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28 avril 2019

Élections législatives en Espagne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du premier ministre sortant, Pedro Sanchez, arrive en tête des élections législatives pour la première fois depuis mars 2008 avec 123 sièges sur 350. Ce scrutin est également marqué par l’effondrement du Parti populaire (PP) qui chute à 16,7 % des voix et 66 sièges, le pire résultat de son histoire.

La victoire facile du PP de Mariano Rajoy, en juin 2016, est suivie par un mandat tumultueux. Le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, tenu en juin 2017, précède un bras de bar mouvementé entre Madrid et Barcelone. Des histoires de corruption, dont l’affaire Gürtel, minent également la popularité du gouvernement du PP. Aussi, les élus de Ciudadanos, une formation de centre droit, lui retirent leur confiance en mai 2018. Rajoy annonce son départ de la politique, alors que le leader du PSOE, Pedro Sanchez forme un gouvernement composé d’une majorité de femmes, une première espagnole. Le rejet d’un projet de loi des finances par les parlementaires, en février 2019, provoque le déclenchement d’élections précipitées pour le 28 avril. Le PSOE obtient une victoire éclatante, récoltant 28,7 % des suffrages et 123 sièges sur 350, alors que le PP, maintenant dirigé par Pablo Casado, chute à 16,7 % des voix et 66 sièges, des planchers historiques. Ces pertes se font notamment au profit de Ciudadanos (57 sièges) et de Vox, un parti populiste de droite, favorable au libéralisme économique, au conservatisme social et à l’indivisibilité de l’Espagne. Après avoir fait belle figure aux élections en Andalousie, en décembre 2018, Vox poursuit sur sa lancée à sa première participation à des élections nationales avec 24 sièges. Elle formera un groupe parlementaire, une première en Espagne pour une formation considérée d’extrême droite par certains observateurs. Pour avoir une majorité et gouverner, Sanchez, 47 ans, devra obtenir le soutien de Ciudadanos, à droite, ou de Podemos, à gauche. Ce parti indépendantiste catalan, qui compte 42 élus, a cependant perdu 17 sièges par rapport à 2016. Malgré la victoire nette du PSOE, les observateurs s’interrogent sur la portée de la percée de Vox, particulièrement à l’approche des élections européennes prévues pour mai 2019.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


François Musseau, « Suffrages volages dans l'Espagne de Sanchez »

«...La dépopulation rurale est un des thèmes majeurs de ce scrutin. Le 31 mars, des milliers de personnes issues de 80 collectifs manifestaient à Madrid pour dénoncer la tendance : depuis 2011, 80 % des municipalités espagnoles perdent des habitants. La saignée est telle que le niveau d'abandon des campagnes s'approche de celui des années 50. «Sans ressources, ni horizon, un tiers des jeunes ruraux ont rejoint les villes en deux décennies», se désole Diego Ramiro Fariñas, chercheur du CSIC, le CNRS local. Deux jours plus tôt, le 29 mars, le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez avait (opportunément) lancé un plan de choc contre ce phénomène que rien ne semble arrêter. L' «Espagne vide» - selon la formule de l'écrivain Sergio del Molino - intéresse soudain : 99 des 350 sièges de la Chambre basse s'y jouent. Une chasse au vote qui, dans l'essentiel du pays, est surtout le terrain de jeu de la droite. C'est ce qui explique la foire d'empoigne entre les trois formations qui se battent pour le leadership de cette partie de l'échiquier : les conservateurs du Parti populaire, les libéraux de Ciudadanos et, nouveaux venus, les extrémistes de Vox. »

Libération (France), 27 avril 2019, p. 6.

