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29 juillet 2012

Tenue d’un référendum révocatoire en Roumanie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 29 juillet 2012, la population roumaine participe à un référendum dont la question est : « Êtes-vous d’accord avec la destitution du président de la Roumanie, Monsieur Traian Basescu ? » Le camp du « oui » l’emporte à 88,7 %, mais le taux de participation de 46,2 % est insuffisant pour officialiser la destitution de Basescu.

La Roumanie, qui fait partie de l’Union européenne depuis 2007, a été touchée par la crise économique et plongée dans une récession en 2009. Pour améliorer la situation, la communauté internationale demande au président de centre droit, Traian Basescu, la mise en place de mesures d’austérité. Or, la crise économique se transforme en crise politique. Le gouvernement change trois fois de premier ministre avant que le poste ne soit confié au leader du Parti social-démocrate (PSD), Victor Ponta, en mai 2012. Par la suite, la coalition de l’Union sociale-libérale (USL) propose une procédure de destitution de Traian Basescu. Le 6 juillet, le Parlement roumain passe cette procédure au vote : 256 voix l’approuvent contre 114. Cette décision doit toutefois être entérinée par un référendum révocatoire. À partir du 10 juillet, le président Basescu est suspendu de ses fonctions; situation qu’il a déjà vécue en 2007. Les opposants de Basescu lui reprochent d’avoir violé la Constitution, miné la démocratie, enfreint la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice ainsi qu’usurpé le rôle du premier ministre. De son côté, l’Union européenne adresse de sévères critiques au premier ministre Victor Ponta, lui reprochant d’avoir porté atteinte à l’État de droit pour faciliter la destitution de Basescu. Malgré tout, le 29 juillet 2012, la population roumaine est soumise à un référendum qui, pour être valide, doit obtenir un taux de participation supérieur à 50 %. À la question « Êtes-vous d’accord avec la destitution du président de la Roumanie, Monsieur Traian Basescu? », les Roumains répondent « oui » à 88,7 %. Cependant, le taux de participation n’atteint que 46,24 %, ce qui est insuffisant pour rendre le résultat exécutoire. Le président Traian Basescu restera en poste jusqu’à la fin de son mandat en 2014.

Dans les médias...


Jonas Mercier, « Le référendum ne règle pas la crise de la cohabitation en Roumanie »

«...L'USL a bien été obligée, hier, de reconnaître sa défaite, indiquant toutefois que la légitimité du chef de l'État avait été mise à mal. Traian Basescu a pour sa part reconnu que cette victoire « n'était pas la sienne mais celle de la Roumanie » et qu'il avait compris les nombreux mécontentements, ajoutant qu'il souhaitait « susciter un sentiment de réconciliation nationale » [...] Les résultats du référendum ne changent quasiment pas la donne sur l'échiquier politique national et les blocages institutionnels risquent de continuer. La « stabilité » était pourtant l'une des principales attentes des Roumains, qu'ils soient favorables ou opposés à Basescu, avant la tenue de ce scrutin. « Il faut maintenant attendre les élections parlementaires de cet automne pour espérer voir les choses se calmer, estime le politologue Radu Alexandru. En même temps, on vient de voir que les hommes politiques roumains ne sont pas prêts à revoir leur position, même à l'issue d'un processus électoral. » De fait, hier matin, aucun des deux camps n'était prêt à faire des concessions pour permettre le bon fonctionnement de la cohabitation. Cette situation est pourtant loin de servir les intérêts de la Roumanie. Ces dernières semaines, la monnaie nationale a connu une importante dévaluation face à l'euro, alors que les investisseurs étrangers se sont dits inquiets du respect des règles démocratiques dans le pays. »

La Croix (France), 31 juillet 2012, p. 9.

