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26 mai 2019

Élections au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Les élections européennes de mai 2019 sont marquées par la progression des partis de droite nationalistes et populistes ainsi que des formations écologistes, au détriment des partis traditionnels de centre droit et de centre gauche. Ce scrutin suscite d’ailleurs beaucoup d’intérêt, alors que 51 % des électeurs se rendent aux urnes, soit 8,4 % de plus qu’en 2014.

Plusieurs événements d’envergure surviennent pendant le terme du Parlement européen qui se termine : crise des migrants syriens, référendum victorieux des Britanniques voulant quitter l’Union européenne (Brexit), accord de Paris sur le climat, etc. Les partis de droite nationalistes, populistes et généralement défavorables à l’Union européenne ont également le vent en poupe, tant en Hongrie et en Autriche qu’en Italie où Matteo Salvini de La Ligue dirige le gouvernement. Plusieurs s’attendent à ce que ce vent de contestation souffle sur les élections européennes qui se déroulent du 23 au 26 mai 2019. De fait, malgré des gains pour l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, de centre droit, collectivement, les groupes plus centristes, tant de droite, comme le Parti populaire européen, que de gauche, comme l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, subissent des pertes importantes. Les groupes nationalistes et populistes continuent leur poussée, arrivant notamment en tête en Italie (La Ligue), en France (Rassemblement national) et au Royaume-Uni où le Parti du Brexit de Nigel Farage obtient 29 sièges sur 73. L’autre fait saillant du scrutin est la performance du Parti Vert européen/Alliance libre européenne qui récolte 69 sièges, avec 9,2 % des voix. En Grèce, le recul du parti de gauche Syriza du premier ministre Alexis Tsipras est tel que celui-ci décide de déclencher des élections. Les interprétations globales de ce vote varient. Tandis que certains mettent l’accent sur les succès des nationalistes et populistes, d’autres signalent que les partis souhaitant le maintien de l’UE conservent une forte majorité des sièges. D’autre part, ces élections ont suscité un vif intérêt, 51 % des électeurs y ayant pris part, ce qui interrompt une séquence à la baisse observée depuis le premier scrutin européen, en 1983. Un des premiers défis de ce nouveau Parlement sera de trouver un successeur à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

Dans les médias...


Bernard Gorce, Corinne Laurent, « La recomposition politique se confirme »

«...le premier ministre Édouard Philippe soulignait dans la soirée la principale leçon que la majorité veut retenir de ce scrutin: « La recomposition de la vie politique est une réalité durable et incontestable. Les anciens clivages ne sont plus; de nouveaux sont apparus. » [...] Marine Le Pen - qui avait appelé à faire de cette élection un référendum contre Emmanuel Macron et sa politique - peut se réjouir d'un « désaveu démocratique » pour le président. Mais après les longs mois de mobilisation des gilets jaunes, le RN aurait pu espérer une sanction plus sévère. Durant les semaines précédant le scrutin, la présidente du parti et la tête de liste, Jordan Bardella, avait appelé au vote utile, tentant de rallier tous les mécontents, des sympathisants de Nicolas Dupont-Aignan à ceux de Jean-Luc Mélenchon. Son score est pourtant comparable à celui de 2014 (24,8 %). Il n'y a donc pas eu d'envolée. Ces élections européennes installent cependant le RN comme principale force d'opposition dans le pays. Marine Le Pen parle, elle aussi, d'un nouveau clivage entre « mondialistes et nationalistes » et appelle Les Républicains à rallier son camp, comme l'ont fait en début de campagne Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud. »

La Croix (France), 27 mai 2019, p. 2-3.

Jacques Lévy, « Un pays qui s’émancipe »

«...il s'agit sans doute de la première élection d'une nouvelle ère. Depuis dix ans, l'Europe a tangué mais elle a tenu. La crise de 2008 a été une épreuve pour l'UE mais ses choix audacieux ont montré comment une politique monétaire unifiée et décomplexée, à l'abri d'une monnaie continentale, peut protéger des fluctuations de l'économie mondiale. Le traitement chaotique de la crise des réfugiés a illustré les divisions des Européens sur les migrations et suscité une demande régalienne d'Europe. Par ailleurs, grâce aux politiques publiques de «cohésion», l'UE constitue un puissant levier de développement et, surtout à l'Est, il n'est pas question d'y renoncer. Enfin, le Brexit a profondément divisé les Britanniques, mais a, au bout du compte, renforcé l'unité des Européens. Le nouveau Parlement européen, élu au scrutin proportionnel, présente les grandes lignes politiques de la société européenne dans sa diversité et dans ses convergences. Cette vie politique est elle-même l'émanation d'une société européenne bien vivante, que les rentes et les corporatismes politiques cristallisés dans l'après-guerre masquaient. Le fait que la Chambre haute, le Conseil de l'Union européenne, soit composée de dirigeants d'exécutifs nationaux illustre cette strate qui devient archaïque. Cette élection met fin, de fait, au duopole entre la «gauche» et la «droite» de «gouvernement». Les politiques publiques décidées au sein du nouveau Parlement européen seront non seulement à l'échelle continentale des enjeux, mais à celle de l'Europe comme société : à géométrie variable, avec des lignes de clivage mouvantes selon les problèmes à résoudre et les registres d'action. »

Libération (France), 28 mai 2019.

