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25 décembre 1989

Exécution du président roumain Nicolae Ceausescu

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Nicolae Ceausescu

Le vent de changement qui souffle sur l'Europe de l'Est attise le mécontentement en Roumanie et emporte le régime dirigé par Nicolae Ceausescu. Le président et son épouse Elena sont jugés et exécutés.

Nicolae Ceausescu dirige les destinées du Parti communiste et de l'État roumain. Son régime autoritaire et centralisé est miné par des problèmes économiques, dont la rareté des biens essentiels, qui avivent la contestation. En novembre 1987, les grèves déclenchées par les ouvriers automobiles de Brasov dégénèrent en émeutes. Les pénuries de nourriture, le programme d'urbanisation des villages du gouvernement et le mouvement de libéralisation qui secoue l'Europe de l'Est en 1989 donnent un nouveau souffle aux opposants du régime. Le 16 décembre 1989, des manifestations éclatent à Timisoara pour empêcher la déportation de Laszlo Tokes, un pasteur protestant. Le mouvement fait boule de neige. L'état d'urgence est décrété mais l'armée se rallie aux insurgés, laissant à elle-même la Securitate, chargée de la protection du président. Ceausescu et son épouse Elena, la vice première ministre, sont arrêtés, jugés et exécutés. Un Conseil du Front de salut national, présidé par Ion Illescu, prend la direction du pays. Lors des élections du 20 mai 1990, Illescu sera confirmé dans ses fonctions.

Dans les médias...


S.A., «Après le cauchemar»

«...Le dernier domino est tombé. Dans une mare de sang. Le tyran roumain est mort. Mais son peuple a payé au prix fort la liberté recouvrée. La démence de la dictature de Bucarest interdisait une révolution sans violence et sans haine (...) Le nouveau pouvoir qui se met progressivement en place, où d'authentiques dissidents côtoient des hommes longtemps liés au régime déchu, inspire soupçons et inquiétudes. La tâche qui l'attend paraît insurmontable. Tout est à réinventer, à reconstruire. Des élections libres sont promises pour le printemps prochain à un peuple qui n'a jamais connu la démocratie. L'économie roumaine est à rebâtir. Le monde entier semble prêt à apporter son aide et sa contribution. Ironie : la Chine de Pékin elle-même, enfin infidèle à son féal, tend une main secourable. Mais trouvera-t-on les hommes de compétence et d'intégrité qu'exigent les circonstances ? Faute d'avoir réussi à exterminer ses concitoyens, le Conducator aura bien tout fait pour assassiner son propre pays.»

L'Express (France), 5 janvier 1990, p. 8.

Vladimir Tismaneanu, «La révolte de la vieille garde»

«...Mais il y a pourtant une distinction majeure entre le stalinisme classique et la fin de règne convulsive de Ceausescu. À la différence de Staline, qui réussit à provoquer une vénération authentique, même chez ceux qui étaient condamnés aux persécutions les plus abjectes, Ceausescu et sa femme sont l'objet d'un mépris universel. Même les vieux intimes regardent ce tyran de plus en plus capricieux comme un égocentrique exclusivement animé par d'insatiables appétits de gloire, de faste et de panégyriques (...) En dépit des efforts spasmodiques des fonctionnaires de l'Agitprop pour maintenir la façade de l'unanimité nationale autour de Ceausescu, chacun sait en Roumanie que la farce du culte et les excentricités révoltantes des dernières années traduisent un syndrome cancéreux. Ceausescu est donc perçu comme le symbole d'une maladie tragique, et l'avènement des réformes radicales en Pologne et en Hongrie a encore renforcé ce sentiment.»

Les Temps modernes (France), janvier 1990, p. 30.

Jean-Claude Leclerc, «La révolution roumaine»

«...Dans l'immédiat, les secours d'urgences affluent en Roumanie, et il ne fait pas de doute qu'une population déjà affamée a besoin de l'aide extérieure. Mais le défi principal qui attend le peuple roumain et son gouvernement sera de trouver une réponse humaine au problème social que posent non seulement les membres de la police secrète, mais tout ce qui constituait l'ancien régime. Dans un pays qui n'a pour ainsi dire jamais connu la démocratie, cette tâche de réconciliation sociale ne sera pas une mince affaire. Il faut également souhaiter que la Roumanie, après avoir forcé à l'exode une partie de sa minorité hongroise, saura complètement sortir de la xénophobie que Ceausescu avait, à son tour, érigé en art de gouvernement.»

Le Devoir (Québec, Canada), 28 décembre 1989, p. 6.

S.A., «An End of Tyranny»

«...The Romanian leader's attempt to secure his power by force says much both about the illusions he harboured and about the distinctions between Europe and China. Romania's uprising illustrates the impossibility in the late 20th century of any European country's remaining insulated from developments beyond its borders. Whether through Hungary, foreign radio stations or telephone calls from the world outside, Romanians have learnt the truth, and that truth impelled them, too, to resist. Freedom and democracy are words which could barely be whispered in Romania even last week; but the concepts had remained alive through the decades. Yesterday those words, which have resounded everywhere from East Berlin to Sofia, were on the lips of the crowd in Bucharest.»

The Times (Royaume-Uni), 23 décembre 1989, p. 11.

Gouvernance et gouvernement [ 25 décembre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Roumanie
FaibleConseil du front national de salutConstantin Dascalescu

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1979 - 1999



décembre
1989
Exécution du président roumain Nicolae Ceausescu

mai
1990
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1990
[Résultats] Élections législatives

septembre
1992
[Résultats] Élection présidentielle

septembre
1992
[Résultats] Élections législatives

novembre
1996
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1996
[Résultats] Élections législatives


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