21 septembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

1 juillet 2018

Élection d’Andrés Manuel Lopez Obrador à la présidence du Mexique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après avoir mené dans les sondages depuis plusieurs mois, le candidat du Mouvement de régénération nationale (MRN), Andrés Manuel Lopez Obrador, est élu avec plus de 50 % des voix. Il devient le premier politicien de gauche à accéder à la présidence du Mexique, un pays aux prises avec de graves problèmes de corruption et de violence.

Selon la Constitution, le président sortant, Enrique Pena Nieto du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), ne peut être candidat en 2018. Il accorde son soutien à José Antonio Meade qui a occupé plusieurs ministères dans le passé. Toutefois, le PRI est très impopulaire. C’est Andrés Manuel Lopez Obrador, ou AMLO, qui domine les sondages. Ce candidat de gauche, défait à la présidence en 2006 et 2012, est à la tête du MRN et est appuyé par la coalition Ensemble nous ferons l'histoire. Il s’engage à augmenter les pensions aux aînés et le salaire minimum sans hausser les taxes ou l’endettement. Il propose également d’éradiquer la corruption et la violence par des mesures sociales plutôt que la répression, comme il l’a fait lorsqu’il était maire de Mexico (2000-2005). Sur les 25 000 meurtres commis au Mexique en 2017, plusieurs sont liés à la guerre à la drogue qui ravage le pays. La campagne électorale est d’ailleurs marquée par l’assassinat de plus de 130 candidats ou aspirants candidats. Le 1er juillet, AMLO l’emporte avec 54,7 % des voix. Il devance de loin le conservateur Ricardo Anaya, candidat du Parti action nationale, membre de la coalition Front pour le Mexique (22,9 %), et Meade (16,9 %)(en excluant les votes blancs ou non valides). La perspective d’une victoire d’AMLO, que plusieurs décrivent comme un populiste, suscite des craintes. Dans certains milieux, on redoute même que le Mexique connaisse des difficultés économiques comparables au Venezuela. Cela n’empêche pas le triomphe facile d’AMLO qui devient, à 64 ans, le premier candidat de gauche à accéder à la présidence du Mexique. Son parti, le MRN, s’illustre également aux législatives qui ont lieu la même journée, obtenant la majorité des sièges à la Chambre des députés qui étaient tous en élection, tout comme les 128 sénateurs. Dans son discours de la victoire, AMLO se veut rassurant et rappelle qu’une de ses priorités sera la lutte à la corruption.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Frédéric Saliba, « Au Mexique, la gauche d’AMLO triomphe »

«...AMLO représente une gauche nationaliste qui privilégie un État interventionniste et redistributeur des richesses. « Pour le bien de tous, les pauvres d'abord », a-t-il déclaré dimanche. Son programme vise à réduire jusqu'à 50 % les salaires des hauts fonctionnaires, dont le sien. Selon lui, la fin de la corruption permettra aussi de récupérer 21,3 milliards d'euros. « Cette somme servira à développer le marché intérieur, à doubler les retraites, à créer des emplois pour les jeunes, sans augmenter les impôts ni la dette publique », a martelé, dimanche, le président élu. Le tout en annonçant une croissance de 4 % à 6 %, contre 2 % ces six dernières années. « C'est une revanche pour nous, les gens d'en bas », se réjouit Ernesto Rodriguez, maçon de 36 ans, venu applaudir son champion qui était accompagné de Claudia Sheinbaum, élue maire de Mexico un poste qu'il a occupé de 2000 à 2005 devenant la première femme édile de la capitale. Mais tous ne partagent pas son enthousiasme : « AMLO est un démagogue, populiste et autoritaire », peste Heron Ramirez, ingénieur de 47 ans, à quelques rues de là. »

Le Monde (France), 3 juillet 2018, p. 2.

Nicolas Rauline, « Élu, Lopez Obrador se pose en sauveur du Mexique »

«...Lui, l'évangéliste dans un pays catholique - mais où le protestantisme explose - est persuadé d'avoir un destin messianique. « La quatrième révolution de notre pays est en marche » , clame-t-il lors de ses meetings. La première, ce fut celle de Miguel Hidalgo, le prêtre à l'origine du soulèvement contre le colon espagnol, en 1810. La deuxième, celle de Benito Juarez, qui lutta contre l'intervention française de 1861 à 1867. La troisième, enfin, fut la révolution mexicaine de 1910, initiée par Francisco Madero. Trois figures nationales dont il revendique l'héritage. […] Comme Donald Trump ou Emmanuel Macron, Andres Manuel Lopez Obrador, dit « AMLO », 64 ans, est à l'origine d'une recomposition du paysage politique au Mexique. Avec son élection, ce sont les trois partis traditionnels (le PRI, le PAN et le PRD) qui ont volé en éclats, minés par les affaires et les dissensions (le PRD, de gauche, a soutenu le candidat du PAN, de droite). Lopez Obrador a compris les attentes des Mexicains et fait campagne, essentiellement, sur la lutte contre la corruption. « Plusieurs de ses proches sont pourtant mouillés dans des affaires et lui-même, quand il était maire de Mexico, a systématiquement avantagé une entreprise, pour les travaux de la ville », affirme le politologue José Fernandez Santillan, professeur à l'institut de technologie et d'études supérieures de Monterrey (ITESM). « Il joue la carte populiste de l'anti-système, mais il est issu de ce même système. » »

Les Échos (France), 2 juillet 2018.

