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12 novembre 1990

Intronisation de l'empereur japonais Akihito

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Akihito

Akihito, le seul fils de l'empereur japonais Hirohito, succède à son père décédé le 7 janvier 1989. Son intronisation se fait le 12 novembre 1990 en présence de nombreux chefs d'État et de gouvernement.

Hirohito s'éteint le 7 janvier 1989 après avoir été l'empereur du Japon pendant près de 63 ans. Monarque divin jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il devint, à partir de l'adoption de la Constitution de 1946, le «symbole de l'État et de l'unité de la nation». Son rôle dans le conflit reste d'ailleurs sujet à controverses, ce qui explique les réactions partagées qui, dans certains pays, suivent l'annonce de sa mort. Un deuil national de six jours suit la mort de Hirohito. Ses funérailles, qui ont lieu le 24 février 1989, se déroulent en présence de plus d'une centaine de chefs d'État et de gouvernement, dont le président américain George Bush et le président français François Mitterrand. Une longue période de deuil s'écoule avant que Akihito ne soit intronisé officiellement, le 12 novembre 1990. Fils unique de Hirohito, Akihito devient, à 55 ans, le 125e empereur du Japon. Son règne portera le nom de Heisei, ou «accomplissement de la paix». Des personnalités politiques du monde entier assistent aux cérémonies qui sont dépouillées de plusieurs rituels du passé.

Dans les médias...


Philippe Pons, « Akihito, empereur-symbole : L'intronisation du nouveau souverain japonais témoignera de la continuité entre un passé prestigieux et le monde moderne »

«...Avec la disparition d'Hirohito s'est certes renforcé le caractère de symbole d'identité culturelle qui revient au monarque. Mais l'empereur Akihito, cantonné dans une fonction honorifique formelle, n'est que partiellement une figure sécularisée : il exerce aussi, comme son père, un rôle religieux, dont la Constitution ne dit mot car il est supposé relever des affaires privées de la maison impériale, mais que l'on ne peut guère dissocier de la première. Le financement par l'Etat de la « Fête des prémices », rite au caractère religieux indéniable, dont une partie se déroulera en présence des représentants des corps constitués, témoigne de cette équivoque qui se traduit par un non-respect évident du principe de séparation des religions et de l'Etat. Ce surgissement du sacré dans une société laïque et démocratique ne relève pas d'un simple attachement à la tradition. Le système impérial constitue dans le Japon moderne un axe du conservatisme, confirmant les hiérarchies sociales. « Le respect de l'empereur n'est pas une question de génération car il est le garant de l'assise spirituelle de l'autorité », estime le professeur Shuichi Kato. »

Le Monde (France), 12 novembre 1990, p. 4.

Philippe Brunet, « 500 dignitaires de 158 pays au couronnement de l'empereur Akihito : personnifiant le Japon éternel, le nouveau monarque de 56 ans a néanmoins fait le voeu d'amener le trône plus près du peuple »

«...Première conclusion logique venant à l'esprit: le nouvel Empereur n'est pas véritablement l'archétype du souverain progressiste. Et pourtant... Pourtant, sous ces abords vieux jeu et bien tranquille, se dissimule aussi un « réformateur », qui a fait voeu de rénover l'image du système impérial, d'amener le trône plus près du peuple. Dans sa première déclaration, Akihito a ainsi laissé savoir qu'il « défendrait la constitution ». Une claque aux ultra-nationalistes, nostalgiques de l'« Empereur fort ». Et il s'est prononcé pour une « cour plus ouverte à la britannique ». (...) Et d'ailleurs, ne lui fallut-il pas une certaine dose d'audace, et un désir de se démarquer de conventions par trop rigides et dépassées, pour oser devenir le premier prince héritier du Japon à épouser une roturière, d'éducation catholique de surcroît? Scandalisant l'aristocratie et provoquant l'ire persistante de sa propre mère, qui fera payer de mille et une humiliations l'« intrigante ». N'était-ce pas non plus par rejet d'une enfance terne et cruellement solitaire, passée - comme le voulait la tradition - à l'écart de ses parents et des gosses de son âge, qu'il a choisi d'être également le premier Empereur à élever lui-même sa progéniture? Démodé, Akihito? Peut-être, mais aussi frondeur à sa manière...»

La Presse (Québec, Canada), 10 novembre 1990, p. A-20.

Edith Terry, « Security tight for royal rights in quiet Tokyo »

«...In theory, yesterday's rites could have provided tinder for extremists at both ends of the nationalist spectrum : those who might be incensed by religious elements in the program and those who felt the program was not religious enough. (...) The police official acknowledged that Japan's roughly 120,000 right-wing extremists were the police's allies in maintaining order. The rightists' only complaints were that the ceremonies were not reverent enough. Such touches as Emperor Akihito's use of common Japanese rather than archaic court language did not please them. But the police painted the leftists as a serious threat, likely to invade the palace grounds and murder the Imperial family and anyone nearby in a spray of bullets. With 37,000 police in place by the weekend, Tokyo was ready for a siege. What the police got instead was minor arson and a few pipe bombs. »

The Globe and Mail (Canada), 13 novembre 1990, p. A15.

Gouvernance et gouvernement [ 12 novembre 1990 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Japon
ÉlevéAkihito (Tsugu-no-miya)Toshiki Kaifu

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1985 - 1995



juillet
1986
[Résultats] Élections législatives

février
1990
[Résultats] Élections législatives

novembre
1990
Intronisation de l'empereur japonais Akihito

juillet
1993
[Résultats] Élections législatives

janvier
1995
Tremblement de terre d'Haansh Anshin-Awaji (Kobe), au Japon


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