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31 juillet 1981

Décès du leader panaméen Omar Torrijos

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Omar Torrijos, le leader de facto de Panama, meurt dans un accident d’avion le 31 juillet 1981. Figure dominante de la vie politique panaméenne depuis 1968, celui-ci a été connu pour une série de réformes progressistes ainsi que la signature avec les États-Unis d’un traité prévoyant la restitution entière de la zone du canal en 1999.

Torrijos dirige la Garde nationale, principale force militaire du pays. Il accède au pouvoir en octobre 1968, après le coup d’État qu’il effectue avec d’autres militaires contre le président récemment élu, Arnulfo Arias. L’Assemblée nationale est dissoute, la Constitution suspendue et Torrijos devient le « leader maximum de la révolution panaméenne ». Il fait adopter plusieurs programmes progressistes en éducation et en santé, ainsi qu’une réforme agraire. En 1977, il conclut aussi avec le président américain Jimmy Carter un traité prévoyant la restitution de la zone du canal aux Panaméens en 1999. Quelques compromis acceptés par Torrijos suscitent toutefois des critiques à son endroit, tout comme l’inflation et le chômage qui minent le pays. Un des engagements demandés par Carter est une plus grande démocratisation. Même s’il demeure l’homme fort du pays, Torrijos quitte son poste de premier ministre (chief executive) en 1978, permet le multipartisme et tient des législatives pour un nombre limité de sièges en 1980. Le 31 juillet 1981, il décède dans un accident d’avion. La nouvelle bouleverse la classe politique panaméenne. Une certaine instabilité s’installe, dont une lutte de pouvoir entre Florencio Florez Garcia, qui dirige maintenant la Garde nationale, et le président Aristides Royo. La mort de Torrijos quelques mois après celle du leader équatorien Jaime Roldos Aguilera, dans des circonstances comparables, soulève aussi des interrogations. Une enquête conclut en 1983 à une erreur de pilotage, mais au fil des ans d’autres hypothèses sont lancées. Certains avanceront par exemple que les initiatives de paix de Torrijos en Amérique centrale, sa volonté de construire un autre canal avec des partenaires japonais ou des rivalités politiques internes auraient été des motivations pour vouloir sa disparition.

Dans les médias...


Marcel Niedergang, « L’homme qui s’est battu pour la souveraineté »

«...Les opposants, à droite et à gauche, ont dénoncé l’absence des libertés politiques, les bavures policières, la tendance au népotisme. Mais au-delà des querelles et des rancoeurs, Omar Torrijos restera l’homme qui s’est battu avec ardeur et ténacité pour que Panama récupère sa souveraineté sur la zone du canal. Grâce à son action, le sentiment national s’est développé et renforcé dans un pays artificiellement créé au début de ce siècle, et qui n’a jamais su très bien faire la part des avantages et des inconvénients apportés par le canal. En brandissant avec énergie le drapeau de la lutte à outrance contre l’« enclave coloniale de la zone », il a donné à son pays une dimension qu’il n’avait pas jusqu’alors. Le Panama de Torrijo a été un symbole pour l’Amérique latine, tous régimes confondus, qui ont applaudi la « victoire » du petit David des Amériques sur le Goliath du nord. « Je ne veux pas entrer dans l’histoire affirmait Torrijos, je veux entrer dans la zone du canal. »»

Le Monde (France), 4 août 1981, p. 4.

S.A., « Panama : After Torrijos »

«...for hundreds of thousands of Panamanians, who poured into the streets to mourn their lost leader, the funeral also marked the beginning of an ominous power vacuum after 13 years of relative stability under Torrijos, who ruled the country as head of the powerful National Guard. Said Panama’s Archbishop Marcos McGrath : « It puts us at a suspenseful point in the social and political history of our fatherland, and in some degree for Central America and the Third World. » Torrijos left behind one of the most stable countries in troubled Central America. The economy was healthy, thanks largely to its canal revenues and free trade zone. In 1977 Torrijos scored his most notable triumph when he renegociated the Panama Canal treaties with the U.S. to give his country full control over the 51-mile waterway by the year 2000. » [...] The eventual ruler will confront difficult problems. Fully one-third of the country’s population of 1.9 million is composed of primary schoolchildren, who may face a shrinking job market in the years ahead. With farming depressed, people are crowding into cities, exacerbating social tensions. »

Time (États-Unis), 17 août 1981, p. 30.

Gouvernance et gouvernement [ 31 juillet 1981 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Panama
FaibleArístides Royo Sánchez

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1971 - 1991



juillet
1981
Décès du leader panaméen Omar Torrijos


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