7 décembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

11 novembre 2018

Commémoration du centenaire de l'armistice marquant la fin de la Grande Guerre 1914-1918

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Emmanuel Macron

Des chefs d’État et de gouvernement de plus de 70 pays sont présents en France pour commémorer l’armistice marquant la fin de la Grande Guerre 1914-1918. Ce conflit, qui aurait fait plus de 10 millions de morts et une vingtaine de millions de blessés, était alors considéré comme un des événements les plus sanglants de l’histoire de l’humanité.

Le centenaire du début des hostilités, à l’été 2014, est marqué par plusieurs commémorations, tout comme certaines batailles célèbres – la Marne, Verdun, etc. – du conflit que l’on avait surnommé la « der des ders ». D’autres cérémonies d’envergure sont prévues en novembre 2018 pour souligner la fin de la guerre. La France accueille alors plus de 70 chefs d’État et de gouvernement, notamment des pays ayant joué un rôle décisif en 1914-1918 : France, Allemagne, États-Unis, Russie, etc. Le 10 novembre, le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel sont côte à côte dans la clairière de l’armistice à Compiègne, dans l’Oise, là où avait été signée l’armistice en 1918. Le lendemain, la plupart des dirigeants participent à une marche dans Paris avant la tenue d’une cérémonie sous l’Arc de Triomphe. Le président Macron pourfend alors le nationalisme et l’isolationnisme, une allusion directe aux hommes politiques qui défendent cette approche, plus particulièrement le président des États-Unis, Donald Trump, présent pour l’occasion. Des tensions sont d’ailleurs palpables entre les deux hommes, le président Trump réagissant plus tard négativement à son homologue français et à l’hypothétique formation d’une armée européenne autonome. D’ailleurs, ni Trump ni le président russe Vladimir Poutine, pourtant présents en France, ne prennent part au deuxième Forum sur la paix qui se tient à Paris du 11 au 13 novembre. À cette occasion, Macron, Merkel et le secrétaire générale des Nations unies, Antonio Gutteres, rappellent l’importance du multilatéralisme comme moyen de préserver une paix qui leur semble fragilisée. Les commémorations de la France, qui fut le site de plusieurs batailles mémorables entre 1914-1918, ne sont pas les seules. Plusieurs pays à travers le monde tiennent en effet des événements afin de rappeler cette tragédie historique qui a entraîné un redécoupage important de la carte européenne.

Dans les médias...


François Durpaire, cité dans « Comment Trump et Macron sont passés des mots doux aux tweets assassins »

«...C'en est donc fini de la "bromance" entre Donald Trump et Emmanuel Macron. A peine rentré de Paris, où il avait célébré la paix avec les autres dirigeants du monde, le président américain s'est vivement attaqué à la France et à Emmanuel Macron, dont il a raillé la "très faible cote de popularité". [...] il y a ces deux jours mémoriels extrêmement difficiles pour Donald Trump. Il y a une incompréhension totale. Pour lui, cette mémoire de la Première Guerre mondiale se passe entre Allemands et Français, au détriment des Américains. C'est comme ça qu'il l'a perçu, c'est comme ça qu'il l'a vécu. Ce point de vue est partagé par de nombreux conservateurs américains qui se demandent pourquoi Emmanuel Macron s'attaque au nationalisme américain. Pour eux, ce n'est pas le nationalisme américain qui a provoqué les guerres du XXe siècle mais les nationalismes européens. Ils ne comprennent pas pourquoi ces images de réconciliation entre l'Allemagne et la France se font sur le dos d'un dirigeant qui incarne le sacrifice de millions de GI venus sauver l'Europe. La marginalisation de Donald Trump pendant cette visite a été perçue par les Américains. »

L’Obs (France), 15 novembre 2018.

