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17 janvier 1991

Début d'une intervention militaire au Koweït

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

George Bush participant à une rencontre au sujet de la guerre en Irak
George Bush Presidential Library and Museum

Une coalition de plusieurs pays déclenche une offensive militaire d'envergure contre l'Irak après le refus du président Saddam Hussein de retirer ses troupes du Koweït. Cette attaque fait suite à l'expiration d'un ultimatum formulé par l'Organisation des Nations unies (ONU) en novembre 1990.

L'invasion du Koweït par l'armée irakienne, le 2 août 1990, est suivie par l'adoption de représailles économiques et commerciales contre l'Irak. Même un ultimatum de l'ONU prévoyant le recours à la force ne fait pas céder le président Saddam Hussein qui considère l'annexion du Koweït permanente. Des initiatives diplomatiques se poursuivent pendant qu'une coalition d'une vingtaine de pays, au sein de laquelle les États-Unis jouent un rôle de premier plan, s'organise en vue d'une action militaire. Le 17 janvier marque le début de l'opération «tempête du désert». Bombardée intensément, l'Irak tente de déstabiliser la coalition en lançant des missiles Scud sur Israël. Après plus d'un mois d'attaques aériennes, des centaines de milliers de soldats de la coalition sont déployés dans le cadre d'une offensive terrestre qui débute le 24 février. La résistance de l'armée irakienne est écrasée et la guerre se termine le 28 février avec l'acceptation par l'Irak des conditions de cessez-le-feu formulées par l'ONU. Le Koweït sera libéré, mais Saddam Hussein demeurera au pouvoir en Irak. Il devra toutefois composer avec une instabilité intérieure accrue, particulièrement dans la région septentrionnale occupée par les Kurdes. Le conflit de 1991 est souvent désigné sous le nom de «guerre du Golfe». Voir : Nouvel ordre mondial

Dans les médias...


Gianni Vattimo, « Au-delà de la guerre »

«...La guerre du Golfe est finie, ou devrait être finie. Du moins sous son aspect de bataille théorique entre pacifistes et réalistes - pour utiliser deux termes approximatifs mais pas du tout inexacts. Sur ce plan, tous les arguments ont été épuisés d'un côté comme de l'autre et dorénavant la grande inconnue qui, même sur le plan théorique, est d'une importance décisive est celle des effets plus ou moins dévastateurs du conflit et de la possibilité de le restreindre à une opération de police limitée dans le temps. Quoi faire et dire, maintenant que la guerre est là, qu'elle a été décidée par le Parlement et qu'il s'agit désormais d'y contribuer loyalement ? Il semble évident que réalistes et pacifistes ont ici un intérêt commun : celui de réaliser les objectifs de la guerre en limitant au maximum les dégâts, mais aussi les valeurs pour lesquelles on se bat : ordre international juste, principes d'humanité et de démocratie, respect de la vie, et ainsi de suite. Le jour où ces valeurs seront bafouées, nous nous trouverons devant un cas typique de prévalence des moyens sur les fins, et les fins mêmes seront alors défigurées. »

Esprit (France), mars-avril 1991, p. 132-133.

Joseph Maïla, « Proche-Orient : un noeud de conflits »

«...L'après-guerre froide qu'inaugure résolument la guerre du Golfe ne s'est pas encore révélé dans sa véritable configuration. Au banc d'essai de la guerre, ce qui est véritablement en jeu, ce sont les grandes questions de demain : instaurer un équilibre international, juste et durable, dans un monde unipolaire, où un seul se détache et est tenté d'imposer sa loi aux autres; empêcher l'agression et mettre sur pied un système de sécurité collective; gérer les ressources économiques de la planète au mieux des intérêts de tous, et non des plus riches et des plus développés. Pour le Moyen-Orient, les réalités sont plus prosaïques. En décidant de passer de l'embargo à la guerre, les États-Unis se rendent maîtres des solutions de demain dans cette région du monde. Certes, l'objectif demeure la libération du Koweït; certes, un tel objectif ne peut passer que par l'affaiblissement du potentiel militaire et économique de l'Irak. Le seuil peut cependant être atteint et vite dépassé, à partir duquel le moyen devient la fin. La tentation reste grande que la coalition, sous la houlette des États-Unis, ne « punisse » l'Irak et n'éradique une excroissance hier utile et aujourd'hui nuisible. Quel Moyen-Orient sortira alors de la guerre ? »

Études (France), mars 1991, p. 308-309.

