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3 janvier 2019

Alunissage d’une sonde chinoise sur la face cachée de la Lune

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La Chine réussit une première mondiale le 3 janvier 2019 en posant sur la face cachée de la Lune la sonde spatiale Change’4. Cet appareil, qui est muni d’un atterrisseur et d’un rover, effectuera une multitude d’expériences scientifiques. Il est également perçu comme un témoignage de la volonté chinoise de jouer un rôle majeur dans l’espace.

En 2003, la Chine devient, après l’Union soviétique et les États-Unis, le troisième pays à envoyer un homme dans l’espace avec sa propre fusée. Les Chinois expriment ensuite leur intérêt pour la Lune. Leur programme spatial atteint un nouveau sommet en décembre 2013 avec l’alunissage réussi de la sonde Change’3 (la déesse chinoise de la Lune) sur la face visible de la Lune. Elle a à son bord le rover Yutu (lapin de jade). Le 7 décembre 2018, c’est au tour de Change’4, une réplique de Change’3, à être lancé de la base de Xichang, dans le sud-est du pays. Son objectif est de se poser sur la face cachée de la Lune, ce qu’aucun autre pays n’est parvenu à faire à ce jour. Un satellite lancé en mai permet aux Chinois de lui relayer les ordres et les informations provenant de la Terre. Le 3 janvier 2019, Change’4 se pose sur la cratère lunaire Von Karman. Ce « soft landing » est souligné en Chine, mais également dans le monde entier comme une avancée dans l’exploration spatiale, bien que la face cachée de la Lune ait déjà été largement photographiée et cartographiée. Change’4 sera chargée de plusieurs expériences scientifiques, notamment des études sur les ondes radios, sur les ressources minérales observées ainsi que sur la culture de certaines plantes dans une microgravité restreinte. Un Change’5 est même prévu plus tard en 2019 afin de ramener des échantillons, prélevés cette fois de la face visible de la Lune. La Chine envisage également la possibilité d’installer une base lunaire peuplée par des humains. Elle constituerait une étape vers une plus grande affirmation de la Chine dans l’espace, possiblement avec la conquête de mars. Cette perspective inquiète les États-Unis. Faisant de l’hégémonie spatiale un enjeu de sécurité, le président Donald Trump a même demandé en juin 2018 que l’on mette sur pied une sixième branche des forces armées axée sur l’espace.

Dans les médias...


Zhifan Liu, « Sur la face cachée de la Lune »

«...Au lendemain du premier satellite Sputnik lancé par l'URSS en 1957, le fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong, avait annoncé que la Chine aussi « lancera des satellites » . Depuis, Pékin a accroché le wagon de la course aux étoiles et, désormais, le président Xi Jinping n'hésite pas à parler de « rêve spatial », en adéquation avec son « rêve chinois », censé redorer le blason de la nation. Et l'espace est devenu un objectif de conquête pour redonner fierté au peuple chinois. Avec un budget de 6 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d'euros) par an alloué à son programme spatial contre 40 milliards pour son homologue américain, Pékin tente de rattraper son retard sur les États-Unis et la Russie. Dix ans après avoir envoyé son premier taïkonaute dans l'espace, la Chine lance en 2013 son robot nommé Yutu ( « lapin de jade » ) sur la face visible de la Lune, la plus facile d'accès. Seuls Washington et Moscou avant elle avaient réussi à y expédier une sonde avec leurs propres moyens. Preuve de ses ambitions spatiales grandissantes, Pékin a propulsé 38 fusées dans l'espace en 2018. C'est plus que n'importe quel autre pays. La plupart d'entre elles ont été envoyées dans le cadre du projet Beidou, du nom du système de géolocalisation chinois censé concurrencer le GPS américain et le Galileo européen. Il devrait voir le jour d'ici l'an prochain. »

Le Temps (Suisse), 4 janvier 2019, p. 8.

