Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 janvier 2019

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17 juin 2018

Élection d’Ivan Duque à la présidence de la Colombie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après avoir mené dans les sondages, Ivan Duque, de la coalition de droite Grande alliance pour la Colombie (GAPC), est élu à la présidence le 17 juin 2018 avec 54 % des votes. Il devance Gustavo Petro de la coalition Liste de décence qui obtient 41,8 % des voix, un sommet pour la gauche lors d’une présidentielle colombienne.

Après deux mandats à la tête de l’État (2010-2018), Juan Manuel Santos ne peut être candidat à la présidentielle de 2018. Celui-ci avait remporté le prix Nobel de la paix en 2016 pour son rôle dans le règlement du conflit armé avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Cette entente demeure un thème électoral. En plus de faire campagne sur la sécurité et l’incitation aux investissements privés, Ivan Duque veut apporter des corrections au traité de paix qu’il considère insuffisamment sévère à l’endroit des FARC. Ce conservateur social a l’appui de l’ex-président Alvaro Uribe, dont il était un proche, ainsi que du milieu des affaires et de la droite religieuse. Son principal adversaire est Gustavo Petro. Cet ex-guérillero, qui a été maire de Bogota, fait campagne à gauche, alors que Sergio Farajdo, un écologiste, est le candidat de la Coalition colombienne (centre). Au premier tour, le 27 mai, Duque (39,1 %), devance Petro (25,1 %) et Fajardo (23,7 %). Ce dernier n’appuie aucun candidat lors du second tour, le 17 juin, qui oppose la droite et la gauche, une première en Colombie. Même si les conflits se sont apaisés, un climat de violence persiste dans le pays. La voiture de Petro est par exemple la cible de tireurs le 2 mars. Conformément aux prévisions, Duque remporte la victoire avec 54 % des voix, contre 41,8 % pour Petro, du jamais-vu en Colombie pour un candidat de gauche. On retrouve aussi 4,2 % de bulletins blancs, des résultats qui sont comptabilisés au même titre que les votes. Le nouveau président, qui a fait carrière dans le domaine bancaire, devient le plus jeune chef d’État colombien à 41 ans. Pour les observateurs, la question la plus importante est maintenant celle des changements que Duque compte apporter à l’accord de paix de 2016, et des conséquences qu’ils auront sur le climat social et politique.

Dans les médias...


Anne Proenza, « La droite populiste s’impose en Colombie »

«...une fois à la présidence, Ivan Duque restera-t-il « le pantin d'Uribe », comme le surnomment aussi ses critiques, ou prendra-t-il ses distances avec le mentor auquel il doit tout? L'avenir de l'accord de paix avec les FARC, vilipendé par le Centre démocratique et son chef, les négociations de paix en cours avec l'Armée de libération nationale, la deuxième guérilla colombienne, que Duque ne souhaite pas poursuivre en l'état, la réforme de la justice souhaitée par Alvaro Uribe sont autant de sujets cruciaux pour la destinée d'un pays qui reste l'un des plus inégalitaires de la région. D'autant que la violence des groupes armés, notamment liés aux cartels de drogue, a repris dans certaines régions. Ivan Duque a affirmé dans son discours de victoire que les priorités de son gouvernement seront « la sécurité, la justice et l'incitation aux investissements privés » . Il a aussi précisé qu'il apporterait des « corrections » à l'accord de paix, dont la mise en oeuvre a déjà pris beaucoup de retard. Le conseil politique du nouveau parti FARC s'est félicité de la tenue de ces élections si pacifiques et a d'ores et déjà « assuré de sa disposition à se réunir avec le président élu » pour exposer son point de vue. Le nouveau président compte parmi ses soutiens nombre des politiciens les plus corrompus du pays. »

Le Temps (Suisse), 19 juin 2018, p. 6.

