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7 octobre 2018

Publication d’un rapport spécial du GIEC sur le réchauffement global des températures

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Des membres du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) réunis à Inchon, en Corée du Sud, déposent un rapport spécial sur la situation du réchauffement des températures. Il rappelle notamment les conséquences néfastes qu’aura celui-ci sur l’environnement si l’on ne parvient pas à ralentir sa progression.

Fondé en 1998, le GIEC, qui compte 195 pays membres, se réunit régulièrement pour faire le point sur l’évolution climatique dans le monde. Près de trois ans après la tenue de la Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) qui s’est tenue à Paris, en décembre 2015, il publie un rapport spécial à l’endroit des décideurs politiques. On y fait un portrait plutôt alarmant de la situation. S’appuyant sur environ 6 000 références scientifiques, le groupe, qui est présidé par le Sud-Coréen Hoesung Lee, rappelle l’importance de maintenir le réchauffement climatique à moins de 1,5 degré de la température terrestre antérieure à l’industrialisation. Or, on pense que ce seuil pourrait être atteint entre 2030 et 2052, puis possiblement dépassé par la suite. Les auteurs du rapport qualifient l’objectif de 1,5 degré de nécessaire, atteignable (achievable) et urgent, mais s’inquiètent des interventions insuffisantes de plusieurs pays pour l’atteindre. Ils constatent notamment l’influence politique des industries productrices d’énergie fossile, responsable selon eux de 75 % des émissions de gaz à effet de serre. Sans un effort significatif, il semble impossible d’obtenir une réduction de dioxyde de carbone (CO2) de 45 % (par rapport à 2010) d’ici 2030 et une « neutralité » carbone d’ici 2050, c’est-à-dire de compenser complètement pour les émissions produites dans l’atmosphère. Advenant l’incapacité des pays à respecter les cibles convenues à Paris et à dépasser le 1,5 degré d’augmentation, le GIEC envisage plusieurs conséquences environnementales majeures : vagues de chaleur, disparition d’espèces, montée éventuelle des océans, etc. Son rapport servira à alimenter le Dialogue de facilitation menant à la COP24 qui aura lieu à Katowice, en Pologne, en décembre 2018.

Dans les médias...


Michel de Muelenaere, « Pour éviter le pire, l’humanité devra profondément changer, dit le Giec »

«...Limiter la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre à 1,5 ºC ? Selon « les lois de la chimie et de la physique » , ce n’est pas impossible, indique dans son dernier rapport le Giec, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais cela nécessitera « des changements inédits, profonds et rapides dans les sociétés ». En clair, il va falloir cravacher pour donner le coup de barre salutaire. Et explorer des pistes encore méconnues. « Les prochaines années seront sans doute les plus importantes de l’histoire humaine », selon une des expertes du groupe. En adoptant leur nouveau rapport, ce week-end à Incheon (Corée du Sud), les scientifiques du Giec mettent les décideurs devant leurs responsabilités. Même s’ils restent prudents et se refusent à prescrire les remèdes au mal climatique, leur message peut difficilement être ignoré. […] La bonne nouvelle, c’est que certains de ces changements sont déjà en train d’advenir, disent les experts. La mauvaise c’est que les progrès sont beaucoup trop lents et que l’évolution dans d’autres secteurs comme les transports est plutôt négative. Il y a également un élément d’incertitude : le scénario « optimiste » du Giec suppose une bonne coopération internationale – ce qui est loin d’être gagné, vu l’attitude des États-Unis et de certains pays pétroliers. Il sous-entend également que l’on minimise les aspects négatifs de certaines des solutions à mettre en œuvre. »

Le Soir (Belgique), 8 octobre 2018, p. 10.

