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mars 2019

Passage du cyclone tropical Idai sur le Mozambique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le Mozambique est dévasté en mars 2019 par le passage du cyclone Idai. Les vents et la montée rapide des eaux provoquent une catastrophe naturelle aux conséquences sans précédent dans ce pays, faisant plus de 600 morts et forçant le déplacement de millions d’habitants.

Le Mozambique, un pays du sud-ouest de l’Afrique, est frappé en mars 2019 par Idai, une dépression qui atteint le statut de cyclone tropical intense. Des vents évalués à plus de 200 km/h et des pluies diluviennes provoquent une dévastation jamais vue dans ce pays comptant près de 30 millions d’habitants. Les infrastructures sont endommagées, des milliers de maisons détruites et des centaines de milliers d’acres de terrain dévastés. Un cas extrême est celui de Beira, une ville portuaire d’environ 500 000 habitants située dans l’extrême sud du pays. Selon des témoins, celle-ci aurait été détruite à 90 %. Pour échapper à la montée des eaux, des milliers de Mozambicains montent sur des bâtiments ou trouvent refuge dans les arbres. Plus de 600 d’entre eux perdent cependant la vie, alors que des millions doivent se déplacer. En plus des noyades, les causes des décès sont multiples, notamment la contamination des eaux qui entraîne des cas de choléra ou de malaria. Malgré les problèmes causés par la destruction d’infrastructures, l’aide du pays ainsi que des secours de la communauté internationale sont finalement acheminés à la population. Les dommages restent importants : selon des estimations, ils se chiffreraient à plus d’un milliard de dollars américains. Le Mozambique a encaissé le gros du cyclone Idai, mais d’autres pays de la région subissent également ses humeurs, dont le Zimbabwe, où l’on compte plus de 300 morts, le Malawi et Madagascar. La situation est à ce point grave que le Programme alimentaire mondial des Nations unies considère qu’il s’agit d’une urgence de grade 3, soit la cote la plus élevée. Idai se dissipe autour du 21 mars. Les Mozambicains ne sont toutefois pas au bout de leurs peines, puisque Kenneth, le cyclone tropical le plus puissant à avoir jamais atteint leur pays, sévit entre le 21 et le 29 avril. Il fait une quarantaine de morts.

Dans les médias...


Adrien Barbier, « On croirait bien que le Mozambique est maudit »

«...Jusque-là, les inondations de l'année 2000 servaient de référence : elles ont fait 800 morts, coûté 6 points de croissance au Mozambique et le pays a mis des années à s'en remettre. Mais si Idai a été aussi destructeur, c'est qu'il a bénéficié d'une conjonction de circonstances. L'oeil du cyclone n'est passé qu'à quelques kilomètres du centre-ville de Beira, et de ses 50 000 habitants, et les précipitations qu'il a charriées sont tombées sur un sol déjà imbibé, causant inévitablement le débordement des rivières. Au sud-ouest de Beira, c'est un océan de la taille du Luxembourg qui est apparu. Au milieu, le district et la ville de Buzi, qui comptaient 170 000 habitants au dernier recensement, ont été entièrement submergés, parfois sous 11 mètres d'eau. Les récits de survivants sont glaçants. « L'eau est arrivée d'un coup, en pleine nuit, alors qu'on dormait », explique Joao Zacaria, un père de quatre enfants. « On s'est d'abord réfugiés dans un arbre, puis quelqu'un est venu nous chercher en barque et on a pu monter sur le toit de l'usine, où on est restés tout ce temps-là. » Après avoir évité les serpents, les rescapés se sont tassés par centaines sur les toits des bâtiments les plus élevés, sans manger, plusieurs jours durant. »

Le Monde (France), 26 mars 2019, p. 6.

S.A., « La succession de cyclones au Mozambique « sans précédent »»

«...Kenneth est survenu un mois à peine après le passage meurtrier du cyclone Idai plus au sud, ainsi qu'au Malawi et au Zimbabwe, qui a fait plus de 1 000 morts. « Il n'y a aucun souvenir de deux tempêtes d'une telle intensité frappant le Mozambique au cours d'une même saison », a ajouté l'agence, qui qualifie Kenneth de « cyclone tropical sans précédent ». L'OMM (Organisation météorologique mondiale) a annoncé qu'une mission d'enquête actuellement au Mozambique allait également étudier « l'impact du changement climatique et de l'élévation du niveau de la mer » sur la vulnérabilité du pays face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le changement climatique a rendu les cyclones plus dévastateurs, car l'augmentation du niveau des mers a renforcé la puissance des tempêtes, a expliqué à l'AFP la porte-parole de l'OMM, Clare Nullis. Selon l'agence, la saison actuelle des cyclones dans le sud-ouest de l'océan Indien « a été exceptionnellement intense », avec quinze tempêtes et neuf « cyclones puissants », comme lors du précédent record de la saison 1993-1994. »

Le Point (France), 26 avril 2019.

Pietro Del Re, « Le Mozambique détruit par un cyclone : une apocalypse »

«...Il y a seulement quelques jours, Graça Machel, veuve de Nelson Mandela ainsi que du premier président du Mozambique indépendant, Samora Machel, était en visite sur place et a déclaré que Beira entrerait dans l’histoire comme la première ville à avoir été entièrement détruite par le changement climatique. Il y a là une part de vérité car, d’après les scientifiques, c’est le récent réchauffement de l’océan Indien qui a fait d’Idai, qui n’était à l’origine qu’une banale tempête tropicale, un cyclone aussi meurtrier et dévastateur. Cette catastrophe rend également le changement climatique profondément injuste, le Mozambique ne générant que 0,14 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, son électricité provenant essentiellement d’énergies renouvelables et 70 % de ses habitants vivant d’une agriculture de subsistance n’utilisant ni engrais chimiques ni pesticides. Quoi qu’il en soit, la catastrophe de Beira était une apocalypse annoncée. Deux jours avant que le cyclone ne s’abatte sur la ville, les mégaphones de la protection civile locale avaient déjà averti la population du danger en approche. Mais la majorité des habitants n’avaient pas d’endroit où se réfugier et se sont donc barricadés chez eux. »

Le Soir (Belgique), 13 avril 2019, p. 49.

André Catueira, Adrian Blomfield, Peta Thornycroft, « Time runs out for « tree people » as death toll rises »,

«...The cyclone dumped 2ft of water on to the plains of Mozambique, causing rivers to burst their banks. When the first torrents came flooding through their villages, often with little warning beyond the roar of the water, those who managed to scramble to safety must have seen the trees as their salvation. Three days later, the branches had been transformed from places of refuge into dangerous prisons. Snakes slithered along them, crocodiles lurked in the waters below, but the greatest enemy was weakness from lack of food and exhaustion. Sleep was the biggest danger: succumbing meant slipping into the rapids, the peril accentuated by the fact that few could swim. To the south of Beira, there was no prospect of escape. Where there had been dry land just a week ago stood the world's 45th largest lake, a 1,200sq mile stretch of water the size of Gloucestershire. Rescue workers did what they could. Antonio Bemba, an official helping to coordinate search missions, said they had managed to pull 634 people out of trees. But often the rescuers had come too late. "Many children have died as they fell from trees or other high places and adults fell because they were asleep and could not hold on any longer," he said. "Others fell because of hunger as they had been cut off for three days." »

The Telegraph (Royaume-Uni), 22 mars 2019, p. 12.

Gouvernance et gouvernement [ 0 mars 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mozambique
LimitéFilipe NyusiCarlos Agostinho do Rosário

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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