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24 août 2019

Ouverture du Sommet du G7 à Biarritz, en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Emmanuel Macron

C’est sous le thème de la « lutte contre les inégalités » que sont réunis à Biarritz, en France, les leaders des pays du G7. Une taxation sur les géants du numérique, le commerce mondial et les changements climatiques sont au coeur de ce sommet qui est également marqué par un coup d’éclat : le passage en France du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Djavad Zarif.

Le G7 de 2018 au Canada s’était soldé dans la controverse, le président américain Donald Trump refusant de signer la déclaration finale. Des questions épineuses sont à l'ordre du jour du sommet 2019, dont celles des changements climatiques et des problèmes engendrés par la lutte commerciale entre les États-Unis et la Chine. D'autre part, l’imposition prévue par la France d’une taxe sur les géants du numérique (GAFA) – Google, Amazon, etc. – indispose le président Trump qui y répliquerait en taxant les vins français. Des discussions entre ce dernier et l’hôte du sommet, le président français Emmanuel Macron, contribuent à atténuer les tensions. Dans leur déclaration finale, les leaders s’entendent sur un projet de taxe pour 2020 qui pourrait être encadré par l’Organisation de coopération et de développement économiques. Ils y réitèrent aussi leur attachement à un commerce mondial « ouvert et juste et à la stabilité de l’économie mondiale », tout en s’attardant à d’autres sujets spécifiques, comme la situation à Hong Kong où l’on appelle au « respect de la déclaration sino-britannique de 1984 » et « à éviter les violences ». Un autre sujet chaud du G7 de Biarritz, le premier auquel assiste le nouveau premier ministre britannique Boris Johnson, est l’accord nucléaire avec l’Iran de 2015 dont les États-Unis se sont retirés. Les 7 réaffirment leur volonté de paix dans la région, sans que l’Iran accède à l’arme nucléaire. À cet égard, la France pose un coup d’éclat en invitant le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Djavad Zarif, pendant le sommet. Celui-ci ne rencontre pas le président Trump, qui se dit toutefois prêt à considérer un sommet avec le président iranien, Hassan Rouhani. Enfin, malgré les réticences initiales du président brésilien Jair Bolsanoro, qui s’en prend durement au président Macron, le G7 se termine avec un engagement à verser 20 millions de dollars pour combattre les incendies affectant la forêt amazonienne.

Dans les médias...


Marc Semo, « Macron amadoue Trump et réussit son G7 »

«...De tels résultats ont été permis par un long travail en amont de la diplomatie française, mais ils montrent aussi l'efficacité de la méthode Macron, avec son choix d'instaurer des relations personnelles avec ses homologues, à commencer par Donald Trump. Conscient de l'importance de cette réunion au sommet pour conforter sa stature internationale, Emmanuel Macron, qui jusqu'ici n'a remporté aucun succès diplomatique majeur, a surjoué sa présidence du G7, omniprésent sur les écrans, multipliant les interviews et les points de presse. Il a aussi montré son sens de la communication, comme en témoigne, outre l'invitation de M. Zarif sur l'Iran, celle du chef amazonien Raoni, symbole de la lutte pour la préservation de la forêt, que le chef de l'État a rencontré à l'issue du G7. Le sommet montre ainsi que le G7, quoique toujours plus contesté, garde quelque utilité comme lieu de rencontre informel, où le dialogue est d'autant plus libre qu'il n'y a pas de véritables décisions à prendre. Ces pas en avant en premier lieu sur l'Iran auraient été difficilement envisageables dans un autre cadre, sinon au travers de longues navettes diplomatiques. »

Le Monde (France), 28 août 2019, p. 2.

Fabrice Nodé-Langlois, « Au lieu des éclats redoutés, les chefs d’État ont fait entendre un « message d’unité »»

«...Pas plus présent à Biarritz que Xi Jinping, Vladimir Poutine a occupé de nombreuses discussions. Donald Trump est favorable au retour du président russe au sein du G8, dont il fut exclu en 2014 après l'annexion de la Crimée. Il n'est pas question de réintégrer formellement la Russie dans le G8, a répété Emmanuel Macron, tant que la situation n'évolue pas en Ukraine. Une telle décision nécessite l'unanimité des membres du G7. « Avoir la Russie sous la tente est mieux qu'à l'extérieur » , a commenté pour sa part l'hôte de la Maison-Blanche. [...] Sur le climat, Emmanuel Macron a évité un affrontement stérile avec son homologue américain, qui a retiré dès 2017 son pays de l'accord de Paris. Donald Trump ne s'est pas converti, à Biarritz, en militant du climat. Interrogé sur le sujet, il s'est réjoui de « l'immense richesse sous nos pieds » , en référence au gaz et au pétrole qui permet de «s'occuper des gens » et « d'être les premiers producteurs d'énergie du monde » . S'exprimant depuis ce G7 qui se revendiquait comme écologiste, avec ses bus électriques et ses prêts de vélos à hydrogène, Donald Trump s'est félicité d'avoir obtenu un feu vert pour exploiter des hydrocarbures en Alaska. Sur certains dossiers en définitive, le G7 était bien le G6 + 1 redouté. »

Le Figaro (France), 27 août 2019, p. 3.

