17 octobre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

6 novembre 2018

Élections de mi-mandat aux États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Donald Trump

À mi-chemin dans le mandat du controversé président des États-Unis, Donald Trump, les Américains se rendent massivement aux urnes pour participer aux élections de mi-mandat. Le vote se solde par un résultat que plusieurs anticipaient, soit le maintien d’une majorité républicaine au Sénat et l’obtention d’une majorité démocrate à la Chambre des représentants.

Trump cause une surprise en remportant la présidence en 2016, alors que les républicains sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Pendant les deux premières années de son mandat, le pays profite d’un contexte économique très favorable (croissance, création d’emplois, etc.). La présidence Trump est également marquée par de nombreuses controverses, tant en politique étrangère que domestique, ce qui tend à polariser l’électorat. Aussi, même si la présidence n’est pas en jeu à cette occasion, les élections de mi-mandat de novembre 2018 sont perçues par plusieurs comme un référendum sur la gouvernance de Trump. Faisant campagne, celui-ci se réjouit de l’état de l’économie et se présente comme le protecteur des États-Unis contre les immigrants illégaux, notamment une caravane de Honduriens qui se dirigent vers la frontière américaine. Les démocrates tentent pour leur part de centrer le débat sur l’importance de soins de santé appropriés et abordables. L’hypothèse d’une vague les favorisant est évoquée, mais elle ne se manifeste pas au Sénat où les républicains conservent leur majorité (53 contre 45, avec deux indépendants) et font même des gains. Des candidats démocrates vedettes comme Beto O’Rourke (Floride) et Andrew Gillam (Floride) mordent même la poussière. En revanche, les démocrates obtiennent une nette majorité à la Chambre des représentants, où ils étaient minoritaires, avec 235 sièges sur 435. Toutefois, en nombre de gains, ce revirement est inférieur à celui observé lors d’élections de mi-mandat antérieures. Ces résultats vont globalement dans le sens des analystes selon qui les deux partis peuvent revendiquer une victoire ou une défaite, selon la perspective. Ce scrutin est marqué par un taux de participation élevé, près de 50 %, et l’élection d’un nombre record de femmes, soit 116 sur 435. Les États-Unis s’intéressent maintenant à la relation qu’auront le président et la majorité démocrate à la Chambre des représentants. D’autres pensent déjà à 2020, alors que Trump briguera de nouveau les suffrages à la présidence.

Dans les médias...


Gilles Paris, « Les démocrates reprennent la chambre »

«...La poussée démocrate a été incontestable, mais aucune vague n'a déferlé sur les États-Unis. Le président avait pris soin d'entretenir la flamme de sa base au cours des dernières semaines en multipliant les déclarations fracassantes et inquiétantes, le plus souvent sur la base de contre-vérités, à propos de l'immigration. Certaines voix républicaines s'étaient inquiétées du ton donné à la campagne, regrettant qu'il n'ait pas dispensé un optimisme lié au faible taux de chômage et à un début de hausse des salaires. M. Trump peut estimer qu'il a eu une nouvelle fois raison contre tous de jouer plutôt sur les inquiétudes d'ordre identitaire de ses électeurs, comme en 2016. [...] Le discours incendiaire du président a cependant produit un autre effet, totalement contraire. Il a entraîné un glissement déterminant en faveur des démocrates de l'électorat indépendant comme du vote des femmes diplômées résidant dans les zones périurbaines. Comme en 2016, les parties les plus dynamiques des Etats-Unis les ont massivement soutenus. Les victoires démocrates vont s'accompagner d'un sérieux renouvellement de la Chambre avec l'arrivée de femmes venues de tous horizons (Afro-Américaines, Latinos, LGBT, Amérindiennes...), mais aussi de nombreux anciens combattants engagés ces dernières années en Irak et en Afghanistan. »

Le Monde (France), 8 novembre 2018, p. 2.

