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30 avril 2019

Abdication de l’empereur du Japon, Akihito

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Plus de 30 ans après le début de l’ère Heisei (accomplissement de la paix), l’empereur du Japon, Akihito, abdique le 30 avril 2019, marquant le début de l’ère Reiwa (belle harmonie) et celui du règne de son fils, Naruhito. C’est la première fois depuis 1817 qu’un empereur renonce au trône du Chrysanthème.

Akihito avait succédé à son père, Hirohito, décédé le 7 janvier 1989. Comme ce fut le cas pour ce dernier, l’empereur du Japon, héritier de la monarchie héréditaire ayant la plus longue tradition, n’est qu’une figure symbolique. Akihito est tout de même un personnage populaire. Proche du peuple, celui-ci a marié une « roturière » avec qui il a élevé ses trois enfants, ce qui n’était pas coutume pour un empereur. Au cours de son règne, il exprime également des regrets à la Corée du Sud, pour des actes commis par les Japonais lors de la Seconde Guerre mondiale, et fait preuve de compassion publique à l’endroit des victimes du tremblement de terre de Fukishima, en 2011. Pendant l’ère Heisei, le Japon fait également face à des défis de taille avec un ralentissement marqué de l’économie. le vieillissement de la population et les inquiétudes devant le programme nucléaire de la Corée du Nord. Opéré pour un cancer de la prostate en 2003, Akihito éprouve aussi des problèmes cardiaques. Le 1er décembre 2017, il annonce qu’il renoncera à son trône. Son fils Nahurito, 59 ans, lui succède officiellement le 30 avril 2019. La cérémonie est présentée en direct à la télévision. Pour souligner cet événement, deux congés sont ajoutés à la « semaine d’or », une longue séquence de congés fériés au Japon. Le nouvel empereur, qui a fait des études en Occident, est passionné par la conservation de l’eau. Il s’engage à être, comme son père, un symbole de « l’État et de l’unité du peuple japonais ». Il a marié une diplomate, Masako Owada, en 1993, et a une fille, Aiko, ou princesse Toshi. Le fait qu’il n’ait pas de garçon a cependant suscité une vive controverse. On considérait même à un moment donné la possibilité d’adopter le principe de « primogéniture absolue », permettant à l’aîné, indépendamment de son sexe, d’accéder au trône. La naissance d’un neveu de Nahurito, Hisahito d’Akishinoi, le 6 septembre 2006, met toutefois fin temporairement à ce débat.

Dans les médias...


Philippe Esnard, « Naruhito, un futur empereur du Japon ouvert au monde »

«...Le passé du couple pourrait l'inciter à « utiliser des éléments tels que les réseaux sociaux pour faire passer certains messages », juge la psychiatre Rika Kayama, auteure d'un livre sur les femmes de la maison impériale. De quoi faire avancer, par exemple, le débat sur la possibilité de voir une femme monter sur le trône. La famille impériale compte aujourd'hui 18 membres dont 13 femmes. Six d'entre elles sont en âge de se marier mais en cas d'union, la loi de 1947 sur la famille impériale les oblige à en sortir. [...] Jusqu'à présent, le débat sur la succession féminine s'est heurté aux résistances des forces conservatrices incarnées par le très nationaliste Shinzo Abe. Au Japon, la primogéniture mâle s'est imposée pendant l'ère Meiji (1868-1912). Ce principe a été confirmé dans la loi de 1947. Or selon un sondage du quotidien Yomiuri de novembre 2018, près des deux tiers des Japonais étaient favorables à une femme sur le trône. « Si vous considérez le système héréditaire, une femme est aussi de sang impérial », rappelle Yuji Otabe, historien de l'Université de Shizuoka. Parmi les 125 souverains de l'archipel, huit étaient des femmes. La dernière, Go-Sakuramachi (1740-1813), a régné de 1762 à 1770. »

Le Temps (Suisse), 29 avril 2019, p. 5.