Luc Rouban, « Les élections européennes 2019 métamorphosent le clivage gauche-droite »

«...Il était donc de bonne guerre de la part du premier ministre comme de LREM [La République en marche] d'invoquer la disparition du clivage gauche-droite). Mais l'analyse montre que les élections européennes ont plutôt reconfiguré cette opposition à travers les enjeux que constituent le libéralisme économique de l'Union européenne et la défense de l'environnement. Il reste que l'on peut donner deux interprétations du paysage politique français actuel. On peut, tout d'abord, considérer que l'opposition LREM-RN est celle de deux droites, LREM étant la réincarnation modernisée du giscardisme et de l'ancienne UDF, le RN [Rassemblement national] reprenant à son compte le gaullisme dans ce qu'il avait de souverainiste mais aussi de social. On peut aussi lire cette évolution en termes sociologiques, LREM défendant les classes aisées ou dotées de ressources scolaires et le RN défendant les classes populaires et ceux qui se sentent exclus de la vie politique institutionnelle. Dans un cas comme dans l'autre, la question se pose de savoir sur quelle base sociale la gauche peut se reconstruire. Car l'écologie politique ne parle pour l'essentiel qu'aux plus diplômés, même s'ils n'appartiennent pas aux catégories supérieures. Le débat risque donc d'être bloqué encore longtemps. »

La Tribune (France), 29 mai 2019, p. 112.

Christian Rioux, « Une Europe plus populiste...et plus verte »

«...À l'échelle européenne, ces élections sont un coup de semonce pour les deux grands partis qui gouvernent l'Union européenne depuis des années. Conservateurs (PPE) et sociaux-démocrates (S-D) ont enregistré de lourdes pertes et perdu la majorité absolue qu'ils détenaient ensemble au sein de l'hémicycle depuis 1979. Il leur faudra donc former une nouvelle coalition. Dès lundi matin, les négociations vont s'engager. Le groupe centriste (ADLE) auquel est associé le parti d'Emmanuel Macron compte jouer un rôle pivot dans ces négociations et pourrait à terme devenir le troisième partenaire de la « grosse coalition » à l'allemande qui dirige l'Europe. Les verts, qui sortent renforcés de cette élection, comptent aussi peser dans la balance. On pourrait donc assister à la constitution d'une coalition à trois ou même à quatre. Plus fondamentalement, même si les conservateurs du PPE demeurent la principale force européenne, ils risquent de perdre une partie de leur influence à Strasbourg. Réussiront-ils pour autant à imposer leur candidat, Manfred Weber, à la présidence de la Commission européenne ? Pour Emmanuel Macron, il n'en est pas question. La négociation risque d'être féroce. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 mai 2019, p. B1-B2.

S.A., « The Guardian view of Europe : change, not decay »

«...Last week, 51% of Europeans took part in these elections. That’s definitely not a great turnout, but it was markedly better than the 43% last time, and it was the best turnout figure this century. The percentage went up in 21 of the 28 countries, with spectacular increases in diverse places like Spain, Hungary, Germany and Poland. Warnings about voter disengagement proved mostly to be wide of the mark. Those who worried that renewed voter engagement might create more problems than voter disengagement were proved wrong too. The much-touted tide of populism, in which reactionary nationalists were predicted to flood to Brussels from all quarters, has not materialised. True, in some countries – France, Italy and Britain among them – there were large votes for anti-EU and hard-right parties. Yet these votes were not new; France and Britain have sent such MEPs to Brussels in the past. Nor, in spite of some gains, were they very numerous this time. On the most generous estimate, they now have around 170 seats in the new 751-seat parliament. That’s significant, but it is not decisive. It is a long way short of some earlier overblown claims. The populist right parties have not swept across Europe. Nor have those of the left. But the old centre has not held either. It has been shrunk – again. »

The Guardian (Royaume-Uni), 28 mai 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 26 mai 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéEmmanuel MacronÉdouard Philippe

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITheresa May

Italie
ÉlevéSergio MattarellaGiuseppe Conte

Grèce
ÉlevéProkópis PavlópoulosAlexis Tsipras

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2014 - 2016



mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


Dans l'actualité


mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

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2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

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2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

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2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

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Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent

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Benoît Hamon : une victoire inattendue aux primaires de la gauche


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