Richard Werly, « À Paris, la paix contre les nationalismes »

«...Jamais peut-être, depuis l'élection présidentielle de mai 2017, le tandem franco-allemand n'était apparu aussi soudé, résolu à défendre les indispensables « compromis » sans lesquels l'ONU s'engluera dans la paralysie. Mais il faut aussi s'inquiéter. Car hormis le poids des mots, essentiels en ce jour de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, Emmanuel Macron et Angela Merkel manquent d'armes de conviction massives. La chancelière, bousculée au sein de son propre parti, n'est plus candidate à sa réélection. Le locataire de l'Élysée, en dramatisant l'enjeu des élections européennes pour marquer l'opinion, aura néanmoins de la peine à surmonter l'obstacle du mode de scrutin proportionnel à un tour, favorable à l'expression des colères. L'ONU, enfin, a cruellement besoin d'un succès pour faire mentir Donald Trump et consorts, persuadés que seul l'unilatéralisme paie. L'axe Merkel-Macron est celui de la raison. Leur rappel de l'échec de la Société des Nations, après l'Armistice, était parfaitement justifié pour ce 11 novembre 2018, de même que l'appel de la chancelière à lutter contre la dangereuse « polarisation qui érode les libertés fondamentales ». Reste, face au souvenir de la « machine monstrueuse de violence » que fut la Grande Guerre, à transformer leur résistance aux populismes en un multilatéralisme positif et surtout convaincant. »

Le Temps (Suisse), 12 novembre 2018, p. 4.

Nicolas Barotte, « Macron et Merkel ravivent la flamme franco-allemande »

«...Le cliché s'inscrit dans une tradition : Konrad Adenauer et Charles de Gaulle à la cathédrale de Reims en 1962, Helmut Kohl et François Mitterrand, main dans la main, à Verdun en 1984, ou encore Joachim Gauck visitant Oradour-sur-Glane, théâtre de la barbarie nazie, en 2013 au côté de François Hollande. En 2009, Angela Merkel avait aussi été la première chancelière allemande à être associée aux cérémonies du 11 Novembre en France, à l'invitation de Nicolas Sarkozy. À chaque fois, la réconciliation entre les deux pays est mise à l'honneur quelles que soient les divergences entre les leaders. À chaque fois, il s'agissait de tirer les leçons de la guerre et de ne pas réitérer les erreurs de l'entre-deux-guerres : après 1918, l'esprit de revanche l'avait emporté sur l'idée d'un rapprochement entre les deux puissances adverses. Avec la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont livrés à l'exercice avec application. Ils ont mis en scène leur proximité pour rappeler que la paix restait la première raison d'être de l'Europe et pour souligner que leurs deux pays entendaient agir désormais ensemble sur la scène internationale. »

Le Figaro (France), 12 novembre 2018, p. 5.

Julian Broger, « Thumbs up for Putin as Trump rains on Armistice parade »

«...Once again, Trump had demonstrated his knack for making global events of historic significance telescope inwards until they become frenzied debates over his own quirks. A display of leadership solidarity in the face of the scourge of war became once more an exercise in isolation. As other leaders walked in a phalanx along the Champs Élysées on Sunday, Trump travelled separately, by armoured limousine. On early occasions he had managed a show of bonhomie in meetings with Macron but at his Élysée Palace meeting this time, he sat glumly like a pupil made to stay after school and did not respond when Macron patted him on the arm. When the French president spoke under the Arc de Triomphe, no one had any doubt whom he was speaking to when he said: “Patriotism is the antithesis of nationalism. Nationalism is inherently treasonous. In saying ‘our interests first, and forget the others’, we lose the most important part of the nation: its moral values.” Trump looked on grimly throughout. The only moment he brightened up was when he saw Vladimir Putin approach. He flashed a goofy smile, all the more noticeable alongside Macron and Merkel who had switched their demeanour to steel resolve on spotting the Russian leader. »

The Guardian (Royaume-Uni), 11 novembre 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 11 novembre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéEmmanuel MacronÉdouard Philippe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


Dans l'actualité


octobre
2019
G7 2019 : un sommet qui sème la tension

mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019