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1 août 2005

Décès du roi Fahd d’Arabie saoudite

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Fahd succède à son frère Khaled comme roi d’Arabie saoudite lorsque ce dernier décède le 13 juin 1982 à la suite d’une attaque cardiaque. Il sera sur le trône jusqu’à sa mort, le 1er août 2005. Toutefois, son demi-frère Abdallah assume la régence à partir de 1996, peu après une attaque vasculaire cérébrale qui a considérablement affaibli le roi Fahd.

Fahd est un des nombreux enfants d’Abdelaziz Al Saoud, unificateur du royaume d’Arabie saoudite en 1932. Deux fils de ce dernier, Fayçal (1964-1975) et Khaled (1975-1982), lui succèdent sur le trône tandis que Fahd est ministre de l’Éducation (1953-1962), puis de l’Intérieur (1962-1975), en plus d’effectuer des missions diplomatiques. Prince héritier et vice-premier ministre depuis 1975, il monte à son tour sur le trône en juin 1982 lorsque son frère Khaled décède. Sous lui, le pays continue d’exploiter ses riches ressources pétrolières, qui sont parmi les plus importantes au monde. Méfiant à l’endroit de la révolution islamique, il appuie l’Irak de Saddam Hussein contre l’Iran, tout en demeurant un allié des États-Unis à qui il accorde son soutien en réaction à l’invasion du Koweït par l’Irak, en 1991. Cette décision, et la présence de bases américaines sur le territoire saoudien, attirent à Fahd des critiques de conservateurs à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Ce dernier marque aussi son attachement religieux en se proclamant « gardien des deux saintes mosquées », en 1986, en faisant adopter une loi fondamentale en concordance avec la loi islamique, en 1992, et en exerçant une répression contre les réformateurs. Victime d’un accident cérébral vasculaire en 1995, le roi ne peut plus jouer pleinement son rôle. Son demi-frère Abdallah devient régent à partir du 2 janvier 1996. Il succède à Fahd lorsqu’il décède le 1er août 2005, quelques semaines après avoir été hospitalisé pour une infection pulmonaire. Trois jours de deuil sont proclamés après l’annonce de cette nouvelle. Des chefs d’État et de gouvernement de plusieurs pays se déplacent pour lui rendre un dernier hommage comme Hosni Moubarak (Égypte), Pervez Musharraf (Pakistan), le roi Abdallah (Jordanie) et le vice-président américain, Dick Cheney. On s’attend à ce que, dans les grandes lignes, Abdallah gouverne dans la continuité de son demi-frère.

Dans les médias...


Claude Lorieux, « Le monarque d’une transition esquissée »

«...Il aura déçu les « libéraux » et mécontenté les muttawas, ces intraitables gardiens de l'orthodoxie wahhabite. Quatrième souverain d'un royaume unifié par son père, Fahd Ben Abd al-Aziz fut le témoin, et dans une certaine mesure la victime, de deux conflits : la guerre Irak-Iran, qui éclata deux ans avant son accession au trône, et la guerre du Golfe : l'invasion du Koweït l'obligea à admettre 500 000 militaires occidentaux, chrétiens et juifs notamment, dans un pays que les docteurs de la loi musulmane comparent à une grande mosquée. La guerre d'Afghanistan (1979), durant laquelle le royaume s'engagea aux côtés de la résistance antisoviétique, pesa elle aussi sur son destin de roi. Ces séismes obligèrent Fahd, qui avait été un « prince héritier » tumultueux mais prometteur, à composer avec l'islamisme, que la monarchie saoudienne avait imprudemment aidé par-delà ses frontières. Vilipendé par l'ayatollah Khomeyni, qui dénonçait « l'islam américain », puis critiqué par d'innombrables « croyants » pour s'être allié avec George Bush contre Saddam Hussein (un Arabe et, malgré tout, un musulman), il fut placé sur la défensive. »

Le Figaro (France), 2 août 2005, p. 2.