Simon Malley, « Golfe, la solution incontournable »

«...Petit à petit, la plupart des dirigeants arabes de la région, et ce jusqu'au Maroc, tombaient un à un dans le piège de Washington en s'alliant aux États-Unis contre l'Irak. Certains parce qu'ils en étaient les complices dès les premiers jours et qu'ils avaient établi des alliances stratégiques avec les États-Unis contre des promesses de subsides financiers américains, saoudiens et koweitiens. D'autres, en raison d'une hostilité à l'égard du régime irakien dont ils voulaient empêcher l'influence prépondérante ou la domination dans le Machrek. Devenant ainsi de simples vassaux des policymakers américains, des captifs volontaires d'une politique qu'ils ne pouvaient influencer et encore moins infléchir pour la simple raison qu'ils la cautionnent, ils ne jouissaient désormais d'aucune liberté de pensée ou d'action. (...) Tous marchaient donc au son de la trompette de l'oncle Sam et sous la coupe des 400 000 militaires américains et occidentaux. Comment pouvait-on espérer dans de telles conditions ériger une politique arabe indépendante et penser qu'une solution strictement arabe était possible ? »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), janvier 1991, p. 7.

Alain Dubuc, « Le syndrome Nintendo »

«...Nous sommes entrés dans l'ère de la guerre Nintendo, dominée par la haute technologie. Tout se joue en pressant sur un bouton, devant des voyants lumineux et des écrans cathodiques, tandis que les citoyens, plutôt les téléspectateurs, suivent le tout bien armés de leur télécommande. La guerre, dans sa réalité et son horreur, n'est pas celle de celui qui tire, mais celle de celui qui est visé. La nature aérienne de l'opération Tempête du désert la transforme en guerre sans victimes, ou plutôt, de victimes que les pilotes ne voient pas, que la télé ne montre pas et dont la propagande irakienne ne parle pas. Sauf dans le cas des bombardements irakiens sur Israël. C'est là une différence majeure avec la première guerre télévisuelle, celle du Vietnam. La guerre entrait alors dans les salons, mais avec ses blessés, ses morts, autant américains que vietnamiens. Ce n'est pas la télévision qui est responsable de l'aspect désincarné du conflit, mais la nature de l'affrontement. La phase terrestre de l'offensive, beaucoup plus violente, rappellera sans doute à tous quel est le coût d'une guerre. »

La Presse (Québec, Canada), 19 janvier 1991, p. B2.

Éditorial

«...No one can say how this Operation Desert Storm will unfold or when it will end. It might trigger an unpredictable chain of events that will march across the desert and change the course of history in the region. Or the air attack may prove so devastating that the whole thing might be over sooner rather than later. At this writing, not enough facts about the military situation are certain. But it is important to remember that the operation need not ever have happened - and to keep in mind whose fault that is. Even as late as Wednesday morning, there was still time for sanity to prevail. Both sides were poised for the showdown, but no one had yet actually lobbed the first stone. (...) only one thing needed to be done, and only one man could do it : Hussein. He should have pulled out. (...) There is no ambiguity now. All the arguments, pro and con, have been argued back and forth and up and down. At this writing, the world has largely given up on the man from Baghdad. Is he still sane ? Does he finally understand what is at stake ? If so, there is still time to stop it. Wednesday night saw a massive demonstration of air might. Why invite continued destruction ? »

Los Angeles Times (États-Unis), 17 janvier 1991.

Gouvernance et gouvernement [ 17 janvier 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéGeorge H.W. Bush

Koweït
TransitionSheikh Jabir Al Ahmad Al Jabir Al SabahSheikh Saad Al Abdullah Al Salim Al Sabah

Irak
FaibleSaddam Hussein at-TikritiSaddam Hussein at-Tikriti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 1996



janvier
1986
Explosion de la navette spatiale américaine Challenger

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives

octobre
1987
Chute des cours sur les marchés boursiers

novembre
1987
Publication du rapport d'une Commission d'enquête sur l'affaire Iran-Contra

décembre
1987
Signature à Washington d'un traité entre les États-Unis et l'Union soviétique sur le contrôle des armes nucléaires

novembre
1988
Élection de George Bush à la présidence des États-Unis

novembre
1988
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives

mars
1989
Déversement d'hydrocarbures en Alaska par l'Exxon Valdez

décembre
1989
Intervention militaire des États-Unis à Panama

août
1990
Invasion du Koweït par l'Irak

novembre
1990
[Résultats] Élections législatives

janvier
1991
Début d'une intervention militaire au Koweït

juillet
1991
Signature du Traité de réduction des armes stratégiques Start

avril
1992
Déclenchement d’émeutes à Los Angeles, aux États-Unis

novembre
1992
Élection de Bill Clinton à la présidence des États-Unis

novembre
1992
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1992
[Résultats] Élections législatives

décembre
1992
Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain

novembre
1994
[Résultats] Élections législatives

avril
1995
Attentat terroriste à Oklahoma City, aux États-Unis

octobre
1996
Lancement de la chaine d’information en continu Fox News aux États-Unis

novembre
1996
Réélection de Bill Clinton à la présidence des États-Unis

novembre
1996
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1996
[Résultats] Élections législatives


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