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9 juin 1994

Tenue d'élections au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Même si le bloc des partis de gauche fait élire 242 des 567 députés au Parlement européen, aucune majorité claire n'émerge des élections européennes, les premières tenues depuis l'entrée en vigueur du traité de Maastricht.

En plus des élus des partis de gauche - socialistes, verts, travaillistes, etc. - , on retrouve 229 députés appartenant aux différentes formations de centre droite et 96 autres qui ne sont identifiés à aucun des deux grands blocs. Même si le Parlement européen a vu ses pouvoirs accrus par le traité de Maastricht, on observe un taux de participation de 56,5% dans les 12 pays de l'Union européenne (UE), un pourcentage à la baisse par rapport aux élections de 1989 (58,5%). Les résultats s'avèrent décevants pour plusieurs partis qui forment le gouvernement sur le plan national. C'est le cas par exemple des conservateurs au Royaume-Uni. En France, la déroute socialiste entraînera la démission du premier secrétaire du parti, Michel Rocard. L'Allemagne, qui possède la plus forte représentation avec 99 députés, donne pour sa part un bon appui aux chrétiens démocrates. Un référendum tenu le 12 juin devrait permettre à l'Autriche de faire son entrée au sein de l'UE en 1995.

Dans les médias...


Jean-Marie Colombani, « Changer de cap »

«...Repli sur soi, émiettement, absence de discours positif, montée du populisme, c'est-à-dire de la démagogie : ces signes les plus visibles d'un mal-être démocratique n'ont pas été, au long de cette campagne pour les élections au Parlement européen, un monopole français. De l'Italie, premier pays à succomber à la tentation démagogique, à l'Espagne, rattrapée par les « affaires », en passant par l'Allemagne, où monte au sein de la jeunesse un courant xénophobe, et la Grande-Bretagne, affligée d'un premier ministre qui décrète la chasse aux SDF, l'horizon visible n'incite guère à l'optimisme. Cette véritable crise des élections européennes se nourrit en premier lieu d'un recul très sensible de l'idée européenne. Partout, la « renationalisation » de la politique est à l'ordre du jour; dans chaque pays, le mot d'ordre est à la défense des intérêts nationaux, l'Allemagne n'étant pas la dernière à adopter cette attitude. La France, hier en tête de l'élan en faveur de l'Europe, prend place, depuis la ratification du traité de Maastricht, parmi les pays les plus atteints par ce recul, dont la majorité politique donne l'exemple le plus éloquent. »

Le Monde (France), 11 juin 1994, p. 1.

Jean-Claude Casanova, « De l'Europe à la présidentielle »

«...Le pourcentage des abstentions a diminué par rapport à 1989. Les Français ont donc été plus concernés par l'Europe dimanche dernier qu'il y a cinq ans. Partout, dans les autres pays de l'Union, les listes favorables à l'unification européenne ont largement triomphé... (...) L'opposition à l'Europe est désormais relativement plus importante à droite qu'à gauche. La construction européenne s'est faite contre le communisme et contre le nationalisme. Le communisme a disparu, le nationalisme reste le dernier adversaire de l'Europe unie. L'opinion paraît moins favorable à l'unification. Les raisons de ces incertitudes et de ces critiques sont simples à comprendre : l'ennemi déclaré, l'Union soviétique, fait défaut ; la crise se prolonge ; la guerre dans les Balkans s'amplifie ; l'Europe doit s'élargir, passer de l'économie à la politique, réformer ses institutions. Les esprits trop rapides se plaisent à décrire un champ de ruines. Pourraient-ils songer que rien ne ressemble plus justement à un champ de ruines qu'un chantier en construction ? »

L'Express (France), 23 juin 1994, p. 22.

Pierre Gravel, « Une réponse nationaliste de la France à l'Europe »

«...Globalement, la France a redit « Oui » à l'Europe en votant plus nombreuse qu'elle ne l'avait fait, lors des scrutins antérieurs. Sans pourtant que les grands partis de droite ou de gauche profitent de cette participation accrue. Un électeur sur quatre a, en effet, saisi l'occasion pour exprimer son refus de l'Europe telle qu'on a commencé à l'édifier à Bruxelles et son inquiétude devant l'intégration de plus en plus grande proposée par les principales formations politiques. D'où le succès étonnant des factions dissidentes qui, bien qu'issues des deux principaux camps et toujours favorables à la construction de l'Europe, remettent en question les modalités de sa réalisation. Et l'incapacité pour l'extrême-gauche comme pour l'extrême-droite de tirer profit de ce climat d'insatisfaction. Chacun des principaux leaders et la plupart des analystes ont bien tenté d'expliquer par des facteurs de politique intérieure ce comportement imprévu d'une large fraction de l'électorat. Et de minimiser l'importance de la contestation en mettant sur le compte de simples divergences de détails l'appui accordé aux groupes marginaux. (...) En somme, n'importe quoi pour ne pas reconnaître une dimension nationaliste au vote du quart des Français qui veulent une Europe moderne, mais respectueuse de leur identité et de leur autonomie. »

La Presse (Québec, Canada), 14 juin 1994, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 9 juin 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéRichard von WeizsäckerHelmut Kohl

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIJohn Major

Italie
ÉlevéOscar Luigi ScalfaroSilvio Berlusconi

France
ÉlevéFrançois MitterrandÉdouard Balladur

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónFelipe González Márquez

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1989 - 1999



novembre
1989
Chute du Mur de Berlin

octobre
1990
Réunification de l'Allemagne

décembre
1990
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

décembre
1990
[Résultats] Élections législatives

juin
1994
Tenue d'élections au Parlement européen

octobre
1994
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

septembre
1998
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
1998
[Résultats] Élections législatives

juin
1999
Tenue d'élections au Parlement européen


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