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19 décembre 2018

Adoption d’un Pacte mondial sur les migrations par l’Assemblée générale des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Une semaine après son approbation à Marrakech par 174 pays, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est adopté par l’Assemblée générale des Nations unies (ONU) le 19 décembre 2018. Cinq pays, dont les États-Unis, s’y opposent toutefois, alors que l’on relève également 12 abstentions.

La crise des migrants syriens, qui atteint un sommet en 2015, suscite de fortes réactions, particulièrement dans le monde occidental. Le 19 septembre 2016, l’Assemblée générale de l’ONU adopte unanimement une déclaration pour les réfugiés et les migrants définissant « un cadre d’action global pour les réfugiés ». L’idée d’un Pacte mondial pour les réfugiés est alors avancée. Celui-ci aurait pour objectif de cibler des mesures pratiques pouvant être appliquées à l’international pour renforcer la coopération « en réponse aux mouvements massifs de réfugiés et aux situations prolongées », en plus d’assurer « un partage plus équitable et prévisible des charges et des responsabilités liées à la protection des réfugiés ». Ce pacte pour des « migrations sûres, ordonnées et régulières » contient 23 objectifs et environ 200 sous-engagements. Il fait l’objet d’une entente à Marrakech, le 10 décembre 2018, avant d’être adopté par l’ONU le 19 décembre. Ce pacte, que l’on présente comme une « contribution importante en vue d’une meilleure gestion des flux migratoires à l’échelle internationale », contient plusieurs volets (meilleure documentation et intégration des migrants, lutte à la traite de personnes et à l’immigration clandestine, etc.). On y mentionne aussi qu’il mise sur la collaboration, qu’il est juridiquement non contraignant et qu’il ne remet aucunement en question la souveraineté des États dans leur politique migratoire. Cette crainte joue néanmoins un rôle important dans la décision de 5 pays de voter contre le 19 décembre (États-Unis, Hongrie, Israël, Pologne, République tchèque), alors que 12 autres s’abstiennent. Des manifestations ont d’ailleurs lieu dans certains endroits en réaction au pacte, notamment à Bruxelles, en Belgique, ce qui n’empêche pas 152 pays de voter en sa faveur. On évalue qu’en 2018, 258 millions de personnes n’habitent pas dans leur pays d’origine. Du nombre, environ 26 millions seraient des réfugiés.

Dans les médias...


Frédéric Saint Clair, « Le pacte de Marrakech, ou la perversion idéologique des partisans de la politique des droits de l’homme »

«...Il y a méprise autour du Pacte de Marrakech. Beaucoup y voient l'organisation internationale de migrations massives, en provenance d'Afrique et des terres d'islam, en direction de l'Occident et notamment de la France. D'autres rétorquent que sa nature « non contraignante » n'aura pas vocation à encourager les migrations, mais uniquement à s'accorder sur une régulation plus sûre et ordonnée de ces migrations. Qu'en est-il ? Ce serait mal connaître l'ONU et surtout l'idéologie des droits de l'homme que d'imaginer qu'un texte contraignant de cette nature puisse être signé. Il serait tout d'abord mal reçu par de nombreux dirigeants, qui refuseraient probablement de le signer ; il devrait en outre justifier sa nature contraignante ; il devrait fournir un cadre et décliner les moyens pour que cette contrainte puisse s'exercer. Bref, il aurait toutes les chances d'échouer et de discréditer à la fois l'Organisation des Nations Unies et l'idéologie des droits de l'homme sur laquelle cette organisme repose. Si la gauche et la droite morales sont en déconnexion totale avec le réel, elles sont en revanche parfaitement cohérentes avec leur corpus idéologique. Le Pacte de Marrakech en est d'ailleurs la preuve. Son objectif n'est pas d'accélérer les migrations. Il n'est pas de contraindre les États à accueillir des migrants - le texte dit d'ailleurs l'inverse : « Le Pacte mondial réaffirme le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales et leur droit de gérer les migrations relevant de leur compétence, dans le respect du droit international ». »

Valeurs actuelles (France), 12 décembre 2018.

