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19 mai 2019

Réélection en Inde d'un gouvernement dirigé par le Bharatiya Janata Party de Narendra Modi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Narendra Modi

Malgré une situation économique difficile, les électeurs indiens réitèrent leur confiance à l’Alliance démocratique nationale (ADN), une coalition dont le principal parti est le Bharatiya Janata Party (BJP) du premier ministre Narendra Modi. À lui seul, le BJP récolte 303 sièges sur 543, ce qui constitue une majorité comme en 2014.

En 2014, Modi et le BJP, une formation nationaliste et conservatrice, s’étaient fait élire en promettant des progrès économiques. Leur mandat s’avère toutefois difficile, l’Inde étant touchée par un chômage et une inflation élevés ainsi que d’autres problèmes liés à l’environnement ou à la situation du monde rural. Le Congrès national indien (CNI), principale formation d’opposition, en profite pour rétrécir un peu la marge dans les sondages effectués en 2018. Ce parti dirigé par Rajuh Gandhi, dont le grand-père Jawaharlal Nehru et le père Rajiv ont été premiers ministres, connait aussi des succès lors d’élections régionales. Cependant, les frappes aériennes ordonnées par le premier ministre Modi en février 2019, en réponse à un attentat terroriste contre des Indiens au Cachemire, propulsent la question de la sécurité à l’avant-plan de la campagne qui approche. Elle semble favoriser le BJP, même si les analystes prévoient qu’il perdra des appuis lors du scrutin qui se déroule entre le 11 avril et le 19 mai. On évalue à 900 millions le nombre d’électeurs inscrits, un sommet dans le monde. Le BJP surprend en augmentant sa députation. Avec 303 sièges, il détiendra la majorité à lui seul. De plus, le BJP compte sur les 49 sièges remportés par les autres membres de la coalition de l’ADN. L'Alliance progressiste unie, la coalition dont fait partie le CNI, avait pour sa part mis l’accent sur des engagement sociaux (revenu garanti familial, investissements en santé, etc.). Elle progresse, passant de 59 à 91 sièges, dont les 52 du CNI. La victoire décisive du BJP constitue néanmoins un échec et, aux yeux de plusieurs, un désaveu à l’endroit de Gandhi et du CNI dont la domination remonte à l’indépendance, en 1947. Le BJP fait très bien dans le nord du pays, notamment dans l’Utta Pradesh, l’État le plus populeux. Des partis régionaux obtiennent également de bons résultats à différents endroits. Environ 67 % des Indiens ont exprimé leur droit de vote, un record de participation.

Dans les médias...


Vanessa Dougnac, « L’Inde se livre aux nationaliste hindous »

«...Mais la campagne aura été âpre et longue. « L’agressivité qui a été déployée est sans précédent en Inde », estime Nilanjan Mukhopadhyay, auteur d’une biographie sur le Premier ministre. Le parti d’opposition du Congrès emmené par Rahul Gandhi, le petit-fils de Jawaharlal Nehru, a tenté de barrer la route à Narendra Modi. En retour, ce dernier a fustigé le vieux parti dynastique de centre gauche. Après avoir remporté trois Etats clés à des élections régionales l’an dernier, Rahul Gandhi s’était pourtant senti pousser des ailes. Ses stratégies n’ont pas fonctionné. Son parti ne remporterait qu’une cinquantaine de sièges. Humiliation supplémentaire, l’héritier de 48 ans perd son bastion familial d’Amethi, en Uttar Pradesh. « L’opposition a été incapable de proposer une alternative à la popularité de Modi, à la fois en termes de dirigeant et de vision », analyse Rahul Verma, du Center for policy research. [...] Quelle sera la « Nouvelle Inde » promise par Narendra Modi ? Si le Premier ministre a les mains libres pour poursuivre ses réformes, il devrait consolider l’identité hindoue de l’Inde. Dans le quotidien The Indian Express, le politologue Suhas Palshikar met en garde : « La forme d’agressivité que le BJP risque de déployer à l’encontre de la critique et de la diversité nécessitera une opposition politique solide. » »

Le Temps (Suisse), 24 mai 2019, p. 14.