Jean-Pierre Perrin, « Un souverain effacé et piégé par les périls »

«...Face à la montée des périls islamistes, Fahd va la conjurer en donnant encore plus de gages aux ultras. Le royaume, pour bien montrer qu'il est le dépositaire de l'islam le plus pur, se met à exporter comme jamais des mosquées dans le monde entier et à soutenir nombre d'activités islamistes occultes. La guerre qui commence fin 1979 à la suite de l'invasion soviétique de l'Afghanistan lui permet de financer le jihad afghan, favorisant les groupes les plus extrémistes. Dans le royaume, les bourreaux fouettent, coupent mains et têtes en application de la charia. Dans les années 90, on compte jusqu'à 120 exécutions publiques par an. Le 26 octobre 1986, Fahd va même jusqu'à renoncer à son titre de majesté pour devenir l'humble «serviteur des Deux Saintes Mosquées» (La Mecque et Médine, les deux premiers lieux saints de l'islam), un titre qui remonte à l'époque glorieuse de Saladin et qui lui permet de revendiquer une légitimité religieuse. Mais tout cela n'est qu'un trompe-l'oeil. Car dans le sérail rien ne bouge. La corruption est générale. L'amitié avec les Etats-Unis reste solide. Certes, sous le règne de Fahd, le royaume accède à la puissance industrielle, mais il n'en demeure pas moins géré comme une propriété familiale, le roi et ses six frères se réservant les fonctions les plus hautes... et les contrats les plus juteux. »

Libération (France), 2 août 2005, p. 3-4.

Mai Yamani, « La guerre de succession est ouverte »

«...Tout comme au moment de la mort du général Tito dans une Yougoslavie divisée, les membres de la famille du roi - qui sont également ses subordonnés politiques - craignent que la mort du dirigeant n'entraîne le chaos. Cette peur intervient au moment où le grand Moyen-Orient est agité par des débats sur le changement démocratique. De l'Égypte au Liban en passant par l'Iran, les passions politiques s'échauffent, tandis qu'émerge un optimisme tout neuf. Même les États conservateurs de la péninsule arabe s'engagent dans de vifs débats portant sur les questions de l'accès des femmes au pouvoir, de la représentation chiite, de la participation islamiste au sein du processus politique et même de l'avenir des monarchies au pouvoir. Dans ce contexte bouillonnant, l'Arabie saoudite tient une place à part. En effet, l'Arabie saoudite semble prise au piège de l'expectative, affligée d'un corps politique frappé d'infirmité. Le pays est confronté au dilemme suivant : réformer ou s'enliser dans la paralysie puis la nécrose. Les divisions du royaume sont plus aiguës que jamais, et la mort du roi pourrait les aiguiser davantage encore. Deux camps rivaux se forment opposant réformateurs et conservateurs, et ce au sein même de la plus grande famille régnante au monde avec ses 22 000 princes et princesses, les Saoud. »

Le Figaro (France), 4 août 2005, p. 9.

Robin Allen, « A forceful but flawed ruler the Saudi king showed strength of character in the face of many tests during a reign of more than two decades »

«...Fahd's personal preoccupation throughout his reign was the rebuilding of the great mosques of Mecca and Medina. The projects, which were managed by the bin Laden family construction group, cost billions of dollars and proved an important drain on the Saudi budget, but Fahd regarded the work as the most important achievement of his life. In his last decade sickness made him increasingly unwilling and unable to focus on mounting economic and social problems. This may prove to have serious effects on the country's long-term development. Analysts suggest it would have been better if Fahd had abdicated in the late 1990s in favour of Crown Prince Abdullah, his half-brother. Abdullah has tentatively initiated political and economic reforms. Yet Fahd's full brothers have regarded Abdullah as too much of a reformer. It suited them to keep Fahd on the throne as long as possible. That way they would deprive Abdullah of the authority, which emanates from the King alone, to push through reforms against the wishes of conservatives inside the royal family and the bureaucracy. Fahd, in short, stayed as monarch too long. »

Financial Times (Royaume-Uni), 2 août 2005, p. 13.

Gouvernance et gouvernement [ 1 août 2005 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Arabie Saoudite
Faible`Abd Allah ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`ud`Abd Allah ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`ud

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1995 - 2016



août
2005
Décès du roi Fahd d’Arabie saoudite

janvier
2015
Décès du roi Abdallah Ben Abdelaziz al-Saoud d'Arabie saoudite


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