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14 avril 2019

Élections législatives en Finlande

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Les législatives en Finlande sont marquées par une forte division du vote, aucune formation ne réussissant à atteindre 20 % des voix. Le Parti social-démocrate (PSD) devance les Vrais Finlandais (VF) avec 40 sièges contre 39 sur les 200 du Parlement, mais pour gouverner il devra compter sur l’appui d’autres partis de gauche.

Le vote est très divisé en Finlande, comme en 2015 alors que quatre partis obtiennent entre 16,5 % et 21,1 % des voix. La donne politique change toutefois au cours des années qui suivent. L’austérité budgétaire, prônée par le gouvernement de coalition que dirige Juha Sipilä du Parti du Centre (PCE), plombe celui-ci dans les sondages. Le PSD, qui veut davantage d’intervention de l’État, quitte à hausser les taxes, prend la tête. Pour sa part, le parti VF, nationaliste, eurosceptique et opposé à l’immigration, est victime d’une scission à la suite de l’élection en 2017 d’un nouveau chef au discours plus radical : Jussi Hallo-alo. Des dissidents plus modérés, dont l’ex-leader Timo Soini qui participe au gouvernement, créent en décembre 2017 une nouvelle formation : Réforme bleue (RB). En décembre 2018, des crimes sexuels causés par des immigrants à Oulu, une ville du nord, sur des Finlandaises d’âge mineur, contribuent toutefois à relancer le parti VF. Impuissant à faire passer une réforme majeure du système de santé, le premier ministre Sipilä démissionne le 8 mars 2019. Il demeure toutefois à la tête du gouvernement pendant la transition précédant les élections du 14 avril. Quatre partis se font alors une chaude lutte : PSD (40 sièges, 17,7 % des voix), VF (39, 17,5 %), Parti de la Coalition nationale (38, 17 %) et le PCE (31, 13,8 %). Les résultats à la hausse de la Ligne verte (20, 11,5 %) et de l’Alliance de gauche (16, 8,2 %) témoignent aussi de la profonde dispersion des votes. C’est le pire résultat en un siècle pour le PCE, incitant Sipilä à annoncer qu’il quittera la direction du PCE. Antti Rinne du PSD, un ex-leader syndical, sera appelé à former un gouvernement, vraisemblablement en s’appuyant sur une coalition de centre gauche puisqu’il faut 101 sièges pour avoir la majorité au Parlement (Eduskunta). Ces partis s’affichent toutefois en défaveur d’une participation des VF au gouvernement.

Dans les médias...


Jean-Baptiste François, « Les Finlandais votent, inquiets pour leur modèle social »

«...La liste du premier ministre Juha Sipilä, ingénieur millionnaire ayant fait fortune dans le secteur des technologies, avait remporté 21 % des voix il y a quatre ans. Arrivé en première position, le candidat du Parti du centre s'était allié aux conservateurs et au parti anti-migrants des « Vrai Finlandais » - dont la frange la plus radicale a depuis fait scission pour créer « Avenir bleu ». Sous le slogan « Remettre la Finlande en marche », leur programme commun visait des réductions de la dépense publique pour financer une baisse des charges patronales. Mais, le 8 mars dernier, le chef de l'exécutif a préféré démissionner face à l'impossibilité de privatiser le système de santé et de prise en charge du grand âge. « Les réformes sont sans doute allées trop vite trop fort, mais pour sauver notre modèle social, il n'y a que deux leviers : augmenter les impôts, ou réduire la dépense publique », résume Ohto Kanninen, de l'Institut du travail pour la recherche économique, à Helsinki. Toujours est-il que la cure budgétaire, décidée en 2015 au moment où le chômage a atteint jusqu'à 9 %, paraît moins indispensable alors que la part des demandeurs d'emploi est récemment passée sous les 6,5 %. »

La Croix (France), 12 avril 2019.

Henri Vogt, propos recueillis dans l’article « Élections en Finlande : « la formation de la coalition sera difficile » »

«...Je pense que c'est un vote contre le gouvernement sortant. Il y a eu beaucoup de critiques contre ce dernier parce qu'il a essayé de renouveler le système social. Les conservateurs ont en effet voulu faciliter la privatisation du service social. C'était une grande réforme et le Premier ministre a finalement décidé qu'elle ne fonctionnait pas, notamment d'un point de vue constitutionnel. Mais les électeurs ont eu l'impression que le gouvernement voulait soutenir les financiers, ce qui a rapporté beaucoup de voix aux partis de gauche. Les Verts sont notamment les grands gagnants de ces élections (+3 %), le thème du climat ayant été au centre des discussions durant les campagnes. [...] Vrais Finlandais a gagné de nombreuses voix pour plusieurs raisons. Il était le seul parti à s'opposer au consensus sur le climat. Il se présentait comme une alternative. Il est contre l'immigration et notamment islamique, mais n'est pas d'extrême-droite. Les électeurs de ce parti sont des conservateurs non libéraux. C'est un paradoxe qu'ils aient obtenu autant de voix, mais cela veut peut-être dire que le parti est un peu plus modéré maintenant. »

Libération (France), 16 avril 2019.

Frédéric Faux, « L’extrême droite ternit le succès social-démocrate »

«...Les sociaux-démocrates ont promis de tourner la page, de mettre fin à l’austérité. Mais avec qui mener cette politique ? C’est tout l’enjeu des tractations qui vont commencer et pour lesquelles l’ancien syndicaliste Antti Rinne devra montrer toutes ses qualités de négociateur. L’appui des alliés naturels que sont les Verts et la gauche plus radicale, qui ont fait un bon score, ne suffira pas. Car pour la politologue Sini Korpinen, les temps ont définitivement changé : « L’époque où les trois grands partis alternaient entre gouvernement et opposition est finie, constate-t-elle. Cette fois les négociations vont être très difficiles, tout peut arriver. » Antti Rinne, qui veut former un gouvernement « avant fin mai », n’a d’ailleurs pas écarté la possibilité d’une collaboration avec les Vrais Finlandais. L’issue de ces négociations sera en tout cas suivie de près et pas seulement en Finlande car c’est ce pays, à partir du 1er juillet prochain, qui assumera la présidence tournante de l’Union européenne. »

Le Soir (Belgique), 16 avril 2019, p. 12.

Richard Milne, « Finland’s populist rebound with anti-green agenda »

«...The comeback of the party [Vrais Finlandais] poses a dilemma for other parties — should they follow neighbouring Sweden and lock them out of government, or invite them in even if it has been a painful four years? Risto Penttila, a prominent businessman and candidate for the ruling centre-right National Coalition party, said that Finland had a "proud tradition of co-opting difficult parties" such as the Communists during the cold war. Ms Berner said there had been a hope that having the Finns in government would teach them "what it means to carry the responsibility of government ... Now comes the question: is it impossible to work with the Finns?" Mr Puisto urged the other parties to at least invite them into the opening round of negotiations for government formation, which is expected to last beyond May's EU elections. "The concern is real that they might treat us as outcasts. People don't like that: that their vote isn't heard." Mr Haavisto of the Greens agreed, saying: "I'm against this categorising that some are good and some are bad, some we talk to and some we don't." Still, forming a coalition could take four or five parties, leading to difficult negotiations on the left and right. »

Financial Times (Royaume-Uni), 13 avril 2019, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 14 avril 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Finlande
ÉlevéSauli NiinistöJuha Sipilä

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



avril
2011
Tenue d’élections législatives en Finlande

avril
2011
[Résultats] Élections législatives

janvier
2012
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2015
[Résultats] Élections législatives


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