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9 avril 2019

Élections législatives en Israël

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Benyamin Netanyahou

L’apparition de la coalition électorale centriste Bleu et Blanc constitue une opposition sérieuse au Likoud du premier ministre Benyamin Netanyahou à l’approche des législatives du 9 avril 2019. Comme Bleu et Blanc, le Likoud obtient toutefois 35 sièges, ce qui, avec l’aide d’autres formations, lui permettra de conserver le pouvoir.

À la tête du gouvernement israélien depuis environ 13 ans (1996-1999, 2009-2019), Netanyahou voit la coalition qu’il dirige menacée par différents dossiers épineux en 2018 et 2019. C’est le cas d’un projet de loi relatif au service militaire d’étudiants ultra-orthodoxes ainsi que d’un cessez-le-feu dans Gaza avec le Hamas, conclu au début de 2019. Des élections prévues pour novembre 2019 sont avancées au 9 avril. La principale menace au Likoud vient de la coalition Bleu et Blanc. Formée en février 2019, cette alliance de partis centristes est dirigée par un ex-commandant en chef des Forces de défense d’Israël, Benny Gantz. Celui-ci s’engage à corriger des aspects discriminatoires de la Loi de l’État-Nation envers les non-Juifs, à investir en éducation et en santé ainsi qu’à reprendre des négociations avec les Palestiniens sans remettre en question le statu d’Israël comme capitale. De son côté, Netanyahou mise sur les performances économiques du pays, son bilan en matière de sécurité et promet d’annexer les colonies de peuplement en Cisjordanie occupée. Le Likoud et Bleu et Blanc sont nez à nez dans les sondages. Le 9 avril, les résultats sont à ce point serrés que Gantz proclame prématurément sa victoire. Finalement, le Likoud récolte 35 sièges sur 120, comme Bleu et Blanc, mais est en meilleur position pour gouverner grâce à l’appui de partis de droite et d’extrême droite. À gauche, les travaillistes, jadis un parti de pouvoir, continuent de chuter avec 4,5 % des voix et 6 sièges, alors que le vote arabe est divisé entre plusieurs partis. Le président Reuven Rivlin demande à Netanyahou, qui est assermenté le 30 avril, de former le gouvernement. Le mandat de ce dernier s’annonce mouvementé, puisque depuis février 2019 il est mis en cause par le procureur général pour corruption, fraude et abus de confiance.

Dans les médias...


Aline Jaccottet, « Netanyahou, le pouvoir à tout prix »

«...Comment expliquer que le Likoud ait obtenu son meilleur score depuis 2003 alors qu'il affrontait un parti dirigé par plusieurs militaires de haut rang face à un Netanyahou empêtré dans les affaires judiciaires? On pourrait évoquer la combativité du septuagénaire durant la campagne. Attaques personnelles, omniprésence sur les réseaux sociaux, annonces-choc, déplacements insolites - mardi en fin d'après-midi, il engueulait les baigneurs sur la plage de Netanya: « Sortez de l'eau et votez Likoud! » -, l'homme s'est démené. On pourrait aussi évoquer les coups de pouce à l'international. [...] En réalité, s'il a triomphé, c'est parce que Netanyahou est en profonde adéquation avec une société israélienne toujours plus religieuse et à droite. Ces derniers mois, il a oeuvré à la loi sur l'État-nation qui favorise clairement la judéité de l'État au détriment de sa dimension démocratique, renforcé les ultra-orthodoxes et a voulu s'allier au parti extrémiste Force juive pour l'emporter. Dans cette configuration, la Cisjordanie est un champ de bataille électorale déterminant. Netanyahou sait combien la « Judée-Samarie » est chère aux religieux sionistes, lui qui n'a cessé d'en accélérer la colonisation ces dernières années. »

Le Temps (Suisse), 11 avril 2019, p. 7.

Yves Bourdillon, « Israël, à droite toute »

«...Le scrutin faisait figure de référendum sur la personnalité et le bilan du Premier ministre, dans la mesure où son programme diffère peu de celui de Benny Gantz sur des questions telles que l'Iran, les relations avec les Palestiniens ou l'économie. Benjamin Netanyahu, âgé de 69 ans, battra dans trois mois le record de longévité de treize ans à la tête de l'exécutif du pays, établi par Ben Gourion. Mais il est toujours sous la menace de poursuites judiciaires pour cause de corruption. Michael Koplow, analyste à Israel Policy forum, estime que la campagne électorale avait été étrangement dénuée de débats car Bibi Netanyahu « avait décidé dès le début d'en faire une affaire de griefs personnels » et prétendait « qu'il était confronté à des institutions gauchisantes, la justice ou les médias, acharnés à sa perte », tandis que Benny Gantz voulait simplement convaincre que « remplacer Netanyahu suffirait pour résoudre les problèmes du pays », les deux blocs ayant « en fait décidé que le mieux était de se battre sur l'avenir d'un homme que sur des questions de politiques » . »

Les Échos (France), 10 avril 2019.

