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8 août 1955

Ouverture d’une conférence internationale sur l’énergie atomique à Genève

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Dwight Eisenhower discutant de la crise du canal de Suez avec John Foster Dulles
National Archives and Records Administration (Etats-Unis)

En août 1955, dans le contexte de la guerre froide, plus de 1000 délégués de quelques dizaines de pays sont réunis à Genève, en Suisse, afin de discuter de l’avenir de l’énergie atomique. Ces échanges entre scientifiques de plusieurs pays, dont les États-Unis et l’Union soviétique (URSS), sont accueillis favorablement par la communauté internationale.

Les essais atomiques américains (environ 45 depuis 1945), la force croissante des bombes à hydrogène et le fait que l’URSS – et bientôt d’autres pays – est munie d’armes nucléaires suscitent de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le 8 décembre 1953, le président des États-Unis, Dwight Eisenhower, prononce un discours (Atoms for Peace) sur ce sujet devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Il propose de mettre sur pied des initiatives favorisant un usage pacifique de l’énergie atomique et un contrôle permettant d’atténuer la menace d’une guerre nucléaire aux conséquences catastrophiques. En décembre 1954, une résolution est déposée aux Nations unies en vue de la tenue d’une Conférence internationale sur l’usage pacifique de l’énergie atomique. Puis, en juillet 1955, une rencontre au sommet réunit à Genève les dirigeants des quatre puissances de l’après-guerre : États-Unis, URSS, Royaume-Uni et France. Peu après, le 8 août 1955, plus d’un millier de délégués du monde scientifique sont à Genève pour assister à une conférence dont la première séance est ouverte par le secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjöld. L’événement est présidé par Homi J. Bhabha, qui est à la tête de la Commission de l’Énergie atomique de l'Inde. Des séances, des conférences, et des échanges entre scientifiques de plusieurs pays, dont les États-Unis et l’URSS, permettent de constater l’avancement de la recherche dans un climat d’ouverture. Les Américains font même venir sur place un réacteur provenant d’Oak Ridge, au Tennessee. L’initiative est accueillie positivement et considérée, malgré les tensions persistantes entre les superpuissances, comme un pas vers un usage plus sécuritaire de l’énergie atomique. Dans cette optique, l’Agence internationale de l’énergie atomique sera créée et entrera en opération le 29 juillet 1957. Une autre conférence internationale aura également lieu, encore une fois à Genève, en septembre 1958.

Dans les médias...


S.A., « L’atome pacifique »

« [...] l’aspect politique de la conférence ne doit pas être négligé. Devant le danger que fait courir à l’humanité l’emploi de bombes atomiques ou à hydrogène d’une puissance bien supérieure à celles qui ravagèrent le Japon des propositions pour l’interdiction de l’usage des armes atomiques ont pris naissance dans différents pays. Bien plus, la semaine dernière, le congrès astronautique de Copenhague et la conférence internationale convoquée à Londres par lord Russell ont témoigné de la part des savants américains et soviétiques d’un réel désir de coopération. Sans doute le voile secret qui entourait tout ce qui touchait aux questions atomiques avait fait naître une suspicion entre les nations, et surtout entre l’Est et l’Ouest. Or pour la première fois ce voile va être levé sur les recherches et les expériences nucléaires, à l’exclusion de celles qui se rapportent au domaine militaire. La possibilité apparait donc de créer les conditions d’une collaboration loyale entre l’Est et l’Ouest. Ces progrès s’inscrivent sans aucun doute dans le cadre de la détente qui s’est manifestée depuis le début de l’année à la suite de l’arrivée au pouvoir de l’équipe Boulganine-Khrouchtchev-Joukov et de l’influence du président Eisenhower à la dernière conférence à quatre « au sommet ». »

Le Monde (France), 9 août 1955, p. 1.