Yann Verdo, « Qui (re-)décrochera la Lune? »

«...Plus tard dans l'année, ce sera au tour de Chang'e 5 de faire l'actualité. Avec cette 5e mission, Pékin ambitionne de rapporter sur Terre des échantillons du sol lunaire. Là encore, le site n'a évidemment pas été choisi au hasard. Chang'e 5 se posera - sur la face visible - dans le mont Rümker. Or l'analyse du nombre de cratères par unité de surface donne à penser que cette partie de la surface de la Lune est beaucoup plus « jeune » (de 2,6 milliards d'années) que les sites explorés par les Américains et les Russes, qui disposent de leurs propres échantillons. L'existence sur la Lune de parties plus jeunes que d'autres s'explique-t-elle par le fait que celle-ci a connu, jusque dans un passé beaucoup plus récent qu'on ne le pensait, une activité volcanique ? Les cailloux que la Chine espère rapporter sur la planète bleue pourraient en apporter la preuve. Mais ce n'est pas tout. En 2036, Pékin compte envoyer sur la Lune ses premiers taïkonautes, qui rejoindront ainsi dans la légende les douze hommes d'Apollo. En décembre 2017, le bouillonnant et imprévisible Donald Trump a annoncé sa volonté d'y renvoyer des Américains, une promesse déjà faite par George W. Bush en son temps mais restée sans suite. En sera-t-il autrement cette fois-ci ? La Nasa, toute à ses ambitions martiennes, a été, semble-t-il, un peu prise de court...»

Les Échos (France), 7 janvier 2019, p. 11.

Véronique Kiesel, « Une mission lunaire, symbole étincelant des ambitions chinoises »

«...Certes, c’est l’aspect scientifique qui est mis en avant par Pékin, poursuit Alain De Neve [chercheur à l’Institut royal supérieur de défense], mais la conquête spatiale n’est jamais pacifique, qu’elle soit américaine, russe, européenne ou chinoise ! Il s’agit de maîtriser les images satellites, les télécommunications et la géolocalisation : autant de données essentielles dans une logique militaire. Le système Beidou, concurrent du GPS américain, est par exemple déjà opérationnel et est en train d’être étendu à d’autres régions d’Asie, alors que l’Europe tarde à mettre en œuvre son propre système de géolocalisation. » « Et ce succès spatial est intimement lié à la réforme des forces armées chinoises , détaille Bruno Hellendorff [spécialiste de l’Asie à l’Egmont Institute]. En 2015, Xi Jinping avait entrepris de réduire les effectifs de l’armée de terre de 300.000 hommes, pour transformer l’armée en un appareil militaire moderne. Depuis 1997, le budget consacré aux dépenses militaires progresse de 10 % chaque année. Et la conquête spatiale et la cyberguerre sont deux domaines particulièrement stratégiques. La Chine a été traumatisée par la chute de l’URSS et l’abandon forcé de nombreux projets industriels et spatiaux, et elle a décidé avec constance de consacrer d’importants moyens à ses objectifs prioritaires. »

Le Soir (Belgique), 4 janvier 2019, p. 2.

Andrew J. Wight, Nick Allen, « Moon offers China a new frontier for warfare »

«...Officially, China's rhetoric on its space exploration programmes is benign, but military planners fret that the rapid development of its BeiDou global positioning system as a rival to the American GPS and EU Galileo systems heralds a new era of competition. At the same time, China is investing in expanding its network of telecommunications satellites with Venezuela, Nigeria and Brazil all announcing joint projects last year. The BeiDou system, which is due to be completed in 2020 with a network of 35 satellites, has both civilian and military applications, and this year Pakistan became the first Chinese ally to be given access to BeiDou's military side, according to The New York Times. The move deepens fears that China is creating the infrastructure that will underpin a global web of strategic relationships to rival the post-war Western military hegemony. "Space power is about soft power in that it feeds into nationalistic narrative internally and narrative of China's growing power internationally," said Adam Ni, China scholar at Australia's Macquarie University. [...] "When, not if, China puts a man on the moon that's going to have a huge psychological impact," he [Dean Cheng, expert de la Heritage Foundation] said. "This has always been an example of American exceptionalism. Once the Chinese are able to do it, it's no longer exceptional." »

Sunday Telegraph (Royaume-Uni), 6 janvier 2019, p. 12.

Gouvernance et gouvernement [ 3 janvier 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleXi JinpingLi Keqiang

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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