23 juillet 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

4 novembre 2018

Référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 4 novembre 2018, les habitants de la Nouvelle-Calédonie, une collectivité française d’outre-mer à statut particulier bénéficiant d’une certaine autonomie, sont appelés à se prononcer par référendum sur leur accession à la pleine souveraineté. Ils rejettent cette option à 56,7 %, un résultat moins concluant que ce que les sondages avaient laissé présager.

La création du Front indépendantiste (1979) et du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), en 1984, reflète la volonté d’un certain nombre d’habitants de Nouvelle-Calédonie d’obtenir une pleine souveraineté. Ce territoire d’outre-mer formé de quelques archipels est situé dans le Pacifique, à l’est de l’Australie. Le boycott des Kanaks, qui constituent un fort pourcentage de la population, influence fortement le référendum du 13 septembre 1987. Il se solde par l’appui à 98,3 % au maintien au sein de la République française. Puis, l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 prévoit un transfert progressif de compétences ainsi que la tenue d’un référendum « au terme d’une période de vingt années ». Il reçoit un accueil favorable à 71,9 % le 8 novembre 1998. Après des discussions avec le gouvernement français, la nouvelle question référendaire est adoptée le 28 mars 2018 : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante? » Les partis se mobilisent, comme Calédonie ensemble ou le FLNKS qui sont respectivement opposés et favorables à l’indépendance. Une victoire du oui permettrait à la Nouvelle-Calédonie, qui compte environ 270 000 habitants, de devenir souveraine et de définir la relation qu’elle voudra conserver avec la France. Cette option n’obtient toutefois que 43,3 % des appuis le 4 novembre 2018. Ce résultat, qui dépasse nettement ceux observés dans les sondages, est considéré comme une victoire morale par les indépendantistes. Il démontre d’importants clivages au sein de la société. Le premier ministre français, Édouard Philippe, propose de réunir les acteurs à Paris en décembre 2018 afin de « tirer collectivement les conclusions » de ce référendum. Un autre événement important sera la tenue des élections législatives en mai 2019. Ses résultats pourraient mener à la tenue d’un autre référendum, une possibilité prévue par l’accord de 1998.

Dans les médias...


Joseph Confavreux, Julien Sartre, Donation Huet, « Nouvelle-Calédonie : les leçons d’un vote ethnique et historique »

«...Le second enseignement du scrutin sur lequel tout le monde s'accorde est le taux de participation record, qui approche les 81 %, à mettre en regard avec les 64 % des élections provinciales de 2014 ou, pour comparer avec un autre moment référendaire, avec les 74,2 % de participation à la consultation sur l'accord de Nouméa, en 1998. Il existe, précise Samuel Gorohouna [maître de conférences], « un désamour vis-à-vis des hommes politiques, que ce soit côté indépendantiste ou non indépendantiste. Mais là, c'était différent des autres élections, avec un scrutin pour ou contre l'indépendance ». Cette hausse a été particulièrement sensible en Province Nord où la participation, la plupart du temps inférieure à 60 % aux élections locales, a atteint des sommets. « Les jeunes, qu'on disait démobilisés et pas impliqués, explique Catherine Ris, sont allés voter et se sont déplacés pour peser sur l'avenir de leur pays. » Le seul bémol concerne les îles Loyauté où le taux de participation, inférieur à 59 %, est bien moindre que partout ailleurs dans l'archipel. Une conséquence du fait que le parti travailliste, la seule composante indépendantiste à avoir appelé à la « non-participation » au motif que les Kanak étaient minoritaires sur la liste électorale, soit puissant là-bas ? »

Médiapart (France), 6 novembre 2018.