Frédéric Decker, « Dérèglement climatique : pourquoi la stratégie du catastrophisme est une erreur politique majeure »

«...Comme toujours, le GIEC mise sur l'alarmisme et le catastrophisme pour évoquer le réchauffement climatique actuel, et celui prévu par leurs modèles climatiques. Est-ce efficace ? Non, je ne pense pas. En culpabilisant toujours plus la population, l'angle d'approche est loin d'être optimal. Ce n'est pas en surfant sur la peur que le GIEC parviendra à se faire clairement entendre, cela suffit juste à faire la une des manchettes durant quelques temps. Le discours manque clairement d'enseignement concernant le climat et les « changements » des dernières décennies, avec les conséquences connues... et souvent inconnues du public. Les projections sur le climat à venir restent négatives, et ce malgré les doutes qui subsistent. Car malgré le consensus imposé par le GIEC, il est évident que le climat à venir reste difficile à établir clairement, avec des influences naturelles probables. Pas sûr que les citoyens soient prêts à faire des efforts de taille. Le problème se pose moins, a priori, avec les jeunes et les enfants, plus ou moins formés voire formatés à ces efforts à faire pour l'environnement. Ce qui est une bonne chose. Cela parait plus compliqué pour les parents et grands-parents, moins sensibles écologiquement parlant. Mais ne désespérons-pas, des efforts semblent prendre effet ces dernières années. Mais ces efforts ne sont pas mondiaux. »

Atlantico (France), 10 octobre 2018.

Marie-Noëlle Bertrand, Alexandra Chaignon, Éric Serres, « Ne pas dépasser le 1,5 degré Celsius, tout se joue dans les dix prochaines années »

«...Limiter le réchauffement global à 1,5 °C ou à 2 °C ? La question est débattue depuis plusieurs années, et même mise en balance dans l'accord de Paris, adopté lors de la COP21, en 2015 (voir encadré). Cet écart de quelques dixièmes de degré peut paraître résiduel. Il est pourtant déterminant. Schématiquement, tolérer que la Terre se réchauffe de 2 °C permet d'autoriser un peu plus d'émissions de gaz à effet de serre qu'à 1,5 °C. Cela demande, de fait, moins d'efforts aux pays les plus pollueurs. D'un autre côté, une telle hausse des températures causera globalement plus de dégâts, singulièrement pour les pays du Sud, extrêmement vulnérables face aux effets du réchauffement. Le cinquième rapport du Giec sur les scénarios climatiques, publié en 2013 et 2014, contenait déjà des éléments scientifiques à ce sujet. Mais les données étaient encore peu nombreuses et manquaient de précision, offrant aux États les plus réfractaires une échappatoire pour s'en tenir au minimum d'efforts. Ce rapport spécial commandé par l'ONU au Giec peu après l'adoption de l'accord de Paris comble cette lacune, et offre une revue détaillée de ce qui sépare un monde à 1,5 °C d'un monde à 2 °C. Il donne aussi une évaluation des mesures à prendre et leur fixe une échéance. »

L’Humanité (France), 8 octobre 2018, p. 4.

Jean-Robert Sansfaçon, « Réchauffement climatique : avancez en arrière! »

«...Le problème, majeur, c'est que pour limiter la hausse du réchauffement à 1,5 °C, il faut réduire les émissions de CO2 de moitié (-45 %) d'ici douze ans seulement, puis les éliminer totalement d'ici 2050. Or, pour y parvenir, les pays du monde entier doivent non seulement s'entendre entre eux, mais faire en sorte que les populations, entreprises et individus, adhèrent à des mesures nécessairement radicales sans précipiter la chute des gouvernements démocratiques au profit de gouvernements d'extrême droite. [...] Selon plusieurs sondages effectués ces dernières années, les électeurs de la plupart des pays développés, y compris chez nous, placent l'environnement en tête de leurs attentes à l'endroit des gouvernements. Mais ils redoutent d'avoir à en payer le prix, que ce soit sous forme d'augmentations de taxes, de changements à leurs habitudes de vie et d'alimentation (moins de viande) ou de moratoire sur le développement immobilier en dehors des zones déjà desservies par les services publics. Avec un leader politique aussi réactionnaire que Donald Trump à la tête de la plus grande puissance économique mondiale, le cri d'alarme répété ad nauseam par le GIEC se cherche plus que jamais des porte-parole politiques crédibles, populaires et résolus aux quatre coins de la planète. »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 octobre 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 7 octobre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireMoon Jae-inLee Nak-yeon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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