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20 janvier 2013

Tenue d’un référendum sur la conscription en Autriche

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 20 janvier 2013, près de 6,3 millions d’Autrichiens sont appelés à se prononcer par référendum entre le maintien du service militaire obligatoire (conscription) ou un changement vers une armée de métier. Près de 60 % votent en faveur de la conscription, ce qui constitue un échec pour le chancelier social-démocrate (SPÖ) Werner Faymann.

Depuis 1955, l’Autriche est reconnue pour sa neutralité. Dans l’objectif de la conserver, ses dirigeants ont toujours refusé de faire partie de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le pays est toutefois impliqué dans les missions de maintien de la paix des Nations unies. Lors des élections municipales autrichiennes de 2010, la question militaire a commencé à diviser la population. Le maire de Vienne, Michael Häupl, s’est alors prononcé en faveur d’une abolition de la conscription. Au fil des ans, la question du service militaire a suscité de multiples débats et des batailles de chiffres afin de déterminer ce qui est le moins dispendieux pour les contribuables. D’ailleurs, lors de la campagne référendaire de 2013, les principaux enjeux sont le coût d’une armée réformée, le nombre de recrues ainsi que l’impact sur les missions à l’étranger ou les secours en cas de catastrophe naturelle. La neutralité de l’Autriche reste cependant la question centrale. Le chancelier social-démocrate (SPÖ) Werner Faymann, le ministre de la Défense Norbert Darabos, le parti des Verts et certains quotidiens à grand tirage de la presse populaire font campagne pour l’abolition de la conscription et la mise en place d’une armée de métier. Dans l’opposition, le Parti démocrate-chrétien (ÖPV) milite pour le maintien du service militaire obligatoire, c’est-à-dire la conscription. Le 20 janvier 2013, jour du référendum, les Autrichiens se prononcent à 59,8 % en faveur du statu quo. Ce résultat s’avère un échec pour le chancelier social-démocrate Werner Faymann, dont le parti subira également un recul aux élections législatives du 29 septembre 2013. Un autre référendum sur la suppression du service militaire, cette fois en Suisse, aura lieu le 22 septembre 2013. Il se soldera, lui aussi, par une nette majorité en faveur du maintien de la conscription (73,2 %).

Dans les médias...


Agence France-Presse, « Autriche : le maintien du service militaire, un échec pour les sociaux-démocrates »

«..."La nature de la menace a changé, c'est la raison pour laquelle une transformation est nécessaire", expliquait le ministre de la Défense, Norbert Darabos. Selon lui, une armée conventionnelle était dépassée à l'ère du "contre-terrorisme", de la "cybercriminalité" et des "États en faillite". En revanche, le chef d'état-major de l'armée autrichienne, le général Edmund Entacher, pourtant social-démocrate, avait prévenu qu'une armée professionnelle aurait "irrémédiablement" conduit à "une baisse de qualité, du nombre et de capacité". Historiquement favorables à la conscription, les sociaux-démocrates étaient cette fois, à quelques exceptions près, pour l'armée de métier, tandis qu'à l'inverse, les démocrates-chrétiens, plutôt enclins à l'armée de métier, défendaient le service militaire. Illustration du débat qui traverse tous les partis, le président de la République et chef suprême de l'armée, le social-démocrate Heinz Fischer, contrairement à son parti, s'était publiquement exprimé pour le maintien de la conscription. Le coût d'une armée de métier avait également alimenté les discussions, surtout qu'aujourd'hui, l'Autriche consacre seulement deux milliards d'euros par an à sa défense, soit 0,6 % de son budget, l'un des taux les plus faibles parmi les pays de l'Union européenne. »

20 minutes.fr (France), 20 janvier 2013.

Blaise Gauquelin, « L’Autriche maintient le service militaire »

«...En fait, dans une nation ayant péniblement reconstruit son identité sur l'unique pivot de la neutralité, après deux guerres, lancer une réforme de cette envergure paraissait prématuré. Le débat public s'est focalisé sur le projet de défense européen et l'intégration à l'OTAN, dont la population autrichienne ne veut pas entendre parler. Or passer à une armée de métier constituait le premier pas vers un abandon du statut de 1955, perçu comme facteur de stabilité et de prospérité. Par ailleurs, les sociaux-démocrates ont eu du mal à mobiliser: traditionnellement en Autriche, la gauche se méfie d'une armée de métier qui a écrasé les ouvriers dans les années 30. Ce scrutin confirme également un divorce sociologique déjà ancien entre la capitale, cosmopolite et réformiste et le reste du pays, isolationniste. Les habitants de Vienne sont les seuls à avoir voté majoritairement pour l'abandon du service militaire. Le vote prouve également que les Autrichiens s'émancipent petit à petit du quotidien Kronenzeitung, encore lu par près d'un habitant sur deux. »

Tribune de Genève (Autriche), 21 janvier 2013, p. 7.

S.A., « Austrians decide to keep military draft »

«...With the Soviet Union's demise two decades ago removing the need for large armies, many countries in Europe have done away with the draft, including France in 1996 and Germany in 2011. In Austria though, some had feared that moving to a professional military would push the country to join Nato, endangering the Alpine nation's cherished neutrality. Supporters of the draft say it would be tough to attract enough volunteers to keep the size of a voluntary army at 55,000 troops. They also argue that creating a professional army would be expensive at a time that the eurozone member is trying to cut spending. The army chief of staff, General Edmund Entacher, had warned that a professional army would lead "irreversibly to a drop in quality, numbers and ability". But Defence Minister Norbert Darabos declared the draft outdated in an era of "counter-terrorism, cybercrime... (and) failed states". Austria spends two billion euros ($2.7 billion) per year on its military, or 0.6 percent of gross domestic product - one of the lowest ratios in the EU. » »

Business Recorder (Pakistan), 21 janvier 2013.

Gouvernance et gouvernement [ 20 janvier 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Autriche
ÉlevéHeinz FischerWerner Faymann

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2013
Tenue d’un référendum sur la conscription en Autriche

septembre
2013
[Résultats] Élections législatives

avril
2016
[Résultats] Élection présidentielle

mai
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décembre
2016
[Résultats] Élection présidentielle


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