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15 juillet 2018

Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vladimir Poutine

Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue des États-Unis, Donald Trump, tiennent à Helsinki, en Finlande, leurs premières discussions bilatérales depuis l’élection de ce dernier, en 2016. Plusieurs sujets sont abordés lors d’une rencontre à huis clos entre les deux hommes, dont celui d’une possible interférence russe dans les élections américaines.

Dès son élection, le président Trump apporte des changements majeurs à la politique internationale de son pays. Il refuse par exemple de ratifier le traité de libre-échange transpacifique, initie une renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain et adopte une politique tarifaire agressive avec certains pays, notamment la Chine. À l’été 2018, il suscite aussi la controverse par son attitude à l’endroit d’alliés des États-Unis, comme le Canada et l’Union européenne, décrivant celle-ci comme un adversaire. Trump tient aussi des propos sévères lors du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, en juillet 2018, pressant les participants d’augmenter leur financement à cette organisation. Par contre, il se montre plus conciliant à l’endroit du président russe Vladimir Poutine. Il blâme même les administrations américaines précédentes pour les mauvaises relations entre leurs pays. Des sanctions économiques ont par exemple été infligées à la Russie après son intervention en Crimée, en 2014. De plus, les services de renseignement des États-Unis accusent la Russie d’avoir interféré dans les élections américaines de 2016 et craignent une récidive. Ce sujet, et d’autres – situation en Syrie, en Ukraine, etc. – sont abordés lors d’une longue rencontre à huis clos des deux présidents au Palais présidentiel de Helsinki, le 15 juillet 2018. Fait inusité, ceux-ci ne sont alors accompagnés que de leurs interprètes. Lors d’une conférence de presse, Trump étonne en disant accepter la parole de Poutine qui a nié toute interférence dans les élections aux États-Unis. Quelques jours plus tard, il corrigera cette affirmation, qui va à l’encontre de ce qu’avancent ses services de renseignement, disant s’être mal exprimé. La position du président à Helsinki continue néanmoins de susciter de fortes réactions. Elle alimente plusieurs hypothèses, dont celle que les services secrets russes détiendraient des informations compromettantes sur Trump, ce qui expliquerait son comportement.

Dans les médias...


Valérie de Graffenried, « Donald Trump s’empêtre dans ses contradictions »

«...D'habitude, Donald Trump est plutôt du genre à s'obstiner, restant insensible aux critiques. Casser les codes et déstabiliser ses interlocuteurs peut être interprété comme faisant partie d'une stratégie. Mais cette fois, il a plié face aux réactions incendiaires et semble se perdre dans ses propres explications. Si Trump fait marche arrière, c'est notamment parce qu'il a été lâché par les siens, peu de républicains étant venus à sa rescousse. Même Fox News, la chaîne qui lui est tout acquise, a émis des critiques. Les tensions étaient visiblement vives au sein de son équipe après les propos tenus lors de la conférence de presse avec Poutine. Selon Vanity Fair, le faucon John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, juge l'attitude du président américain face à Poutine mal avisée. Mais il était d'avis que faire marche arrière ne ferait que rajouter de l'huile sur le feu et l'affaiblir. C'est John Kelly, le secrétaire général, qui aurait fait pression sur Trump pour qu'il revienne en arrière. Un secrétaire général qui, il y a quelques mois, lui avait offert sa démission. Voilà un épisode de plus qui révèle le chaos qui règne à la Maison-Blanche. »

Le Temps (Suisse), 20 juillet 2018, p. 3.

Veronika Dorman, Frédéric Autran, « Ingérence russe : Donald Trump aux services de Vladimir Poutine »

«...Vladimir Poutine, lui, semble sortir vainqueur de cette première rencontre. Lui, au moins, ne s'est pas fourvoyé. Il était heureux d'accepter cette rencontre bilatérale désirée par Donald Trump, une manière flamboyante de mettre fin à l'isolement dans laquelle l'administration Obama avait cantonné la Russie. N'attendant rien de particulier, et n'ayant pas grand-chose à négocier avec son homologue américain, le président russe était en position de force. A Moscou, personne ne lui demande de rendre des comptes sur ses relations avec Washington. Sans émotion particulière, Poutine s'est dit «satisfait, en somme, de cette première rencontre». A côté d'un Trump bavard et erratique, qui passait du coq à l'âne et ne voulait en réalité parler que de la légitimité de sa victoire électorale, Poutine est apparu calme et posé. Reconnaissant sans sourciller qu'il avait «souhaité que [Trump] gagne car il était pour la normalisation des relations avec la Russie», le patron du Kremlin a bu du petit-lait en écoutant les démentis du président américain sur l'ingérence russe dans sa campagne de 2016. Peut-être même a-t-il été surpris par l'empressement de Trump à le dédouaner, au détriment de ses propres services de renseignement. «Il reste beaucoup de défis, mais un premier pas important a été fait», s'est félicité Poutine. C'est-à-dire le minimum syndical : rétablir le dialogue. »

Libération (France), 17 juillet 2018, p. 12.

