Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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12 juin 2018

Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Trump

Après une période de tensions, ponctuée de plusieurs menaces verbales, un rapprochement se dessine en 2018 entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un. Il culmine le 12 juin avec un sommet à Singapour, une première entre les chefs d’État des États-Unis et de la Corée du Nord qui fait la une des médias à travers le monde.

En 2017, la Corée du Nord poursuit ses essais de missiles, se disant capable de frapper l’Amérique du Nord avec une charge nucléaire. Le président des États-Unis, Donald Trump, affirme pour sa part qu’une action nord-coréenne susciterait une réplique d’une force sans précédent. L’année 2018 est cependant marquée par des gestes d’ouverture de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang et lors d’un sommet avec la Corée du Sud, le 27 avril. Kim Jung-un invite même Trump à le rencontrer. Ce dernier accepte. Des prisonniers américains, retenus en Corée du Nord, sont libérés, et le secrétaire d’État Mike Pompeo se rend à Pyongyang afin de préparer la visite. Celle-ci est compromise à la suite d’une déclaration du vice-président américain Mike Pence, le 21 mai, comparant le sort d’une Corée du Nord refusant de dénucléariser à celui qu’a connu la Libye. Après des menaces d’annulation, le sommet est finalement fixé au 12 juin. Pour démontrer sa bonne foi, Pyongyang détruit le site nucléaire de Punggye-ri le 24 mai. La dénucléarisation de la péninsule est d’ailleurs l’objectif des États-Unis, alors que la Corée du Nord veut des garanties de sécurité et la levée de sanctions économiques contre elle. Trump et Kim se rencontrent finalement le 12 juin, dans un hôtel de Singapour. Les deux chefs d’État échangent une poignée de main et ont une longue discussion seuls, avec des traducteurs, avant que des conseillers ne soient invités à participer. Trump s’engage à mettre fin aux exercices militaires avec la Corée du Sud, sans retirer ses troupes, et à garantir la sécurité de la Corée du Nord. Pour sa part, Kim confirme « son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne ». L’absence de modalités précises est soulignée par de nombreux analystes, même si plusieurs voient tout de même ce sommet comme un pas dans la bonne direction pour la paix dans cette région de l’Asie.

Dans les médias...


Mathieu Magnaudeix, « Trump-Kim, un show et des doutes »

«...Derrière les belles images, c'est l'empire du flou. On ne saura même pas vraiment ce que les deux hommes se sont dit, ce que Trump a pu concéder, ce que Kim a promis. De leur rencontre en tête à tête, il n'y a aucun témoin à part les traducteurs. Pas besoin de notes, assure Trump. « J'ai une des plus grandes mémoires de tous les temps » , jure-t-il. [...] De toute évidence, Kim Jong-un a gagné beaucoup. Avec la rencontre de Singapour, du jamais-vu entre un président américain et un dirigeant nord-coréen depuis la guerre de Corée, il brise son isolement, s'affiche aux yeux du monde en égal de Donald Trump, se voit promettre une visite de Trump à Pyongyang. Il voit ses crimes presque absous par le président de la première puissance du monde - les deux hommes n'en ont en tout cas quasiment pas parlé. [...] À l'inverse du président, les agences du renseignement américain semblent d'ailleurs continuer de penser que le dictateur nord-coréen n'est pas prêt à abandonner ses armes nucléaires. Bien sûr, cela ne veut pas dire que la stratégie de Trump échouera. D'ores et déjà, le sommet de Singapour semble même écarter à court terme la menace d'une escalade verbale et militaire avec Pyongyang. Mais dans tous les cas, la détente sera longue, compliquée et semée d'embûches. »

Mediapart (France), 12 juin 2018.

Édouard Husson, « Donald Trump est-il en train de se révéler un grand président...malgré lui? »

