ouverture ne peut faire oublier la fidélité au castrisme, à la révolution, à ses mythes et à ses principes de fermeture. Une vidéo captée en cachette l'an dernier le montre en train de haranguer des cadres du parti. Il fustige fortement les États-Unis et affirme que Cuba n'a pas à répondre à certaines exigences américaines dans le cadre de la réconciliation négociée avec le gouvernement Obama. Il y critique aussi fortement un site Web dont le travail est jugé subversif. Il promet de le faire fermer, même si cela lui vaudrait une réputation de censeur. Le message, c'est le message... Le nouveau président a bien sûr terminé son discours d'intronisation par une version de la devise nationale : Revolución o muerte, venceremos ! »

Le Devoir (Québec, Canada), 21 avril 2018, p. B7.

Ed Augustin, « After six decades of Castro rule, Cubans greet end of era with a shrug »

«...Though relieved of the presidency, Castro, 86, will remain a political presence, staying on as first secretary of the Communist party until 2021. [...] Díaz-Canel, a cautious reformist hand-picked by Raúl Castro, will be expected to walk the tightrope of implementing more market-oriented reforms without sacrificing Cuba’s social policies. Health and education remain free at the point of use in Cuba. The country has the most doctors per capita of any country in the Americas, and life expectancy is 79. And while Cubans on state salaries feel the pinch when buying meat and vegetables, essential foodstuffs are guaranteed by the state. Human rights groups say that the government continues to punish dissent and public criticism.The number of long-term political prisoners in Cuba dropped significantly under Raúl Castro, as the government shifted from long-term incarceration to short-term arrest and release, which typically lasts hours. But the Cuban Commission for Human Rights and National Reconciliation say that last year more than 5,000 people were arrested for political reasons. Although he has been in government for over a decade, Díaz-Canel’s politics are unknown to most Cubans. His relative obscurity reflects the top-down way public affairs are practised on an island where there is only one legal political party, and where political campaigning is prohibited by law. »

The Guardian (Royaume-Uni), 18 avril 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 19 avril 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
FaibleRaul CastroRaul Castro

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



mars
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

novembre
2016
Décès de l’ex-dirigeant cubain Fidel Castro


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