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17 juillet 2019

Déclaration de l’Organisation mondiale de la santé sur l’épidémie d’Ebola

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

L’identification d’un deuxième cas mortel d’Ebola à Goma, une des villes les plus populeuses de la République démocratique du Congo (RDC), incite l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à qualifier cette situation d’« urgence sanitaire mondiale ». Depuis août 2018, ce virus aurait fait environ 1800 victimes dans ce pays seulement.

En 2014, une épidémie d’Ebola dont on avait parlé dans le monde entier avait frappé trois pays africains, le Liberia, la Guinée et la Sierre Leone, y faisant 11 300 morts. Ce virus se transmettant aux humains par des animaux infectés ou des fluides biologiques de personnes infestées est particulièrement dévastateur : autour de 2 personnes touchées sur 3, parfois même plus, en meurent. La RDC est un autre pays affecté par plusieurs épidémies d’Ebola à partir de 1976. C’est d’ailleurs d’une rivière du nord de ce pays que provient ce nom, près de l’endroit où le virus est apparu initialement. C’est dans la province du Nord-Kivu, dont le chef-lieu est Goma, et celle d’Ituri, toutes deux situées dans le nord-est de la RDC, que l’Ebola frappe de nouveau en août 2018. Pendant l’année qui suit, on observe approximativement 2700 cas, sur lesquels on constate plus de 1800 décès. En juin 2019, deux autres cas sont également identifiés en Ouganda, le premier étant celui d’un enfant venu de RDC, un pays voisin. Le 17 juillet 2019, l’OMC qualifie la situation d’« urgence sanitaire mondiale », une expression qu’elle n’a utilisée que dans quatre cas depuis 2009. Si pour le moment ils ne craignent pas le risque de contamination hors des frontières du pays, des experts de cette organisation réunis à Genève déplorent toutefois le manque de vaccins disponibles et le retard dans le financement pour cette cause. De plus, ils s’inquiètent de la pression que l’instabilité politique des régions touchées fait subir à ceux voulant venir à l’aide des populations concernées. Des répondants et des centres de traitement sont même la cible d’attaques physiques, certaines mortelles, de la part de groupes hostiles aux interventions extérieures qui sont perçues avec méfiance.

Dans les médias...


Lola Hierro, « Ebola en Guinée : une tragédie ne s’oublie pas si facilement »

«...Médecins sans frontières, l’une des associations les plus actives durant l’épidémie en Afrique occidentale, affirme que le système de santé reste extrêmement vulnérable. « Quand on regarde la situation post-Ebola, il y a deux points essentiels : d’une part, l’épidémie et son impact, et d’autre part, quelque chose que nous pourrions qualifier de positif, c’est-à-dire le flux de financements étrangers reçus par les pays concernés (la seule Union européenne a envoyé près de 2 milliards d’euros, NDLR). Mais c’est resté temporaire et n’a pas permis de changer en profondeur la situation délétère qui était en place. Avant Ebola, il y avait déjà des problèmes, les médecins n’étaient pas payés et ne restaient pas dans les dispensaires et cela n’a pas été résolu », explique Mit Philips, médecin et conseillère en politiques sanitaires de MSF. [...] Pour la période 2015-2024, le gouvernement a lancé le Plan national de développement de la santé, dont le coût est estimé à 5,3 milliards d’euros. Or l’écart entre les ressources disponibles et les coûts prévus représente un déficit de financement de 3 milliards d’euros. « Cet écart doit être comblé par une plus grande mobilisation des ressources nationales de l’État et de ses partenaires pour le développement », recommande la Banque mondiale dans le rapport précédemment évoqué. »

Le Soir (Belgique), 13 juillet 2019, p. 46.