Philippe Martinat, « Trump mise déjà sur 2020 »

«...Pour partir à la conquête d'un second mandat, Trump sait qu'il peut compter sur son électorat qui lui reste massivement fidèle. Ces élections de mi-mandat ont permis de valider ses futurs axes de campagne, basés sur la sécurité et la lutte contre l'immigration, véritable danger pour « l'âme du pays », selon lui. Trump peut aussi tabler sur les faiblesses du camp d'en face. Les démocrates, chez qui aucun nouveau leader n'émerge - d'autant que le Texan Beto O'Rourke et le Floridien Andrew Gillum sont allés au tapis mardi -, ne devront pas commettre la faute d'engager une procédure d'« impeachment » qui permettrait au président de se victimiser. « Cette erreur avait été commise en 1998 par les républicains contre Bill Clinton, ce qui lui avait permis de conserver la chambre à cinq voix près », rappelle-t-on à Washington. D'ici à 2020, les démocrates devront aussi trancher deux questions essentielles : quelle ligne politique ? Quel leader pour la porter ? Mais pour se succéder à lui-même, Trump devra se méfier de sa trop grande confiance en lui et en son action. La bonne santé de l'économie reste en effet précaire. Enfin, Trump devra faire avec son âge. Il aura 74 ans en 2020. Il en aura donc 78 ans à la fin de son second mandat s'il réussit à se faire réélire. Plus tout à fait un jeune homme...»

Le Parisien (France), 8 novembre 2018.

François Cardinal, « La victoire du tribalisme politique »

«...Le résultat des élections de mi-mandat confirme que les États-Unis sont divisés en deux blocs campés sur leur position, incapables de se parler, et surtout, de s'entendre. Le Sénat est aujourd'hui un peu plus rouge, la Chambre des représentants est plus bleue, mais sans gains significatifs pour un parti ni pour l'autre. Comme s'il n'y avait plus d'échanges ou de débats possibles : simplement des certitudes. De part et d'autre. Bien sûr, la polarisation des Américains n'a pas attendu la présidence Trump ni les élections de mi-mandat pour s'installer. Mais ce que l'issue du vote de mardi démontre, c'est que cette polarisation prend de plus en plus les airs d'un dangereux tribalisme idéologique : démocrates et républicains ne se contentent plus d'être en désaccord, ils se voient désormais comme des ennemis. Cette guerre de clans date de plusieurs années, mais soyons honnêtes, elle se ressent avec beaucoup plus d'intensité depuis l'investiture de Donald Trump. [...] Et en ce sens, il y a une victoire pour Donald Trump dans ces élections de mi-mandat, qui n'ont pas clairement répudié son style et ses décisions. Il a peut-être perdu quelques districts ici et là, mais il a clairement réussi à mettre le débat politique à sa main pour les années à venir. Il a réussi, autrement dit, à installer la polarisation à demeure, à forcer tout le monde à descendre dans les tranchées et à sortir les armes pour les deux prochaines années, et possiblement au-delà. »

La Presse (Québec, Canada), 8 novembre 2018, p. 2.

Ross Douthat, « Midterms Deliver an American Stalemate »

«...after its nominee traded a lot of suburban voters for stronger working-class support in 2016, the Trump-era Republican Party has continued to hemorrhage suburbanites while also giving back some of those Midwestern, blue-collar gains. The political strategy for Republicans after Trump's victory should have been obvious: Seal the working-class realignment with a dose of economic populism, hold the suburbs by dialing back the Trumpian excesses. Instead the president let congressional Republicans have their way on policy, and they let him be himself in other ways -- which makes the Democratic sweep in the House exactly the outcome that both the soon-departing Paul Ryan and the president deserve. And to the extent that conservatives -- normal and NeverTrump alike -- are willing to live with that outcome so long as they hold the Senate, it's what we deserve as well. There is no conservative governing agenda at the moment; there is only a desire not to be ruled by liberalism. So that desire will be fulfilled for two more years and possibly for more -- but meanwhile the ability to actually move legislation will be rightfully taken from a movement and a party that had no agenda of any significance to move. »

New York Times (États-Unis), 7 novembre 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 6 novembre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéDonald J. Trump

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

novembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
2016
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2019
Harris se démarque lors du premier débat à l'investiture démocrate

avril
2019
L'extrême gauche aux États-Unis à l'ère Trump? Plutôt marginale

mars
2019
Les élections de mi-mandat, ou la ruée vers l'or au pays des droits et libertés

mars
2019
Joe Biden comme antidote au syndrome McGovern

mars
2019
Présidentielle américaine de 2020 : une nouvelle stratégie démocrate, la clé face à Trump ?

février
2019
La Californie brûle à petit feu, ou plutôt à grands feux!

février
2019
Qui a tué le Weekly Standard?

février
2019
Le président Trump frappe encore sur Twitter

février
2019
La persistance du racisme aux États-Unis

février
2019
For the land of the free...mais l'est-ce vraiment?


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019