Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

22 février 2019

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15 novembre 1988

Proclamation de la création d'un État palestinien

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Yasser Arafat

Lors d'une rencontre de quatre jours qui se déroule à Alger, le conseil national de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) proclame la création d'un État palestinien dont la capitale sera Jérusalem.

L'OLP lutte depuis sa fondation, en 1964, pour la reconnaissance d'un État palestinien. Sa quête progresse en juillet 1988 avec la décision du roi Hussein de Jordanie de rompre les liens légaux entre son pays et la Cisjordanie et de reconnaître l'OLP comme le seul représentant légitime d'un État palestinien indépendant. Réunis à Alger en novembre 1988, les dirigeants de l'OLP annoncent qu'ils acceptent les résolutions 242 et 338 de l'Organisation des Nations unies (ONU) comme base pour une conférence internationale qui permettrait à la Palestine d'obtenir l'autodétermination. Cette position implique le rejet du terrorisme comme moyen d'action et la reconnaissance de l'État d'Israël. L'indépendance de la Palestine est proclamée le 15 novembre. Un hymne national est joué et le drapeau du pays hissé. Israël dénoncera rapidement cette proclamation qu'une vingtaine de pays reconnaîtront, dont Cuba et plusieurs États arabes. Le 2 avril 1989, le chef de l'OLP, Yasser Arafat, sera élu président de la Palestine par les 77 membres du Conseil central.

Pour en savoir plus: Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine

Dans les médias...


René Backmann, « OLP : le saut »

«...Les premières réactions israéliennes parvenues à Alger semblent brutalement négatives. Ce qui ne surprend pas les responsables de l'OLP. « Une vaste redistribution des cartes est en cours, explique l'un d'eux. Il faut laisser à tout le monde le temps d'évaluer les nouvelles données du problème. » En coulisse, les dirigeants palestiniens confessent qu'ils fondent beaucoup d'espoir sur le climat de détente entre Moscou et Washington. Mikhaïl Gorbatchev est intervenu en personne auprès de Yasser Arafat, l'été dernier, pour lui conseiller d'adopter une ligne modérée impliquant la reconnaissance de l'État d'Israël. C'est lui également qui avait suggéré au président de l'OLP de rappeler les droits « nationaux » du peuple palestinien dans sa déclaration politique. Fort de son coup d'éclat d'Alger, Yasser Arafat entend capitaliser au plus vite les bénéfices diplomatiques de son geste. (...) Cela dit, il faudra bien d'autres « tournants historiques » pour qu'un jour le drapeau palestinien, noir, rouge, vert et blanc, flotte sur « les murs, les minarets et les églises de Jérusalem ». »

Le Nouvel Observateur (France), 17 au 23 novembre 1988, p. 37.

Jean-Claude Leclerc, « Le choix des Palestiniens »

«...Certes, quelques pays arabes et une bonne partie du leadership palestinien en étaient venus, depuis plusieurs années déjà, à une vue plus réaliste de la question israélo-palestinienne. Mais les éléments radicaux, et même des « modérés » craignant que les concessions aux Israéliens ne mènent à l'impasse, avaient jusqu'à tout récemment, et parfois de sanglante manière, fait échec à ces ouvertures. Tous n'ont pas, il est vrai, appuyé les résolutions du Conseil national, mais les dissidents les plus importants s'y sont rangés. C'est un progrès pour la démocratie palestinienne. C'est aussi un grand espoir pour le peuple palestinien, notamment la population victime de la répression israélienne, et pour la paix au Proche-Orient. En se ralliant à un compromis historique, le CNP aura non seulement consolidé le leadership incarné par Arafat, mais enlevé un obstacle majeur aux négociations de paix. On ne peut plus prétendre que l'OLP veut « la destruction d'Israël » ou que l'État hébreu prendrait un risque suicidaire en s'entendant avec ses voisins palestiniens. »

Le Devoir (Québec, Canada), 16 novembre 1988, p. 10.

Éditorial

«...It was the young leaders of the uprising in the occupied territories who obliged Arafat to forgo the fruitless bravado of the past. Determined to reap a tangible political reward from the hardships of the uprising, they made the aging exiles in the PLO leadership abandon old illusions. Perhaps the last illusion that needs to be abandoned is Arafat's assumption that Washington might force an Israeli government to do something it does not want to do. The United States may have great leverage over Tel Aviv, but since the Suez crisis of 1956, it has shown no inclination to use that leverage to make Israeli leaders act against what they perceive to be their national interests. The administration of George Bush ought to be receptive to the new realism of the PLO. It should encourage Israeli leaders to explore all avenues for a negotiated settlement of the conflict with the Palestinians. But if there is to be a diplomatic breakthrough, it will have to come within Israel. »

The Boston Globe (États-Unis), 18 novembre 1988.

Russell Watson et al., « Birth of a Non-Nation »

«...The Algiers declaration may signal that what began as a terrorist organization is finally ready to try serious statesmanship, by making the territorial concessions that are crucial to peace. If so, the Algiers declaration will not be Arafat's last word. « I am ready to be more explicit and give greater clarity once I am inside an international conference for peace, » he said. But why is he pushing for one now, when both Israel and the United States are distracted by governmental transitions ? Four years ago Arafat told an interviewer that he had only one card to play, recognition of Israel, « and I'm not so stupid as to throw it away unless I get something substantial in return. » He was forced to act now by the success of the intifada - which gets along quite well without him - and by the vacuum created when Jordan's King Hussein cut his political ties to the occupied territories last July. Compelled to take the initiative, Arafat got some help from the Soviet Union, which pressured hotheads like Habash to give moderation at least a brief try. Realistic Palestinians do not expect Washington to recognize their new state, but they say they have gone as far as they can go for now, and they believe they are entitled to some reward for what they have done. »

Newsweek (États-Unis), 28 novembre 1988, p. 50.

Gouvernance et gouvernement [ 15 novembre 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Jordanie
FaibleHussein ibn Talal al-HashimiZaid ar-Rifai

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1978 - 1998



novembre
1988
Proclamation de la création d'un État palestinien


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