Stéphane Bussard, « Rétablir la confiance, un impératif contre Ebola »

«...Deux raisons principales expliquent pourquoi la lutte contre Ebola, qui a déjà sévi à neuf reprises en RDC, s'est avérée aussi difficile depuis août dernier. Premièrement, l'insécurité du Nord-Kivu, provoquée par près de 140 groupes armés, a fortement handicapé les équipes sanitaires. Sept travailleurs sanitaires ont été tués, dont deux le week-end dernier, assassinés à leur domicile. Deuxièmement, il est difficile d'établir un rapport de confiance avec une partie de la population déjà malmenée par des décennies de conflits. C'est d'ailleurs l'un des plus grands défis qui sont ressortis de la réunion de lundi à Genève. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Elhadj As Sy n'est visiblement pas un adepte de la langue de bois: « Les communautés [en RDC] sont dépassées, confuses. Elles ont des doutes sur l'existence même du virus Ebola, sur la sécurité des vaccins et sur les centres de traitement. La confiance est érodée. La restaurer en pleine crise, c'est très difficile, si ce n'est impossible. » A ses yeux, la meilleure protection ne consiste pas forcément en des mesures d'ordre sécuritaire, mais plutôt dans le rétablissement de la confiance. »

Le Temps (Suisse), 16 juillet 2019, p. 4.

S.A., « La maladie est considérée comme une urgence mondiale »

«...La décision de déclarer une urgence de santé publique à portée internationale est prise par un collège d'experts de l'OMS. Pour cela, l'Organisation mondiale de la santé prend en compte plusieurs critères au premier rang desquels le risque de propagation du virus à l'international. Dans le cas de la fièvre hémorragique Ebola, cette déclaration d'urgence sanitaire mondiale traduit donc l'inquiétude des experts de voir la maladie se propager dans d'autres pays. Un patient est décédé lundi pendant son transfert de Goma vers Butembo. La ville de Goma, qui compte 1 million d'habitants, est située sur la frontière avec le Rwanda. Son aéroport international est par ailleurs très connecté à Kinshasa ou encore à Addis Abeba. Des personnes « contacts » sont d'ailleurs recherchées en Ouganda, comme au Congo. Aujourd'hui, la seule manière de contenir la maladie, c'est d'arriver à identifier toutes les personnes qui ont été en contact avec des malades, parce qu'il y a un risque qu'elles aient contracté la maladie ou qu'elles finissent par être contaminées si elles ne sont pas vaccinées à temps. C'est ce qu'on appelle la chaîne de contamination et c'est ce qu'aujourd'hui, la riposte Ebola n'arrive pas à sécuriser. Tout simplement parce que les personnes contacts fuient. Certaines n'ont pas de signes d'hémorragie et pensent ne pas être malades. D'autres ont peur de mourir dans les centres de traitement ou d'être contaminées là-bas. »

Le Renouveau (Burundi), 23 juillet 2019.

Guy Taillefer, « Ebola : pas une minute à perdre »

«...le cri d'alarme sera-t-il entendu ? Car il a mis du temps à l'être quand l'épidémie s'est déployée, de 2014 à 2016, au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Il n'est pas trop exagéré de dire que le " monde " n'a pas vraiment commencé à prendre la mesure du drame avant qu'un petit nombre de cas de contagion fassent surface aux États-Unis et en Europe. [...] Il ne suffit pas que l'alerte soit entendue, il faut aussi qu'elle le soit correctement, y compris au sein même de l'OMS. Car, malgré des dépenses de 50 millions $US l'hiver dernier et la vaccination de 150 000 personnes, la crise s'est aggravée depuis le mois de mars, alors que la maladie aurait normalement dû être endiguée. Si, du reste, le vaccin " expérimental " dont dispose maintenant sous licence le géant pharmaceutique Merck & Co peut s'avérer utile dans l'urgence, il ne constitue pas pour autant une panacée. Sur le fond, la lutte contre cette crise humanitaire ne peut évidemment pas faire l'économie d'amples instruments de lutte contre la pauvreté, qui est infernale dans cette région. L'un de ces instruments tient forcément au développement de systèmes de santé dignes de ce nom. La RDC en est encore loin. Il est bien documenté que la précarité des soins de santé dans les pays ouest-africains a contribué à empirer l'épidémie de 2014. »

Le Devoir (Québec, Canada), 19 juillet 2019, p. A8.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juillet 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo (rep. dem.)
IntermédiaireFélix TshisekediVital Kamerhe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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