Isabelle Piquer, « Débâcle historique des conservateurs face à la percée de Vox »

«...Si le résultat de 10 % n'est pas celui que ses responsables escomptaient (les sondages créditaient Vox d'environ 12 % des voix et d'une trentaine de députés), il s'agit d'une percée spectaculaire pour le parti d'extrême droite, qui entre pour la première fois au Parlement espagnol. Il y a six mois, la formation ultranationaliste fondée en 2013 n'existait pour ainsi dire pas. Lors des dernières législatives, en juin 2016, Vox n'avait recueilli que 46 700 voix (0,2 %). Dimanche, elle a convaincu plus de 2,6 millions de personnes. « La gauche sait que la fête est finie, a lancé le numéro deux du parti, Javier Ortega Smith. Nous ne faisons que commencer. » Son chef, Santiago Abascal, a annoncé le début de la « reconquête » de l'Espagne, un thème récurrent de tous ses meetings, déclarant : « Vox est venu pour rester. » Tout au long de la campagne, M. Abascal n'a épargné ni le Parti Populaire, « la petite droite lâche », ni les centristes de Ciudadanos, la « girouette orange » - couleur de la formation qui « obéit aux ordres que donne son maître, Macron, de son palais de l'Elysée . Dans moins d'un mois, les trois formations vont de nouveau s'affronter lors des élections municipales du 26 mai. Aucune ne semble envisager des alliances. »

Le Monde (France), 30 avril 2019, p. 2.

Éric Zemmour, « Vox ou la fin du « modèle » espagnol »

«...L'Espagne était la dernière à résister. Au nom de l'Europe, de l'humanisme, du traumatisme franquiste. La dernière à ne pas avoir de députés « d'extrême droite » ou « populiste » à l'Assemblée nationale. La dernière à « faire barrage ». La dernière à connaître une alternance d'ancien monde entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates. Même l'Allemagne avait cédé. Depuis les dernières élections législatives du dimanche 28 avril, l'Espagne ne pourra plus se vanter de son « exception ibérique ». Le parti Vox a réalisé une percée remarquable (gagnant 24 députés d'un coup) dans une bataille électorale où les places étaient chères et la participation forte (75 %).Les raisons d'une semblable percée sont d'une banalité confondante : d'abord et avant tout l'immigration et l'islam. Comme en Allemagne avec l'AfD, comme en Italie avec la Ligue. Comme en France avec le Front national. Il n'y a que les aveugles pour continuer à ne pas voir ce qu'ils voient et surtout dire ce qu'ils voient, selon la célèbre formule de Péguy. »

Le Figaro magazine (France), 3 mai 2019, p. 46.

Sam Jones, « Spanish election : socialists win amid far-right gains for Vox party »

«...The prime minister’s opponents accuse him of being weak and too beholden to the Catalan independence parties that supported his successful no-confidence motion. They argue he should take a far tougher line on the independence issue, which has dominated Spanish politics since the regional government’s secession attempt in autumn 2017. The territorial crisis has also fuelled the emergence of Vox, which until last year was a fringe party without the support to win seats in congress. That changed last December when it exceeded expectations, picking up 12 seats in the Andalucían regional election. [...] Vox’s uncompromising stance on Catalonia, which includes proposals to ban pro-independence parties, has helped it build momentum, as have its attacks on feminism and what it describes as political correctness.The party has succeeded in shaping the political agenda in recent months as the Spanish right continues to fragment. Both Casado and Rivera, the Citizen party’s leader, have steered their parties away from the centre in an attempt to stop voters deserting them for Abascal’s grouping. »

The Guardian (Royaume-Uni), 29 avril 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 28 avril 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
ÉlevéPhilippe VI (Felipe VI)Pedro Sánchez

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2014 - 2016



juin
2014
Annonce de l'abdication du roi d'Espagne, Juan Carlos 1er

novembre
2014
Tenue d'une consultation sur l'auto-détermination de la Catalogne

septembre
2015
Élections régionales au Parlement de Catalogne

décembre
2015
Tenue d'élections législatives en Espagne

décembre
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2019
Changement de cap : l'Espagne devient la destination privilégiée des migrants africains

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2019
Le procès des indépendantistes catalans vient mettre de l'huile sur le feu

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2017
Les socialistes espagnols se tournent vers Sánchez pour contrer la chute

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2016
Le parti Podemos est-il en mesure de briser la tendance vers la droite en Europe?

février
2016
Des élections sans gagnants en Espagne

septembre
2015
Espagne : relance réelle ou mirage économique ?

février
2015
Économie espagnole : une première en six ans

octobre
2014
La polémique de l'immigration clandestine en Espagne

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