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18 mai 2019

Élections législatives en Australie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Après avoir tiré de l’arrière dans les sondages, la Coalition libérale-nationale (CLN), réunissant des partis de centre droit, surprend en remportant les élections générales tenues en Australie le 18 mai 2019. Le premier ministre sortant, Scott Morrison, qualifie de « miracle » cette victoire qui lui permettra de gouverner avec une majorité.

Lors des élections de 2016, la CLN avait remporté une courte victoire contre l’opposition travailliste. Le mandat s’avère difficile pour le premier ministre Malcolm Turnbull. En plus de tirer de l’arrière dans les sondages, il est contesté ouvertement au sein du Parti libéral (PL), une des formations composant la CLN avec le Parti national australien, le Parti national du Queensland et le Parti libéral Country. D’abord perçu comme un candidat de compromis, c’est Scott Morrison qui lui succède comme chef du PL et comme premier ministre le 24 août 2018. Des défections placent toutefois le gouvernement en situation minoritaire. L’opposition travailliste, dirigée par l’ex-syndicaliste Bill Shorten, promet d’éliminer des échappatoires fiscales profitant aux mieux nantis et de lutter plus activement contre les changements climatiques. L’importance de l’enjeu environnemental semble contribuer à l’élan des travaillistes qui sont nettement favoris pour remporter les législatives du 18 mai 2019. Le premier ministre Morrison s’engage lui aussi à atteindre les cibles environnementales, tout en mettant l’accent sur une importante réduction du fardeau fiscal. Les travaillistes arrivent en tête des partis avec 33,9 % des voix et 68 sièges sur les 151 que compte la Chambre des représentants. Cependant, la CLN fait mieux que l’opposition. Les partis qui la constituent récoltent 41,4 % des voix et 77 sièges, l’assurant d’une majorité. Morrison affiche son étonnement en parlant de « miracle », tandis que Shorten, qui avait également subi la défaite en 2016, annonce qu’il quittera son poste lorsqu’un successeur lui sera trouvé. Selon les analystes, l’État du Queensland, où la CLN avait une entente stratégique avec des partis de droite moins influents, aurait joué un grand rôle dans cette victoire. La CLN a également connu plus de succès en milieu rural, alors que les travaillistes ont mieux fait dans les grandes villes.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Ilona Métais, « Le climat enflamme les élections australiennes »

«...Dans les sujets ardents de cette campagne haute en couleurs, on compte la relance de l’économie, la baisse du taux de chômage, mais surtout les mesures promises sur le réchauffement climatique. Cette année en Australie, le climat estival avait une allure particulièrement apocalyptique. Un million de poissons se sont échoués dans le Darling, la troisième plus longue rivière du continent océanique, qui est en train de s’assécher. Des incendies spectaculaires ont ravagé l’île australe de Tasmanie à cause de la sécheresse et des pluies diluviennes ont noyé un demi-million de têtes de bétail dans le Queensland, au nord-est. […] Mais la question de la transition climatique reste délicate. L’Australie est le plus grand exportateur de charbon du monde et son économie est largement basée sur cette source d’énergie extrêmement polluante. Le lobby minier retient les candidats des deux principaux partis de faire des promesses prométhéennes sur le climat. Le premier ministre sortant Scott Morrison a affirmé que l’Australie respecterait les engagements pris avec l’accord de Paris sur le climat, mais «pas s’ils mettent en péril l’avenir économique de nos enfants». De son côté, le leader des travaillistes, Bill Shorten, s’est engagé à substituer 50% des énergies basées sur le charbon par des énergies renouvelables à l’horizon de 2030. Mais le candidat de centre gauche n’ose pas avancer une sortie totale du charbon par peur de froisser les syndicats qui le soutiennent. »

Le Figaro (France), 18 mai 2019.