Régis Arnaud, « Avec Naruhito, l’Empire nippon à l’orée d’une nouvelle ère »

«...Naruhito perpétuera vraisemblablement la position « à hauteur d'homme » où son père a installé l'institution impériale. Il a promis de lui donner une envergure internationale, rappelant que son épouse et lui-même ont étudié à l'étranger. « On ne sait pas encore à quoi ressemblera son règne. Il lui faudra trois ou quatre ans pour asseoir son style » , spécule Makoto Inoue. L'institution impériale n'a jamais autant fait l'unanimité. Elles se sont tues, les voix qui souhaitaient qu'elle disparaisse pour permettre au Japon d'achever sa mue démocratique de l'après-guerre. Même le Parti communiste, dernière formation politique de premier plan qui réclamait l'abdication de l'empereur, s'est fait une raison. Pourquoi ? Empereur « anti-impérialiste » , aux idées plutôt libérales, Akihito a réussi à réconcilier tous les camps en distinguant la fonction de la personne. La droite du pays respecte viscéralement la première, regrettant, à l'instar de l'actuel premier ministre, Shinzo Abe, le Japon « impérial » qui eut à ses yeux pour seul tort de perdre la guerre - et non celui de la déclarer. Elle célèbre le symbole d'unité qu'incarne l'empereur, la tradition immémoriale, le temps cyclique dans lequel persiste la nation. La gauche, elle, respecte l'homme, bouclier des pacifistes, attaché à la Constitution démocratique de l'après-guerre qui assura à son peuple paix et prospérité après un terrible conflit. »

Le Figaro (France), 29 avril 2019, p. 20.

Manon Louvet, « Le Japon entre dans une nouvelle ère »

«...Pour la grande majorité des Japonais, les années de l'ère Heisei sont des années perdues pour le Japon. Ça symbolise l'instabilité, le séisme de Kobe en 1995 et celui qui a détruit Fukushima en 2011. La grande croissance s'est estompée dans les années 90, et on est en déclin depuis », explique Toru Yoshida, professeur de science politique à l'Université d'Hokkaido et spécialiste de l'économie politique japonaise. Avec l'ère Reiwa qui débutera demain avec l'arrivée du nouvel empereur, il y a une volonté de donner un nouveau souffle à ce pays de quelque 126 millions de personnes. [...] Aujourd'hui, l'ère Reiwa promet une époque harmonieuse et porteuse d'espoir. Les deux idéogrammes de cette dernière signifient « agréable » ou « ordre », et « harmonie » ou « paix » : « Le printemps vient après l'hiver sévère, ce nom veut marquer le début d'une période qui déborde d'espoir », a récemment déclaré le premier ministre japonais Shinzo Abe. C'est le gouvernement qui est chargé de choisir le nouveau nom de chaque ère. Reiwa est tiré d'un court poème japonais « waka », faisant référence à la nature. L'appellation de cette ère est le fruit d'une réflexion de plusieurs mois entre experts, personnalités d'origines diverses et dirigeants politiques japonais. »

La Presse (Québec, Canada), 30 avril 2019.

K.V. Kesavan, « Japan on the Threshold Of A New Era »

«...The transition from the Heisei to the new Reiwa era is a significant landmark in the Japanese post-war history and politics. The abdicating Emperor Akihito has left an indelible mark on the Japanese society, and his legacy has set a new benchmark for his successor. Unlike Naruhito, Akihito had vivid memories of the sufferings that Japan and its citizens underwent during the Second World War. Having been born in 1934, he was a bridge between the pre-war and post war periods of Japan. During the war, he had to take shelter outside Tokyo and when he returned to Tokyo at the end of the War, he found the city in utter ruins. Though he was only eleven years old at the time of Japan’s unconditional surrender in 1945, he could understand the deep trauma that gripped the nation. [...] Emperor Akihito is leaving behind a very important legacy for his successor, Naruhito. He was born in 1960 and as such he has no direct experiences of the war years. On the contrary, he grew up in the atmosphere of post-war economic prosperity and had his education in England. Recently, on the occasion of his 59th birthday, he expressed his determination to continue the legacy of his parents and stressed, “I would like to pursue what is required of the Imperial family in accordance with the changing times.” »

Eurasia Review (États-Unis), 28 avril 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 30 avril 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Japon
ÉlevéAkihito (Tsugu-no-miya)Shinzo Abe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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décembre
2014
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