Luis Antonio G. Tagle, « Le Pacte mondial pour les migrations, une source d’espérance »

«...La règle d'or nous rappelle avec force de regarder plus loin que le bout de notre nez et de réaliser que nos vies, nos pays et nos histoires sont profondément entremêlés. L'organisation au niveau mondial est difficile et demande un certain courage. Mais c'est le bon moment d'agir ensemble. Notre foi nous enseigne qu'aucune personne, aucun pays n'est exempté de la responsabilité collective de prendre soin de notre monde commun et de ses habitants. Si nous ne passons pas à l'action maintenant, alors quand ? J'espère que les paroles du pape résonneront dans les couloirs quand les gouvernements devront décider du sort de ce Pacte mondial: « Si nous voulons la sécurité, donnons la sécurité; si nous voulons la vie, donnons la vie; si nous voulons des opportunités, offrons des opportunités. La mesure que nous utilisons pour les autres sera la mesure que le temps utilisera pour nous. » Dans un monde qui peine à accepter son identité mondialisée, le pacte mondial sera un signe de coopération et d'unité, source d'espérance pour notre avenir commun. »

La Croix (France), 10 décembre 2018, p. 27.

Alexandre del Valle, « Le Pacte de Marrakech est un appel à la censure des médias politiquement incorrects »

«...Ses rédacteurs [le pacte] comptent ainsi faire respecter cette «terminologie» spécifique «en instituant des normes déontologiques pour le journalisme» (et la publicité). Le mot est lâché: en parlant de «déontologie» - au mépris de celle déjà instituée en France et ailleurs - les rédacteurs entendent par conséquent mettre toute divergence de «perception» à l'égard des migrants du côté du manquement éthique et professionnel, ce qui induit la logique de sanctions corrélatives. Si en principe ces sanctions sont le fait d'une commission paritaire, le Pacte appelle officiellement les États à sanctionner les non-immigrationnistes en supprimant les subsides étatiques des médias qui «dévieraient» du message nécessairement positif sur «le Migrant»... une menace qui a d'ailleurs déjà plané sur l'hebdomadaire Valeurs actuelles à la suite d'une couverture choc montrant une femme musulmane voilée. Le petit ajout dans le texte du Pacte: «dans le plein respect de la liberté de la presse» ne trompera d'ailleurs personne, car ce droit repose sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression, droits soumis à des limites. La Cour européenne des droits de l'homme rend d'ailleurs régulièrement des verdicts dans des affaires où il est question de savoir si l'interférence du gouvernement - prévue par la loi - avec le droit à la liberté d'expression d'un individu est légitime ou non. Or ce que fait le Pacte, tout non-contraignant qu'il soit, c'est bien élargir les conditions de légitimité de cette interférence. La boucle est bouclée. »

Le Figaro.fr (France), 11 décembre 2018.

Agnès Gruda, « La fin du chacun pour soi? »

«...Les pays européens ont longtemps laissé l'Italie seule face aux milliers de migrants qui affrontaient la mer. Depuis les élections du printemps dernier, l'Italie a décidé de leur renvoyer la balle. En gros, l'attitude de Rome pourrait se résumer comme suit : « Nous, on n'accepte plus personne, arrangez-vous avec le problème. » Cette approche de chacun pour soi, c'est tout le contraire du Pacte mondial sur les migrations, qui ouvre la porte – sans aucune contrainte – à une coopération internationale en cette matière. Et qui pose les jalons des grands principes qui pourraient animer cette coopération. Le Pacte reconnaît que les migrations existent et sont là pour de bon. Qu'elles apportent des retombées positives, ne serait-ce que parce que les migrants venus de l'hémisphère Sud finissent par contribuer au développement de leurs pays. Et parce qu'elles peuvent répondre aux pénuries de main-d'œuvre des pays développés. On n'en est qu'aux balbutiements d'un processus qui mettra des années à se mettre en place. Mais l'idée de base de ce Pacte, c'est qu'au lieu de dresser des barrières et de se renvoyer la balle en matière de migrations, il est dans l'intérêt de tous, celui des États et celui des migrants, de s'entendre sur des stratégies communes. »

La Presse (Québec, Canada), 11 décembre 2018, p. 14.

Gouvernance et gouvernement [ 19 décembre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Maroc
FaibleMohammed VI ben Al-HassanSaâdeddine El Otmani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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