Alix Hardy, « Obrador doit gérer l’espoir »

«...Les attentes sont d’autant plus fortes qu’AMLO a été largement plébiscité dans les urnes. « Autant il a eu en campagne un diagnostic très lucide des problèmes, autant les remèdes mentionnés sont vagues ou parfaitement utopiques », juge l’historien spécialiste du Mexique Jean Meyer. « Forcément, il ne pourra pas faire tout ce à quoi il s’est engagé, car il a promis beaucoup de choses pendant la campagne », prévient le directeur du « pureplayer » politique Animal Politico , Daniel Moreno. « Mais s’il peut déjà offrir au pays une approche différente de ces trois thématiques, ce sera déjà une grande avancée. » Pour garder le soutien populaire dont il jouit actuellement, Lopez Obrador devra panacher ses réformes. « Il va avancer avec un pied du côté des réformes à long terme, qui n’ont pas de résultat immédiat mais qui sont indispensables pour transformer réellement le pays ; et de l’autre, des actions plus immédiates et plus visibles », explique Daniel Moreno. Un dosage qu’il avait plutôt bien réussi lors de son mandat de gouverneur de la capitale (2000-2005), dont il est sorti avec une belle cote de popularité. Une des mesures les plus symboliques sera de mettre fin à l’impunité qui entoure les corrompus au Mexique. »

Le Soir (Belgique), 3 juillet 2018, p. E10.

Nancy Caouette, « « AMLO », le vétéran de gauche qui veut réformer le pays »

«...les 12 dernières années de campagnes électorales d'Andres Manuel Lopez Obrador lui ont permis de cultiver un fort culte de la personnalité. Le leader social n'hésite pas à se comparer aux héros nationaux du pays, affirmant vouloir mettre en place " la quatrième grande transformation du Mexique ", après celle de l'indépendance, de la laïcité et de la révolution. Le candidat, connu par le passé pour son tempérament bouillant, a dû adoucir son image lors de cette campagne en affichant un large sourire lors des débats et en terminant ses échanges par la devise " Amour et paix ". " AMLO est terriblement intolérant. Il ne supporte pas l'idée qu'on ne soit pas d'accord avec lui. Les personnes qui s'opposent à son projet et à sa cause font partie, selon lui, de la " mafia du pouvoir ", soutient Jesús Silva-Herzog Márquez [professeur à l’École de gouvernance de l’Université technologique de Monterrey]. Ses trois adversaires de la droite, qui lui ont reproché son alliance à un petit parti évangéliste d'extrême droite et qui l'ont dépeint comme le futur Hugo Chavéz du Mexique, n'auront pas réussi à faire flancher l'opinion publique. [...] Les problèmes ne pourront pas se résoudre en un mandat de six ans, mais il est clair qu'AMLO engendrerait un changement très profond pour le pays, une façon totalement différente de gouverner ", prédit l'analyste politique Jesús Silva-Herzog Márquez. »

Le Devoir (Québec, Canada), 30 juin 2018, p. B1.

Tom Phillips, David Agren, « Mexico election : historic landslide victory for leftist Amlo »

«...Delfina Gómez, a close Amlo ally who is running for a seat in Mexico’s senate, told the Guardian she believed corruption-weary voters were backing Amlo and Morena because they wanted « a radical transformation in the way politics is done, and in politicians themselves ». Gómez called Amlo a thrifty, upstanding man who would lead « a government of austerity and honesty » : « He finds it shameful that someone might be flaunting their wealth whilst others are dying of hunger. » Amlo has repeatedly pledged to make eradicating corruption the main focus of his presidency, once he is sworn in on 1 December this year. « We will get rid of... this cancer, that is destroying this country, » he vowed at his final campaign rally. Analysts also expect him to pursue a less aggressive and less militarised approach to Mexico’s 11-old ‘war on drugs’ which has claimed an estimated 200,000 lives and is widely viewed as a calamity. During the campaign, Amlo has argued « you cannot fight violence with more violence, you cannot fight fire with fire » and proposed an amnesty designed to help low-level outlaws turn away from a life of crime. »

The Guardian (Royaume-Uni), 2 juillet 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 1 juillet 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mexique
IntermédiaireEnrique Pena Nieto

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016




Dans l'actualité


janvier
2019
Mexique : le PRI en chute libre

octobre
2018
Mexique et États-Unis : gagnant-gagnant?

septembre
2018
Mexique : des débats révélateurs des préoccupations citoyennes

mars
2018
Retour en force au Mexique : à la conquête d'une présidence autrefois « volée »

octobre
2017
Réouverture de l'ALENA : match nul pour le Mexique

novembre
2016
La « révolution en herbe » des Amériques : vers une libéralisation du cannabis au Mexique

novembre
2015
Le pétrole mexicain : une réforme énergétique nécessaire ?

octobre
2015
La justice mexicaine impuissante face à l'affaire des étudiants disparus

mars
2015
Un James Bond pour redorer l'image du Mexique

janvier
2015
Mexique : le déclin de Pena Nieto


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019