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15 mars 2019

Attentats terroristes en Nouvelle-Zélande

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La Nouvelle-Zélande, un pays où le taux de criminalité est peu élevé, est secouée par des attentats terroristes commis par un extrémiste de droite à l’endroit de la communauté musulmane. En l’espace de quelques minutes, celui-ci tue 50 personnes et fait une cinquante de blessés, avant d’être arrêté par les autorités.

L’après-midi du 15 mars 2019, Brenton Tarrant se présente lourdement armé à la mosquée al-Noor à Riccarton, dans la banlieue de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Cet immigrant australien âgé de 28 ans ouvre le feu sur la foule recueillie pour la prière. Celle-ci est estimée à quelques centaines de personnes. Il prend ensuite son véhicule et se rend au centre islamique de Linwood où, quelques minutes plus tard, il abat d’autres personnes. Tarrant est arrêté peu de temps après avec d’autres armes en sa possession. En tout, ses assauts ont fait 50 morts et une cinquantaine de blessés. Il s’agit de l’attentat terroriste le plus meurtrier en Occident depuis celui d’Andres Breivik en Norvège, le 22 juillet 2011. On apprend rapidement que le tueur, qui s’était radicalisé depuis quelques années, s’inspirait des idées de l’extrême droite. Il a d’ailleurs fait paraître sur l’Internet un manifeste de 78 pages, « The Great Replacement », dans lequel il défend des thèses islamophobistes et conspirationnistes. L'événement est vite diffusé à travers le monde, d’autant plus que Tarrant avait lui-même filmé ses attentats que l’on pouvait voir sur les réseaux sociaux. Les messages de sympathie affluent. Pour sa part, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dénonce l’attentat comme un test contre les musulmans de son pays, une déclaration vivement dénoncée en Nouvelle-Zélande et en Australie. La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, annonce la formation d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur cette tragédie et à s’assurer qu’on ne pourra la répéter. De plus, le gouvernement adopte en avril une modification de la loi sur les armes interdisant la vente des fusils d’assaut, des armes semi-automatiques, des chargeurs à grande capacité ainsi que des dispositifs permettant des tirs plus rapides. Rappelons qu’environ 1 % de la population néo-zélandaise est musulmane.

Dans les médias...


Nelly Didelot, Lucie Lespinasse, « La société multiculturelle néo-zélandaise ébranlée »

«...Jusqu'à l'attentat de vendredi, la Nouvelle-Zélande était considérée comme un havre de paix, bien plus ouvert à l'immigration que son voisin australien. Là où le gouvernement conservateur en place à Canberra a choisi une ligne dure, avec le refoulement en haute mer des bateaux de migrants par la marine nationale et l'internement de ceux qui arrivent à toucher terre, Wellington a préféré une politique plus ouverte, en mettant notamment l'accent sur l'intégration des nouveaux venus. « Le pays s'est considérablement ouvert à l'immigration depuis les années 70, et notamment à celle venue de ses voisins asiatiques. Avant, il accueillait surtout des Européens », rappelle à Libération Adrien Rodd, maître de conférence en civilisations britanniques et du Commonwealth à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye. « Nous vivions dans le pays le plus sûr au monde, nous n'aurions jamais pensé que quelque chose comme cela pouvait arriver », a affirmé Mustafa Farouk, le président de l'association musulmane de Nouvelle-Zélande, à la télévision TVNZ. Après la tuerie, Jacinda Ardern, la Première ministre travailliste, a tenu à rassurer la petite communauté musulmane néo-zélandaise (moins de 1 % de la population). « Beaucoup de ceux qui ont été directement touchés par la fusillade pourraient être des migrants en Nouvelle-Zélande. Ce sont peut-être même des réfugiés, a souligné Ardern. Ils ont choisi de faire de la Nouvelle-Zélande leur maison. Ils sont des nôtres.» »

Libération (France), 15 mars 2019.