«...Trump a eu d'emblée pour ambition de forcer la Corée communiste à un accord de désarmement et l'on peut penser qu'il vise à moyen terme la chute du communisme nord-coréen; il a envisagé une réaction folle de Kim et l'a menacé des pires représailles; il a toujours fait en sorte de garder les mains libres pour pouvoir souffler le chaud et le froid; il a traité le dossier en direct d'un bout à l'autre plutôt que de s'en remettre à des experts de la négociation internationale; il a joué de tous ses leviers: la puissance militaire américaine mais aussi le désir de la Russie et de la Chine d'arriver à un règlement, et le désir profond de paix de l'opinion locale et mondiale; il a choisi d'attaquer Kim sur l'arme nucléaire, non sur les droits de l'homme ou l'idéologie; en homme de télévision, il a écrit un scénario qui ne déparerait pas parmi les plus dramatique de la série West Wing; quand Kim a essayé de sortir du scénario écrit pour lui, Trump a fait mine d'annuler le sommet prévu, à la fin, le président américain tient parole et fournit l'accord qu'il avait annoncé comme possible; tout cela s'est fait sans tomber dans les périls qu'annonçaient beaucoup d'experts; et nul doute que Trump a connu là l'un des épisodes les plus exaltants de sa carrière de négociateur. »

Atlantico (France), 13 juin 2018.

Dorian Malovic, « Un premier pas vers la paix en Corée »

«...La chorégraphie a été parfaite. Des sourires, de nombreuses poignées de main, des gestes amicaux, des photos pour l'Histoire, une promenade dans un jardin, et la solennité de la signature de la déclaration de Singapour sous les flashs des photographes. Au-delà de la mise en scène bien orchestrée, ce sommet de Singapour restera gravé dans les mémoires comme la première rencontre entre un président américain en exercice, Donald Trump, et un leader nord-coréen, Kim Jong-un, héritier de la dynastie des Kim. Après 70 ans de tensions et de défiance depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953, les États-Unis et la Corée du Nord ont bel et bien entamé un processus de dialogue. Un lien s'est noué, forcément fragile pour un premier rendez-vous. Mais il ne tient qu'aux deux leaders de concrétiser leurs engagements pour que ce jour soit marqué d'une pierre blanche. Il leur faudra, pour cela, poser des actes concrets. Pour l'heure, ceux-là ne sont nullement mentionnés dans la déclaration présentée hier - un texte d'à peine un feuillet, dont les termes sont suffisamment vagues pour laisser croire à l'existence de futures négociations ou pour laisser penser au caractère peu plausible de ces dernières. »

La Croix (France), 13 juin 2018, p. 2-3.

Patrick Duquette, « La morale de l’histoire »

«...C’est fascinant de voir un président américain traiter avec plus de considération que ses propres alliés l’un des pires dictateurs de la planète. Voilà pourtant Donald Trump qui crédibilise le leader d’un État-voyou en acceptant de le rencontrer, qui vante même son intelligence, de même que les belles plages de la Corée du Nord… Voilà ce même Trump qui veut signer un accord de dénucléarisation avec Kim Jong-Un, tout en étant prêt à déchirer celui que les États-Unis ont déjà signé avec l’Iran (et que l’Iran respecte, en plus) Trouvez l’erreur ! Comment faire confiance à ce président qui change d’idée et de parole selon son humeur du moment ? Quand on pense que Trump et Kim Jong-Un s’insultaient encore à qui mieux mieux, il y a quelques mois à peine. Trump traitait le leader coréen d’« homme fusée », de « petit gros » et menaçait de faire déferler le « feu et la colère » sur son pays. L’autre s’amusait à comparer le président américain à un « chien apeuré ». Les voilà maintenant qui se serrent la main devant les caméras du monde entier en se donnant de petites tapes amicales sur l’épaule. »

Le Soleil (Québec, Canada), 12 juin 2018.

Nicola Smith, Ben Riley-Smith, « Trump and Kim show the world they are the best of buddies »

«...While Mr Trump, wearing dark business attire, assumed an expression striving for statesmanlike resolve, Kim, dressed in his trademark black Chairman Mao suit, seemed nervous. In unguarded comments picked up by a CNN microphone, he told Mr Trump through a translator that onlookers would not believe these scenes. "Many people in the world will think of this as a form of fantasy from a science fiction movie," he said. For Kim, the summit imbued him with the legitimacy he has long craved. He had also scored a significant propaganda coup the night before the meeting, taking centre stage on a surprise walkabout to see the sights of Singapore, where he posed for selfies before astonished crowds. It was a masterful stroke by the North Korean propaganda machine which, reportedly under the direction of Kim's younger sister, Kim Yo-jong, appears to be winning the battle to transform his image from reclusive dictator to youthful statesman who can get the world's most powerful leader to the negotiating table. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 13 juin 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 12 juin 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Nord
FaibleKim Jong-unPak Pong Ju

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Singapour
FaibleHalimah YacobLee Hsien Loong

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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