Alain Guillemoles, « Au G7, Macron ou l’art du coup de théâtre »

«...En organisant le sommet, l'Élysée avait pour but de redonner vie au multilatéralisme et de se replacer au centre du jeu diplomatique, et cela a été réussi. [...] Pour arriver à redonner vie à la coopération internationale, le président français a choisi de se concentrer sur quelques actions. Durant trois jours ont été annoncées une multitude d'« alliances », de « pactes », de « coalitions ». Elles associent des États volontaires, des organisations multilatérales et parfois des entreprises. [...] Ces coalitions thématiques sont désormais un mode d'action privilégié lors des grands sommets internationaux. Elles ont le mérite de la souplesse. Mais elles témoignent du recul des organisations multilatérales, au profit des États ou d'acteurs moins bien identifiés, et qui ne sont pas soumis à la nécessité de rendre des comptes. Les organisations non gouvernementales ne se privent pas de critiquer cette évolution. Elles ont dénoncé, à plusieurs reprises à Biarritz, le « manque de consistance » de plans qui étaient annoncés ou la « double posture » du chef de l'État qui soutient le développement du libre-échange et a voulu la ratification du Ceta, le traité avec le Canada, tout en voulant se faire le champion de la lutte contre le réchauffement climatique. »

La Croix (France), 27 août 2019, p. 2-3.

Marion d’Allard, Gaël De Santis, « Face au drame amazonien, le G7 se donne bonne conscience »

«...face à l'urgence, les dirigeants du G7 s'obligent à réagir, ils sont, en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, très loin de respecter leurs ambitions affichées. En tête des très mauvais élèves, les États-Unis du climatosceptique Donald Trump n'ont aucune intention de relever leurs objectifs climatiques. Pire, Washington, sorti de l'accord de Paris, a « reculé sur les principales politiques et mesures qui permettaient de réduire leurs émissions », souligne le RAC. Quant aux pays de l'Union, France, Allemagne, Italie et Royaume-Uni se sont contentés de soutenir le principe d'une relève des objectifs de réduction de leurs émissions, mais sans aucune précision chiffrée. De son côté, le Japon, lui, a clairement rejeté le principe. En parallèle, tous les pays du G7 continuent, par milliards de dollars, de financer les énergies fossiles très polluantes. Elles sont, par exemple, quinze fois plus subventionnées que les énergies renouvelables au Canada. En somme, résume l'économiste Maxime Combes (Attac) « le G7 et son monde, c'est celui de ceux qui prétendent résoudre les problèmes qu'ils contribuent à générer et amplifier ». »

L’Humanité (France), 26 août 2019, p. 4.

Stephen King, « In a world where new powers are emerging, the G7’s number may be up »

«...Even if the G7 doesn't implode in response to the new politics, demographic trends will make it increasingly irrelevant. In 1950, the G7's population stood at around 450 million, 18 per cent of the world's population. Today, it is at more than 750 million. UN projections predict it may be 850 million by 2100. Sounds big? Not in global terms. Its share of the world's overall population is shrinking rapidly: by the end of the century, the G7 may account for a mere 7.7 per cent of the global total. In other words, the G7 is set to lose influence whatever its internal contradictions. The big challenges are taking place elsewhere. Climate change, migration, economic instability and so on are no longer issues G7 nations can authoritatively preside over. And with plenty more Bolsonaros on the scene — Brazil's President is not the first leader to throw colonial accusations — it's likely that the G7's demands will fall on deaf ears. In that sense, the G7 nations face challenges not so different from those that confronted the UK in the 20th century: how to retain a voice during economic and political decline. The good news for those flying out of Biarritz is the nations they represent still have considerable advantages: good rule of law, high standards of corporate governance, clearly established property rights and so on. They can still serve as beacons of rationality and good sense. To do so, however, the squabbling will have to stop. »

London Evening Standard (Royaume-Uni), 27 août 2019, p. 14.

Gouvernance et gouvernement [ 24 août 2019 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéEmmanuel MacronÉdouard Philippe

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2014 - 2016



mai
2014
Début des élections législatives au Parlement européen

janvier
2015
Manifestations d'envergure en France à la suite d'attentats terroristes

novembre
2015
Attentats terroristes en France

décembre
2015
Fin de la Conférence de Paris sur le changement climatique


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