Marianne Gomez, Dorian Malovic, Marianne Meunier, « Les Néo-Zélandais sous le choc »

«...Face au désarroi, la Nouvelle-Zélande brandit ses valeurs. [...] Une autocritique se fait néanmoins entendre. « L'auteur présumé de Christchurch n'aurait pas pu acheter les armes qu'il détenait dans son Australie natale », a regretté Chris Cahill, président de l'Association de la police, cité par le New Zealand Herald . Un renforcement du contrôle des armes a été mis en oeuvre en Australie après la tuerie de Port-Arthur, qui avait fait 35 morts en 1996. Mais la législation néo-zélandaise reste peu contraignante. Un écart porteur de conséquences potentielles, les ressortissants des deux pays pouvant circuler et s'installer librement dans l'un ou l'autre pour travailler. En Nouvelle-Zélande, il suffit d'avoir 16 ans et suivi des séances d'instruction en matière de sécurité pour un permis de port d'armes standard, dont était détenteur l'auteur présumé de la tuerie. Aussi, la plupart des armes à feu échappent à l'obligation d'enregistrement. Un laxisme auquel la première ministre, Jacinda Ardern, entend remédier, par un durcissement de la législation sur les armes. »

La Croix (France), 18 mars 2019, p. 2 et 3.

Fabrice Argounès, « Nouvelle-Zélande : pas de sanctuaire aux antipodes »

«...L'attentat perpétré dans deux mosquées de Christchurch a inscrit ce pays des antipodes au coeur de l'actualité internationale, tout comme son grand voisin, l'Australie, d'où vient Brenton Tarrant,Les sociétés néo-zélandaise et australienne s'inscrivent dans une histoire globale de l'Occident en dépit d'une géographie aux antipodes de l'Europe et d'une projection au coeur de ce siècle asiatique. L'arme et les munitions du principal accusé, couvertes de références, sont un bréviaire d'une interprétation de l'histoire centré sur une perspective millénariste d'affrontements entre monde chrétien et musulman, des croisades aux attaques de Québec, et des guerres contre les Ottomans aux attentats d'Oslo et de l'île d'Utoya. Le terroriste australien s'est peut-être radicalisé en Europe, plus précisément en France, ainsi que sur les réseaux sociaux, prenant pour références une «extrême droite monde», élargie à toutes les tendances, avec les américains Donald Trump ou Steve Bannon, un youtubeur suédois, Felix Kjellberg (PewDiePie), et même l'écrivain français Renaud Camus. Il y a pourtant peu de place pour l'histoire australienne ou néo-zélandaise dans cette radicalisation globalisée. Le terroriste est représentatif d'une mondialisation des extrêmes, qui inscrit l'Australie et la Nouvelle-Zélande dans un Occident fantasmé. »

Libération (France), 19 mars 2019.

Elle Hunt, « New Zealand felt removed from the global voices of hatred. No more. »

«...The “Kiwi way” on which we New Zealanders pride ourselves – mostly classless, happily multicultural, egalitarian, welcoming – has been challenged, and in the most devastating way possible. Like any imagined collectiveness, it was only ever partially true. It was certainly sometimes invoked complacently or defensively by pakeha (white) New Zealanders, to protect the somewhat imaginary identity we hold dear. Earlier this week, I saw a tweet from a fellow New Zealander, following news that a politician had been assaulted on his way to work: “New Zealand, no. We don’t do this.” Well, we do. [...] Islamophobia is not mainstream in New Zealand the way it is in Australia or the UK. The national Middle Eastern population is so nominal as to be grouped with its Latin American and African populations: a total 1%, though there is high immigration from Malaysia, Indonesia and other predominantly Muslim countries in Asia. But in the internet age, those strains of hatred that previously we “New Zealand Europeans” might have once felt free to dismiss as “a South Island thing” are being bolstered. Nowhere is an island any more. As a nation, we have perhaps been slow to wake up to that. Today we did so in the most horrific way possible. »

The Guardian (Royaume-Uni), 17 mars 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 15 mars 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Nouvelle-Zélande
ÉlevéPatsy ReddyJacinda Ardern

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



novembre
2011
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
[Résultats] Élections législatives

décembre
2016
Démission du premier ministre de la Nouvelle-Zélande, John Key


Dans l'actualité


mars
2017
Nouvelle-Zélande : démission inattendue du premier ministre John Key

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2015
Au XXIe siècle : l'Union Jack plus aussi représentative de la nation néo-zélandaise

septembre
2014
Des élections historiques en Nouvelle-Zélande

septembre
2013
Nouvelle-Zélande : le mariage homosexuel adopté malgré les tensions

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2013
Partenariat transpacifique stratégique économique : un accord de libre-échange en pleine négociation

novembre
2011
Élections en Nouvelle-Zélande: le Parti national réélu confortablement

septembre
2011
Encore un séisme en Nouvelle-Zélande

décembre
2008
« Un nouveau venu » est élu premier ministre de la Nouvelle-Zélande

octobre
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Nouvelle-Zélande: un troisième mandat pour les travaillistes

septembre
2005
Élections en Nouvelle-Zélande : l'attente se prolonge


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