Luca Niculescu, « La guerre des chefs joue les prolongations en Roumanie »

«...De l'avis des observateurs, dans les semaines et les mois à venir, le gouvernement et le Parlement essaieront toutefois de réduire les prérogatives de Traian Basescu et de l'isoler. Mais, même affaibli, cet ancien capitaine de marine marchande, rusé dans l'exercice du pouvoir, ne cédera pas facilement et le combat est loin d'être terminé, au risque de sérieux dégâts collatéraux. La crise politique de ces dernières semaines a entraîné une instabilité économique. La monnaie locale, le leu, a perdu 5 % de sa valeur par rapport à l'euro depuis que la coalition de centre- gauche a commencé les manoeuvres de destitution. Un coup dur pour des millions de Roumains, qui se sont endettés en euros auprès des banques. En raison du climat tendu, les investisseurs étrangers hésitent désormais à venir. Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de cette tourmente économique et de la « dégradation » de l'image de la Roumanie à l'étranger. Mais le verdict de la Commission européenne est sans appel : mi-juillet, elle a sévèrement critiqué les atteintes du gouvernement roumain contre l'État de droit qui ont « ébranlé » la confiance de l'UE. Les coupables sont donc tout d'abord les socialistes et les libéraux qui ont essayé de renverser Traian Basescu lors d'une procédure ultrarapide et contestable. »

Libération (France), 31 juillet 2012, p. 6.

S.A., « Roumanie : un sursis pour le président »

«...La Commission européenne a d'ores et déjà annoncé vouloir maintenir les dirigeants roumains sous surveillance. Bruxelles dépêchera des experts à Bucarest et prévoit un nouveau rapport à la fin de l'année pour vérifier « si les inquiétudes concernant l'État de droit et l'indépendance du judiciaire ont été traitées ». Le mandat du procureur général de Roumanie, Mme Laura Kovesi, expire à la mi-août. Celui du procureur général de la Direction nationale anticorruption, Daniel Morar, en septembre. Leurs successions feront figure de tests. L'UE dispose de divers moyens de pression, et notamment du Mécanisme de coopération et de vérification (MCV) imposé à la Roumanie et à la Bulgarie lors de leur adhésion en 2007. L'objectif du MCV est de vérifier, sous peine de sanctions telles que le blocage des fonds communautaires, que l'acquis communautaire est respecté. Ironie de l'histoire, Traian Basescu réclamait l'abrogation de cette clause qui a indirectement permis de contrer le « coup d'État » larvé de ses adversaires. »

Le Figaro (France), 31 juillet 2012, p. 8.

Dan Bilefsky, « Romanians decide the president’s fate »

« But the ease with which politicians could manipulate the political system for personal ends showed the fragility of Romania's democracy, he added [le politologue Christian Pirvilsecu]. "We don't have a real democracy in the Western or American sense of the term," he said. The referendum appeared to polarize voters, though many said personal political rivalries were overshadowing their economic hardship. Raluca Ulea, 29, an unemployed lawyer, said she had voted against impeaching Mr. Basescu because she feared that the country would descend into chaos. "In this crisis period, a coup d'etat is the last thing we need," she said. But Mihaela Cretu, 60, a retired math teacher, said she had voted to impeach Mr. Basescu because he had cut state salaries and pensions. "He has made the lives of Romanians very difficult," she said. Some analysts said the catalyst for the current crisis came in June when former Prime Minister Adrian Nastase, Mr. Ponta's political mentor in the Social Democratic Party, tried to commit suicide hours after the Supreme Court ruled that he must serve a two-year sentence for corruption. Mr. Nastase's supporters insist that his conviction was politically motivated, and analysts said Mr. Ponta wanted to remove Mr. Basescu from office before he could attack other senior officials in the party. »

International Herald Tribune, 30 juillet 2012, p. 3.

Gouvernance et gouvernement [ 29 juillet 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Roumanie
ÉlevéCrin AntonescuVictor Ponta

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2012
Tenue d’un référendum révocatoire en Roumanie

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[Résultats] Élections législatives

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[Résultats] Élection présidentielle


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