Grégory Plesse, « Australie : pourquoi les travaillistes ont perdu une élection « imperdable »»

«...Les instituts de sondage, une fois encore, s’étaient trompés. En fait, pas totalement. Les enquêtes de Newspoll, comme les autres, prédisaient avec constance une victoire des travaillistes. Mais ce sondage n’interroge pas seulement les Australiens sur leurs intentions de vote. Il leur demande aussi qui ferait un meilleur premier ministre. Et à cette question, c’est systématiquement Scott Morrison, qui n’est pourtant devenu premier ministre qu’en août 2018, qui se dégageait, au détriment du travailliste Bill Shorten. Ce dernier a par ailleurs fait campagne sur un programme axé sur l’environnement, impliquant des changements profonds du modèle économique australien, un discours bien perçu dans les grandes villes, mais qui est apparu comme une menace dans les zones rurales, et plus fortement encore dans des circonscriptions où l’activité minière est importante, en particulier dans le Queensland. « Morrison a lui travaillé son image de bon gestionnaire, capable de présenter un budget en excédent juste avant les élections, tout en proposant des baisses d’impôts. Puis il a ensuite mené une campagne anti-Shorten, assurant aux Australiens qu’il les conduirait à la ruine», détaille l’ancien conseiller politique français Natanael Bloch, qui vit désormais à Melbourne. Une stratégie assez basique, mais qui, contre toute attente, a fini par payer. » »

Le Temps (Suisse), 19 mai 2019.

Isabelle Delerba, « Australie : la gauche fait la course en tête »

«...Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2013, la coalition libérale-nationale n'a cessé de se déchirer. Qu'il s'agisse d'autoriser le mariage pour tous ou d'adopter une politique climatique, ses élus se sont livrés à une perpétuelle guerre de tranchées entre ultraconservateurs et progressistes, qui s'est traduite par de multiples blocages et par deux « putschs » internes au Parti libéral, provoquant la chute du premier ministre Tony Abbott, en septembre 2015, puis celle de son successeur, Malcolm Turnbull, en août 2018. Cette valse des chefs de gouvernement a été sanctionnée par les Australiens dès octobre 2018, lors d'une élection partielle à l'issue de laquelle la droite a perdu sa majorité parlementaire. C'est à Scott Morrison, propulsé à la tête de l'exécutif il y a moins de neuf mois, qu'incombe depuis la lourde tâche de rassembler ses troupes pour tenter d'inverser la tendance. Si ces dernières semaines, ce chrétien évangélique pratiquant a surpris par son dynamisme et sa proximité avec les électeurs, il souffre encore d'une image de père Fouettard héritée de son passage à la tête du ministère de l'immigration où il a mis en place, à partir de septembre 2013, une politique extrêmement dure à l'égard des clandestins retenus sur des îles reculées. Il défend également un programme électoral réduit à l'essentiel, car « les fractures sont telles au sein de sa formation qu'il a dû faire l'impasse sur de nombreux sujets trop clivants », estime Judith Brett, professeur de sciences politiques à l'université La Trobe. »

Le Monde (France), 17 mai 2019, p. 7.

Kate Lyons, « Australia’s ruling Coalition claims election victory in major upset »

«...In his victory speech, Morrison called his party’s election a “miracle” and said his team would work to deliver on the jingoistic promise for voters that Morrison has been making since he fired the starting gun on the electioncampaign five weeks ago. “They’re looking for a fair go and they’re having a go and they’re going to get a go from our government,” said Morrison. The Coalition offered few policy proposals throughout the campaign, save for tax cuts, instead attacking the cost of Labor’s broad suite of policy offerings, which included tax reforms and increased spending on health, education and the environment. Morrison also framed the election as a popularity contest between himself and the opposition leader, Bill Shorten, a former union leader who has had consistently poor personal approval ratings and has struggled with a public perception he is uncharismatic, uninspiring and unmemorable. “Clearly on climate action, amongst others, parts of our nation remain deeply divided,” Shorten said in his concession speech. “For the sake of the next generation, Australia must find a way forward on climate change.” »

The Observer (Royaume-Uni), 19 mai 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 18 mai 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Australie
ÉlevéPeter CosgroveScott Morrison

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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