R.N, « La rose des vents : automne 1955 »

«...Ce qui domine les semaines que nous vivons, c’est un sentiment complexe où viennent converger l’espérance encore hésitante née du rendez-vous de Genève, et les perspectives que tracent à notre intention les savants réunis à Copenhague autour de l’astronautique, ou encore la conférence atomique des N.U. Il y a ainsi des moments où viennent s’accumuler un ensemble de faits ou de constatations qui montrent, de manière frappante, l’ampleur du jeu où nous sommes désormais engagés et auquel, bon gré mal gré, toute la terre participe. Depuis quelques semaines, nous avons véritablement la sensation physique d’une porte qui s’entrouvrirait au bout d’un tunnel. Non pas sur le paradis terrestre et une bergerie acadienne. Mais sur un monde simplement plus respirable, où la moitié de nos énergies et de nos ressources ne serait plus consacrée à préparer l’extermination générale de l’espèce, mais où un effort commun pourrait être tenté vers plus de compréhension, vers moins de misères, vers un développement rationnel et systématique des possibilités énormes que nous révèlent les savants assemblés. Nous croyons, pour tous ces motifs, que l’été 1955 marque une date. »

La Revue nouvelle (Belgique), 15 octobre 1955, p. 323.

Charles Brindillac, « Les chances du désarmement »

«...La conclusion d’un accord de ce genre signifierait en somme que l’Europe est sortie de la grande compétition militaire. Mais le paradoxe inscrit dans le Traité de Paris, le paradoxe d’une coalition dont le premier soin est de fixer le plafond de sa puissance militaire montre qu’elle en est déjà éliminée. L’équilibre des forces dans le monde repose – c’est un lieu commun – sur les stocks atomiques des États-Unis et de l’U.R.S.S., et non pas sur les divisions qu’alignent avec effort les pays du vieux continent. Qu’ils le veuillent ou non, ceux-ci n’ont pas les moyens de cotiser au même club (pour reprendre l’expression toute britannique dont Churchill s’est servi à Yalta) que les « Grands ». En fondant, sous la forme d’une agence de contrôle, un cercle moins élégant, ils entreraient pour la première fois dans une logique contraire à celle des « blocs ». Voilà sans doute à quoi pensait M. Mendès-France lorsqu’il fit son discours de New-York. Comparé à celui d’un désarmement général, le dessein manque d’audace. Mais dans l’univers figé que paraît annoncer la bombe H, c’est une qualité. »

Esprit (France), août 1955, p. 1376-1377.

S.A., « U.S. Ahead in « Atomic olympics »»

«...The feeling here is that the West is smoking out some Soviet secrets on Russia’s atomic progress. During the last four months, 19 scientists have been serving as « scientific secretaries » for this conference– including three each from the Soviet Union and Britain, two each from the U.S., France and Canada, and one apiece from India, Pakistan, Yugoslavia, Czechoslovakia, Argentina, Brazil and Japan. At the start, both the Americans and the Russians were wary. Now, however, the 19 scientists are thoroughly at ease with one another. They stick together socially as in their work. The secretary-general of the conference, Prof. Walter G. Whitman, of the Massachusetts Institute of Technology, has high praise for his Soviet deputy, Viktor S. Vavilov. One Western scientist sums it up as a « new high of co-operation,» but he adds : « It has a long way to go. After all, the Russians « revelations » only mean that they are revealing « something » –whereas, previously, they had revealed nothing. But what was started is now ripening into a scientific exchange which may go further than either Washington or Moscow intends. »»

U.S. News & World Report (États-Unis), 12 août 1955, p. 30-31.

Gouvernance et gouvernement [ 8 août 1955 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Suisse
ÉlevéMax-Édouard Petitpierre

États-Unis
ÉlevéDwight D. Eisenhower

Russie
FaibleKliment VoroshilovNikolai Bulganine

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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octobre
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[Résultats] Élections législatives

août
1955
Ouverture d’une conférence internationale sur l’énergie atomique à Genève

octobre
1955
[Résultats] Élections législatives

octobre
1959
[Résultats] Élections législatives

octobre
1963
[Résultats] Élections législatives


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