Thomas Cantaloube, « À la fin, c’est Netanyahou qui gagne »

«...Cette translation complète de la société israélienne vers la droite explique en grande partie le succès renouvelé de Benjamin Netanyahou. Mais il y a tout aussi inquiétant : une forme d'anesthésie de l'électorat face à des manipulations et des comportements antidémocratiques. Il ne s'agit pas seulement des affaires judiciaires dans lesquelles le premier ministre est impliqué (mises en examen programmées pour fraude, corruption et abus de confiance), ni de ses conflits d'intérêts financiers, qui n'ont apparemment pas ému beaucoup d'Israéliens, mais aussi de ses pratiques de campagne. Son adversaire Benny Gantz a été accusé ces dernières semaines d'instabilité mentale, d'être un prédateur sexuel, de s'être fait pirater son téléphone portable par les Iraniens, ou d'avoir assisté à l'enterrement d'un terroriste du Hamas. Toutes ces rumeurs lancées par des « sources anonymes » ont été reprises à l'envi par les médias, sans qu'aucun élément de preuve ne soit jamais avancé. Et sans que cela ne suscite beaucoup d'émotion ni de réprobation. Quant au jour du scrutin, le Likoud a envoyé plus de mille militants avec des caméras (mal) cachées dans les bureaux de vote fréquentés en majorité par les Palestiniens d'Israël afin de les intimider et de les décourager. Toutes ces atteintes au processus démocratique ont apparemment été acceptées sans sourciller par le plus grand nombre. »

Mediapart (France), 10 avril 2019.

Guy Taillefer, « Israël : Bibi, plus toxique que jamais »

«...L'alternance n'aura donc pas lieu, même si l'opposition réunie autour de l'alliance Bleu et blanc de l'ancien chef d'état-major Benny Gantz a fait élire le même nombre de députés que le Likoud (35). Performance tout de même remarquable pour ce parti nouvellement créé. Et signe qu'après tout, " Bibi " est peu apprécié par une grande partie de l'électorat. Mince consolation. Ces élections confirment surtout le glissement à droite de l'ensemble de l'offre électorale, sur fond de grande fatigue des électeurs à l'égard du conflit israélo-palestinien, ce qui est d'autant plus déprimant du fait qu'il s'agit de l'une des campagnes les plus sales que le pays ait connu, les réseaux sociaux aidant. Il se trouve en fait que, présentant le Bleu et blanc comme le parti de la " droite modérée ", le général Gantz a mis en avant son passé militaire à défaut de savoir se définir avec plus de clarté sur le plan politique, refusant de s'engager à l'égard de la solution à deux États et se rangeant pour l'essentiel aux positions de la droite dure, nommément au sujet de Jérusalem comme " capitale unie et indivisible " d'Israël. Pendant qu'à gauche, les forces paraissent aujourd'hui moribondes, le glissement se traduisant par l'effacement du Parti travailliste, hier si influent, réduit avec ces élections à 6 députés et à moins de 5 % du vote. »

Le Devoir (Québec, Canada), 11 avril 2019, p. A6.

Raf Sanchez, « The Great Survivor : How Benjamin Netanyahu clung on to power in Israel again »

«...People can argue whether Mr Netanyahu’s success is a cause or a symptom of this move to the Right. But it’s clear that in Israel’s current political environment, the wind was at his back. [...] Mr Netanyahu’s chief opponent, Benny Gantz, seemed like an ideal candidate. He was a former general with vast military experience, the same pedigree as the last two prime ministers from the Centre-Left, Ehud Barak and Yitzhak Rabin. But Mr Gantz also had serious deficits. He had no experience in government or politics and his only position outside the military was at a technology start-up which failed miserably. The ex-general often looked awkward on the campaign trail and could not match the prime minister’s political dexterity. His campaign had few policy specifics and its main message seemed to be its opposition to Mr Netanyahu, rather than real proposals of its own. Some voters, even those sick of Mr Netanyahu, decided that Mr Gantz was simply too inexperienced and untested to go straight into the prime minister’s office. »

The Telegraph (Royaume-Uni), 10 avril 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 9 avril 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireReuven RivlinBenyamin Netanyahou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2015
Élections législatives en Israël

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2015
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