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18 juillet 2004

Référendum sur la gestion des hydrocarbures en Bolivie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 18 juillet 2004, les Bolivien(nes) se prononcent par référendum sur l’exploitation des hydrocarbures, principalement sur la gestion des réserves de gaz du pays. Ce référendum comprend cinq questions auxquelles les électeurs votent majoritairement « oui ». Ce résultat s’avère aussi un vote de confiance pour le président Carlos Mesa.

À partir de 1996, des ressources gazières sont découvertes dans le sud de la Bolivie. En 2000, des compagnies pétrolières privées ont trouvé un énorme gisement de gaz naturel à Tarija, en Bolivie. L’année suivante, trois compagnies pétrolières s’associent pour former le consortium Pacific LNG dans le but d’exploiter ce gisement et de construire une infrastructure pour exporter le gaz naturel vers les États-Unis, en passant par le Chili. Or, l’accord du président Jorge Quiroga Ramírez est requis pour la continuité du projet. Celui-ci reporte la décision pour ne pas nuire à sa carrière politique. À l’été 2002, Ramírez est remplacé par Gonzalo Sanchez de Lozada, mais cette question reste au cœur de la vie politique. En 2003, un mécontentement populaire est notable en Bolivie quant à l’utilisation et l’exploitation des ressources énergétiques par les multinationales étrangères. Plusieurs manifestations ont lieu, entraînant la mort d’une soixantaine de personnes. On parlera de ces événements comme de la « guerre du gaz ». À la suite de ce mécontentement populaire et de quelques défaites politiques, Gonzalo Sanchez de Lozada démissionne de son poste de président en octobre 2003 et s’enfuit aux États-Unis. Le vice-président, Carlos Mesa, prend sa place et met fin à la « guerre du gaz ». Dès son entrée à la présidence, Mesa promet un référendum sur la gestion des hydrocarbures, qui s’avère aussi un vote de confiance pour lui. Le 18 juillet 2004, la population bolivienne se prononce sur cinq questions. Elle vote « oui » dans chaque cas, exprimant la volonté d’une profonde réforme de la politique gazière et de la gestion des hydrocarbures impliquant un plus grand rôle pour l’État. Toutefois, le vote de confiance envers Carlos Mesa n’est pas de longue durée. Celui-ci démissionne en juin 2005 en raison d’une opposition populaire grandissante désirant la nationalisation immédiate du gaz.

Dans les médias...


Cathy Ceïbe, « Comme une odeur de gaz »

«...Pour autant, ce référendum mettra-t-il un terme à la guerre du gaz bolivien? La complexité des enjeux abordés tout comme l'ambiguïté des questions posées aux Boliviens ne sont pas pour assainir un climat politique délétère. Le gaz est une affaire nationale et populaire qui cristallise toutes les tensions. Le pays accuse un retard de développement flagrant : il est l'un des plus pauvres de la région, avec un revenu annuel de 940 dollars par habitant, selon les statistiques de l'ONU. La Bolivie est pourtant la deuxième plus grande réserve d'Amérique du Sud en gaz. Un tel écart de revenus s'explique par le fait que l'exploitation des plus gros gisements de gaz se trouve concentrés entre les mains des multinationales étrangères (Exxon-Mobil, British Petroleum, British Gas, Repsol YPF, TotalElfFina). Enfin, au nombre des frustrations boliviennes, se trouve celle de l'enclavement du pays, privé d'un accès à la mer depuis la guerre du Pacifique contre le Chili. À l'autonome 2003, une insurrection ouvrière et paysanne s'était opposée à un projet d'exportation de gaz via le Chili. Matée dans le sang avec plus de 80 morts, elle avait contraint à la démission le prédécesseur de Mesa, Gonzalo Sanchez de Lozada. Ce dernier, en exil aux États-Unis, avait fait adopter, en 1997, une loi sur les hydrocarbures accordant aux sociétés exploitant les gisements les pleins pouvoirs de la distribution, la commercialisation et l'exploitation du gaz. »

L’Humanité (France), 20 juillet 2004.

Jimmy Langman, Sibylla Brodzinsky, « Gas plans split Bolivian voters »

«...But some indigenous and labour leaders have called for a boycott of the exercise because it fails to ask whether the gas reserves should be nationalised and foreign companies expropriated. "Nationalising gas is the only alternative to solve the serious problems the country has," said Oscar Olivera, a labour leader from the central city of Cochabamba. Tom Kruse, an economist at the La Paz-based Research Centre for Agrarian and Labour Development, said: "They are telling the people, let's export now and we will all benefit later. But that's what they also said about privatisation and the people saw few benefits." Some leftwing leaders have called for the vote to be disrupted, and security was tight yesterday. The vote was compulsory, but many were planning to abstain. "I am not going to vote," said Doña Felicidad Camacho, 32, a shopkeeper in El Alto, the city overlooking La Paz that was the hub of last October's civil strife. "We get none of the gas nor any benefits from it." Timas Mammani, an Aymara bus driver from Copacabana in western Bolivia, said: "The referendum is a lie. It only benefits the transnationals." »

The Guardian (Royaume-Uni), 19 juillet 2004.

Gouvernance et gouvernement [ 18 juillet 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Bolivie
IntermédiaireCarlos Diego Mesa Gisbert

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2004
Référendum sur la gestion des hydrocarbures en Bolivie

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