S.A., « L’Inde nationaliste est inquiétante »

«..."L'Inde gagne à nouveau!" s'est réjoui Narendra Modi sur son fil Twitter, l'un de ses canaux préférés de communication. Mais cette victoire, dans le deuxième pays le plus peuplé au monde (1,3 milliard d'habitants), détenteur du feu nucléaire, se révèle en fait très inquiétante. Durant des semaines, Narendra Modi a imposé son discours sécuritaire anxiogène, s'érigeant en seul vrai défenseur de la nation. La question est de savoir si l'homme fort de Delhi, après avoir bombardé le territoire pakistanais en réaction à un attentat djihadiste au Cachemire, est un facteur de stabilisation du sous-continent indien ou non, s'il est capable d'oeuvrer à la paix ou non. L'inquiétude porte également sur l'impact de cette élection sur le vivre ensemble dans ce creuset d'ethnies, de langues et de religions différentes qu'est l'Inde. "Ensemble nous bâtirons une Inde forte et inclusive", a promis Narendra Modi. Mais son passé et son parcours ne plaident pas en sa faveur. »

La Libre Belgique (Belge), 24 mai 2019, p. 56.

Laura-Julie Perreault, « Le destin fabuleux d’un vendeur de rue »

«...Tous les experts s'entendent pour dire que la victoire du BJP repose sur les épaules de Narendra Modi. Selon les sondages, un électeur sur trois a voté uniquement pour donner un appui direct au premier ministre issu de la mouvance nationaliste hindoue, plutôt qu'à son parti. « Il est très charismatique quand il fait des discours. Il donne une image de grand-père qui veille sur l'Inde, note Karine Bates [une professeure d’anthropologie]. [...] En 2014, lors de sa première campagne nationale, Narendra Modi s'était présenté comme le sauveur de l'économie indienne. En 2019, devant un bilan mitigé en matière économique, le politicien nationaliste a davantage vanté ses habiletés de « gardien de l'Inde », ou chowkidar, qui a réussi à ramener son pays dans la cour des grands du monde en se tenant debout devant la Chine, en resserrant ses liens avec les États-Unis, mais surtout, en ne craignant pas de prendre de front le frère ennemi, le Pakistan, quitte à frôler la guerre. Les experts notent que sa popularité a monté en flèche après un attentat terroriste au Cachemire le 14 février. Il s'est alors lancé dans une campagne tous azimuts sur la sécurité nationale, message qui semble avoir trouvé une grande résonance au sein du plus grand électorat du monde. »

La Presse + (Québec, Canada), 24 mai 2019, p. 14.

Kapil Komereddi, « Five more years of Narendra Modi will take India to a dark place »

«...In 2019, the world’s biggest election was much more than a ritual of democracy. It was the most consequential vote in the lifetime of a majority of Indians alive today. India under Narendra Modi has undergone the most total transformation since 1991. This election has, in effect, been a referendum on whether the republic retains its founding ideals or, if Modi wins another term – and exit polls released on Sunday show him winning with a comfortable majority – it leaps to a place of sectarianism from which return may be close to impossible. [...] India’s tragedy is that just when it is faced with an existential crisis, there is no pan-Indian alternative to the BJP. What remains of the main opposition Congress party is bleached of conviction. The party that led India to independence from British colonial rule shed its belief in democracy in the 1970s, made unconscionable compromises with Hindu nationalists in the 1980s, and grew monstrously corrupt in the 1990s. Indira Gandhi suspended the constitution in 1975 to brutalise Indians. Modi will seek to write his ideology into the constitution to divide them. If he succeeds, Hindu nationalism will become the official animating ideology of the republic. Bigotry will not then be a deviation from the ideals of the republic: it will be an affirmation of them. »

The Guardian (Royaume-Uni), 22 mai 2019.

Gouvernance et gouvernement [ 19 mai 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Inde
ÉlevéRam Nath KovindNarendra Modi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2014 - 2016



avril
2014
Élection en Inde d'un gouvernement dirigé par le Parti Bharatiya Janata de Narendra Modi

mai
2014
[Résultats] Élections législatives


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