Richard Werly, « La Nouvelle-Calédonie vers un nouveau vivre-ensemble »

«...L'une des questions cruciales pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie est sa position stratégique, aux côtés de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, face à la poussée chinoise dans cette partie de l'Océanie. Au Vanuatu voisin, l'ex-colonie franco-britannique des Nouvelles-Hébrides devenue indépendante en 1980, l'influence de la Chine se fait de plus en plus sentir et des rumeurs persistantes évoquent la prochaine installation d'une base militaire chinoise dans l'archipel. Comment vivre ensemble après ce rejet de l'indépendance moins massif que prévu? Comment accorder aux Kanak le rôle politique qu'ils méritent dans une île qui a toujours attiré l'immigration économique, compte tenu de la richesse de son sous-sol et de son niveau de vie, l'un des plus élevés des territoires français d'outre-mer? C'est aussi la relation entre la France et ses lointaines possessions héritées de son empire colonial qui était posée dimanche. Une question qui, même après le rejet de l'indépendance par les électeurs de Nouvelle-Calédonie, va continuer de se poser. Plus que jamais, la notion de « territoire d'outre-mer » impose d'être redéfinie, pour rompre définitivement avec l'héritage de la colonisation. »

Le Temps (Suisse), 5 novembre 2018, p. 6.

Patrick Roger. « En Nouvelle-Calédonie, le « non mai » rebat les cartes »

«...paradoxalement, la déception était chez les vainqueurs et la satisfaction chez les vaincus qui, avec 43,3 % des suffrages améliorent légèrement leur score des élections provinciales de 2014. « On a déjoué les pronostics annoncés par les loyalistes, se félicite Roch Wamytan, le président du groupe Union calédonienne-Front de libération - nationale kanak et socialiste - (FLNKS) du Congrès. Nous considérons que ce référendum est un galop d'essai. Il y aura d'autres rendez-vous et nous comptons bien convaincre le peuple calédonien la prochaine fois. » […] Les discussions qui vont s'engager prennent en effet une tout autre tournure avec ce résultat, certes confortable pour le non à l'indépendance mais plus étroit qu'espéré dans le camp loyaliste. Les indépendantistes, confortés par la très forte mobilisation de leurs partisans, notamment chez les jeunes, ne se rendront pas à la table des négociations en victimes expiatoires. L'ancien maire de Bourail, Jean-Pierre Aïfa, membre du comité des sages chargé de veiller à la bonne tenue du scrutin, estimait, lundi matin, qu'« il vaut mieux travailler avec du 43-57 qu'avec du 70-30 . Pour l'heure, cependant, les dirigeants non-indépendantistes espèrent encore pouvoir faire l'économie des deuxième et troisième référendums, même s'ils ont nuancé leurs propos au regard du résultat de dimanche soir. »

Le Monde (France), 6 novembre 2018, p. 9.

Yacine Farah, « La Nouvelle-Calédonie restera française »

«...Attendu depuis plusieurs années dans le cadre des accords de Nouméa, ce référendum met fin à une instabilité politique de 30 ans et fixe définitivement les Calédoniens sur les choix qu'ils doivent faire dans l'avenir. Frappée de plein fouet par le chômage et la misère, la société calédonienne et en particulier les Kanakes ont toujours lutté pour retrouver leur liberté et indépendance vis-à-vis de la métropole et proposer ainsi une gestion de leur archipel comme ils l'entendent. Mais la majorité a préféré rester dans le giron de la France pour continuer à bénéficier des aides financières que Paris octroie chaque année à cet archipel. D'autres mesures beaucoup plus favorables, comme le recrutement de Calédoniens dans la Fonction publique, les avantages sociaux et fiscaux dont ils bénéficient, ont fini par convaincre la majorité des habitants de cet archipel de rester Français. [...] Mais cela ne veut pas dire que les partisans de l'indépendance ont essayé une «raclée électorale». Bien au contraire, 43,6% ont dit oui à l'accession totale à la souveraineté. Le référendum a également permis de dessiner une cartographie sociale. Ceux qui ont voté pour l'indépendance se trouvent beaucoup plus dans le nord de l'archipel et vivent dans des conditions très difficiles. C'est le contraire des régions du Sud, riches et prospères. Elles ont voté en majorité pour rester dans le giron de la France. »

El Watan (Algérie), 4 novembre 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 4 novembre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéEmmanuel MacronÉdouard Philippe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


Dans l'actualité


mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent

février
2017
Benoît Hamon : une victoire inattendue aux primaires de la gauche


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019