Michel de Grandi, « En Colombie, Ivan Duque fait de la lutte contre la corruption sa priorité »

«...La Colombie que Duque s'apprête à gouverner est certes la quatrième économie d'Amérique latine avec sa double façade océanique et ses grandes richesses naturelles, elle est aussi le premier producteur mondial de coca, qui connaît une hausse des plantations illicites. Depuis 2012 date du début des discussions de paix, les superficies consacrées aux plantes psychotropes ont été multipliées par quatre, selon l'agence américaine anti-narcotiques (DEA). Washington a beau dénoncer cet état de fait, il reste l'allié traditionnel de Bogota mais aussi le principal débouché de la drogue colombienne. Ivan Duque, qui souhaite une bonne relation avec l'imprévisible Donald Trump, propose de réactiver les aspersions aériennes d'herbicide, ce qui devrait provoquer des tensions avec les cultivateurs. Autant dire que le président élu va devoir gérer des contradictions fondamentales. Déjà parce qu'il y a des intérêts divergents entre les narcotrafiquants et la population colombienne, mais aussi parce que, candidat, il a promis moins d'Etat et moins d'impôts dans un pays qui, après les accords de paix a besoin précisément de plus d'intervention publique pour se restructurer. »

Les Échos (France), 19 juin 2018, p. 10.

Marie Delcas, « En Colombie, avant la présidentielle, la droite fait front contre Gustavo Petro »

«...Jamais un candidat de gauche n'avait passé la barre du premier tour. Ce dimanche 17 juin, le très à droite Ivan Duque, 41 ans, qui promet de baisser les impôts, de réduire les dépenses publiques et d'attirer les investisseurs étrangers, affronte le candidat de la gauche indépendante Gustavo Petro, 58 ans qui parle redistribution des terres, environnement et droits des minorités sexuelles. Trente-six millions de Colombiens sont appelés aux urnes pour les départager. Et décider du sort de la paix. [...] « L'accord de paix avec les FARC reste une des lignes de fracture de la politique colombienne », explique le commentateur politique Carlos Lemoine. Mais il n'explique pas à lui seul la dynamique électorale. Pour M. Lemoine : « M. Petro a su introduire de nouveaux thèmes de campagne. Il est le favori des 18-30 ans et de la plupart des grandes villes tandis que M. Duque est majoritaire chez les plus de 40 ans, dans les petites villes et dans les campagnes. » Les derniers sondages (publiés le 10 juin) donnaient tous Ivan Duque gagnant, avec une avance de 6 à 20 points sur Gustavo Petro. En position de force, le candidat de la droite a refusé tout débat télévisé avec son rival. Ivan Duque, souriant et chaleureux, passe bien à la télévision. Mais il a des raisons de craindre les attaques de Gustavo Petro, remarquable orateur. »

Le Monde (France), 15 juin 2018.

Mathew Charles, « Disillusioned Farc victims turn back on Colombia peace deal as they vote for hardline president »

«...The frontrunner is Iván Duque, a conservative former senator, who viscerally opposes the peace agreement. He is backed by the former hardline President, Alvaro Uribe. Duque’s rival is Gustavo Petro, the leftist former Mayor of Bogotá and an ex-guerrilla of the M-19, which gave up arms in the 1990s. Petro is the most successful progressive candidate in Colombia for generations. While economic reform and corruption have been talking points during the campaign, the election is seen by many as a second vote on the country’s troubled peace process. The Colombian people narrowly rejected the peace deal with FARC in a 2016 referendum, and despite changes made to appease the electorate, there remains strong opposition. A recent Gallup poll found that 70 per cent of Colombians think the peace process is on the wrong path. Many feel that the sentences being offered to ex-FARC guerrillas are too lenient. In 2016, Wilson voted ‘yes’ in the referendum. « I had high hopes for Colombia’s future, but where is the justice? » he says. « We need a President with authority. That’s why I’m voting for Duque. » Wilson’s voice croaks for the first time. « They tell us I should forgive, and I can do that. But who will help me find my brother’s body? » he asks. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 16 juin 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juin 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Colombie
IntermédiaireJuan Manuel Santos

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



mars
2014
[Résultats] Élections législatives

mai
2014
[Résultats] Élection présidentielle

juin
2016
Accord de cessez-le-feu entre le gouvernement colombien et les FARC


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