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31 juillet 1993

Décès du roi des Belges, Baudouin 1er

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le roi des Belges, Baudouin 1er, meurt d'un arrêt cardiaque le 31 juillet 1993 alors qu’il est en vacances en Espagne. Des foules immenses rendent un dernier hommage au disparu, premier fils du roi Léopold III et de la reine Astrid, qui a régné pendant 42 ans.

Baudouin, le cinquième roi des Belges, accède au trône le 17 juillet 1951 dans un contexte turbulent. Son père, le roi Léopold III, vient d’abdiquer, un an après une consultation populaire au cours de laquelle les Belges se sont pourtant prononcés majoritairement pour son retour d’un exil qui dure depuis six ans. La contestation à l’endroit du roi, particulièrement son attitude à l’endroit de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, s’est néanmoins poursuivie, dégénérant en une véritable crise sociale. Il abdique en juillet 1951 en faveur de son fils aîné, Baudouin, qui n’a que 20 ans. Même si la Belgique est une monarchie parlementaire, le roi développe avec les années une expérience qui en fait un personnage politique respecté. Son règne est notamment marqué par les tensions persistantes entre Flamands et Wallons, la crise au Congo, qui accède à l’indépendance en 1960, et la participation de son pays à la construction de l’Europe. Fait inusité, en 1990 le Parlement place brièvement ce catholique croyant, avec son consentement, dans « l’impossibilité de régner » afin que les élus puissent adopter une loi sur l’avortement que Baudouin 1er ne veut pas sanctionner. Il décède le 31 juillet 1993, après un règne de 42 ans. Des foules imposantes de plusieurs centaines de milliers de personnes se rassemblent devant le palais royal afin de lui rendre un dernier hommage. Ses funérailles, le 7 août, se déroulent en présence de plusieurs chefs d’État, comme Élisabeth II (Royaume-Uni), Akihito (Japon) et le président français François Mitterrand. Baudouin 1er et sa femme, la reine Fabiola, n’ont pas eu d’enfants. C’est le frère du roi, Albert II, qui lui succède sur le trône à 59 ans.

Dans les médias...


Felice Dassetto, « Le roi est mort, pas le peuple »

« [...] Que célébrait-on? Répondre à cette question revient à s’interroger sur les fondements culturels et symboliques qui constituent et mettent en forme la population belge. Il est frappant à ce sujet de constater la faible emprise d’accents nationalistes, au sens d’affirmation de supériorité d’une nation sur une autre. Comme l’absence également d’affirmation au nom de valeurs faites de la dignité individuelle et personnelle et de solidarité vécue au quotidien plus que proclamée. Affirmation de l’utilité de faire plus que du dire. Quotidienneté parfois oppressante, étriquée. Baudouin avait su affirmer le maximum possible de ces valeurs dans le monde d’aujourd’hui. Et par un geste fondamentalement et profondément politique, les gens sont venus se le dire, mais sont aussi venus se dire et s’affirmer en défilant devant son cercueil. Ils l’ont peut-être dit « à la belge », sans trop de paroles, par ce geste concret, connu, des traditions d’enterrement, ce savoir-faire qui appartient à la culture vécue, où le familier et l’intime deviennent publics et se donnent à voir. Dans ce cas, le geste public a débordé le cercle des parents, des connaissances, du quartier ou du village et s’est transformé en événement collectif, en média-événement, en geste politique. »

La Revue nouvelle (Belgique), octobre 1993, p. 104-105.

Michèle Georges, « Royale surprise »

« [...] Après quarante-deux ans de règne, il faut reconnaître que, si Baudouin a toujours paru flotter dans ses costumes, il a, en revanche, parfaitement rempli son rôle de roi. Il a su – à 21 ans – assumer la difficile succession de son père, Léopold III – obligé d’abdiquer pour avoir eu une attitude trop ambiguë pendant la guerre. Il a su aussi régler l’indépendance du Congo belge. Et, surtout, dans l’inextricable querelle entre Wallons et flamands, rester le conciliateur au-dessus de la mêlée. Ses « colloques singuliers » (entendre : entretiens particuliers) au palais étaient devenus légendaires : les différends s’y réglaient d’autant plus aisément que rien, jamais, ne devait en filtrer. On jure, à Bruxelles, qu’un ministre a été banni des colloques singuliers pendant plusieurs années pour avoir simplement évoqué « le jus d’orange tiède offert par le roi ». Les Belges ont même pardonné à Baudouin la seule « faute politique » qu’ils lui reconnaissent : en 1990, quand le Parlement dépénalise l’avortement, Baudouin préfère « se mettre en vacance de royauté » pendant trente-six heures plutôt que de signer une loi inacceptable pour lui. »

L’Express (France), 12 août 1993, p. 17.

José-Alain Fralon, « Un souverain qui ressemblait si peu à son peuple »

« [...] Baudouin, traumatisé par l’expérience de son père, a toujours eu comme règle de conduite de ne surtout pas dépasser les limites de cette Constitution [celle de 1830]. Beaucoup, et notamment les monarchistes convaincus comme les « unitaristes » (ce sont souvent les mêmes), lui ont reproché cette modestie, voire cette frilosité. « Trop gentil, Sire », titrait ainsi l’hebdomadaire Pourquoi pas en avril 1983. Et pourtant l’influence de Baudouin a été considérable. Sans doute beaucoup plus importante, en tout état de cause, que celle de la plupart des autres souverains européens. Une influence toute en finesse, en demi-teinte. [...] Outre le prestige de sa fonction, Baudouin utilisa au mieux son expérience. En progressant, le temps aidant, le souverain fragile et inexpérimenté se transforma en un remarquable analyste de la vie publique de son pays [...] C’est en période de crise – elles sont nombreuses dans un pays aussi complexe – que l’action du roi a été la plus déterminante. Consultant les uns, conseillant les autres, nommant « formateurs » et « informateurs », refusant, cela s’est vu, la démission d’un premier ministre, Baudouin fut dans ces périodes le point de convergence obligé de toute la classe politique du pays. »

Le Monde (France), 3 août 1993, p. 3.

S. A., « All for one »

«[...] By the time he died, the near-partition of Belgium into the three highly autonomous regions of Flanders, Wallonia and greater Brussels was, to his publicly expressed dismay, spurring nationalist calls for outright separatism. But his achievement was the stalwart promotion of mutual tolerance, an achievement held the more precious today because, childless, he had been able to make no provision for a smoothly automatic succession. The government's speedy decision in favour of the late king's brother Albert was both a relief and a necessity. Such powers as he had to bind the country were purely formal, and even these were reduced during his reign with scant regard to the many times he had pressed squabbling coalitions back into harness. Yet they were sufficient.»

The Times (Royaume-Uni), 2 août 1993, p. 15.

Gouvernance et gouvernement [ 31 juillet 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Belgique
ÉlevéBaudouin IJean-Luc Dehaene

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1988 - 1998



novembre
1991
[Résultats] Élections législatives

juillet
1993
Décès du roi des Belges, Baudouin 1er

mai
1995
[Résultats] Élections législatives


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