Frédéric Charillon, « Trump et Poutine, des alliés objectifs mais pas égaux »

«...Les revendications internationales de Poutine sont claires, comme ses avertissements (on se souvient de son refus de la reconnaissance du Kosovo, puis de son action en Géorgie et en Ukraine). Trump oscille entre l'insulte à l'égard de pays ou de dirigeants, et le fait de les qualifier ensuite de « géniaux ». Sur les principaux sujets de tension (affaire russe de Trump, Ukraine-Crimée, Syrie, armement, nucléaire iranien, commerce...), Poutine semble avoir une stratégie d'ensemble, même si les moyens de la Russie restent limités. Trump paraît incapable d'aborder aucun de ces dossiers en détail. Au final, le président russe a été jugé vainqueur de la rencontre. Le président américain a réussi la performance de prendre parti pour Moscou contre ses propres services de renseignement, et de se faire accuser non plus d'amateurisme mais, cette fois, de faiblesse et de trahison par les acteurs les plus respectés du Parti républicain, comme John McCain. Ce faisant, il signe peut-être un tournant de son mandat. On avait pris l'habitude d'espérer que Donald Trump avait une idée derrière la tête, qu'il jouait une stratégie en plusieurs temps, importée d'on ne sait quelle technique de négociation commerciale. Il n'en est rien. Beaucoup d'acteurs-clés de l'Etat américain, aujourd'hui, sont convaincus qu'il est urgent de se débarrasser de Trump. »

Le Monde (France), 19 juillet 2018, p. 25.

Alexandre Sirois, « Il quitte Helsinki avec un œil au beurre noir »

«...Donald Trump a quitté la Finlande, pays hôte du sommet, avec un œil au beurre noir. Il était, a-t-on rapporté, mal préparé. Sans compter qu'il n'avait vraisemblablement pas les connaissances nécessaires pour affronter un président russe astucieux, qui a vu neiger. Vladimir Poutine est au pouvoir, rappelons-le, depuis pas moins de 18 ans ! Comme le dit le dicton, on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. Mais la raison principale de l'échec du président américain ne fut pas son inexpérience, aussi problématique soit-elle. C'est plutôt l'aversion malsaine qu'il manifeste à l'égard de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 qui a été à la source de son plus retentissant faux pas. Et qui lui a valu, entre autres, d'être accusé de « trahison » par l'ancien patron de la CIA, John Brennan. En refusant de mettre en doute le « solide et puissant démenti » (ce sont ses mots) du président russe à ce sujet, il discrédite une fois de plus les services de renseignements des États-Unis. En somme, il a préféré croire le KGB au lieu de faire confiance à la CIA, comme l'a si bien résumé le sénateur démocrate Chuck Schumer. »

La Presse (Québec, Canada), 17 juillet 2018.

David Smith, « Poll finds 79% of Republicans back Trump’s handling of Putin »

«...There is little reason to believe that a Putin sequel will be a deal breaker for rank and file Republicans. While the conventional wisdom on Monday held that Trump was “Putin’s puppet”, many Americans were consuming a different narrative. [...] [Henry Olsen, a senior fellow at the Ethics and Public Policy Center thinktank in Washington] “By and large, people are willing to give him the benefit of the doubt because of the relentless negativity that’s been around him for 18 months. The steady drumbeat of anti-Trump news has largely numbed Republicans who are still with him. When minor things are said to be an indication of his unfitness office, major things don’t have that much effect.” Privately, many Republicans on Capitol Hill are said to be mortified by Trump’s diplomatic blundering; publicly, however, they are beholden to the grassroots and speaking out against him is seen as electoral suicide. Christian evangelicals, for example, have kept their eyes firmly on the prize of the supreme court and the promise of reversing abortion rights, irrespective of their unlikely champion’s personal failings. »

The Guardian (Royaume-Uni), 20 juillet 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 15 juillet 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Russie
LimitéVladimir PoutineDmitry Medvedev

Finlande
ÉlevéSauli NiinistöJuha Sipilä

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


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