Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 décembre 2018

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9 mai 1994

Élection de Nelson Mandela à la présidence de l'Afrique du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Nelson Mandela, premier président dans l'aprés-apartheid
The Nobel Foundation

Une semaine après la tenue d'élections législatives historiques remportées par le Congrès national africain (CNA), un homme de race noire, Nelson Mandela, est porté à la présidence de l'Afrique du Sud.

L'Afrique du Sud a longtemps pratiqué une politique ségrégationniste, l'apartheid, contre laquelle se sont élevés des mouvements comme le CNA. Un de ses leaders, Nelson Mandela, fut emprisonné en 1963. Il ne fut libéré qu'en 1990, dans le contexte des ouvertures faites par le gouvernement et le président Frederik De Klerk qui allaient mener à la fin de l'apartheid. Après l'adoption d'une Constitution intérimaire, en 1993, des élections législatives, auxquelles tous les Sud-Africains peuvent participer, ont lieu du 26 au 29 avril 1994. Le CNA de Mandela remporte une victoire éclatante, obtenant 62,6% des intentions de votes (12 237 655 électeurs) et faisant élire 252 des 400 députés que compte l'Assemblée nationale. Plus de 45 chefs d'État et le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Boutros Boutros-Ghali, sont présents lorsque Mandela accède à la présidence du pays, quelques jours plus tard. Ce dernier forme un gouvernement d'union nationale au sein duquel on retrouve des membres du Parti national, dont De Klerk, qui est nommé deuxième vice-président.

Pour en savoir plus: Discours d'investitiure du premier président noir de l'Afrique du Sud

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Béchir Ben Yahmed, «Prions pour que ça marche»

«...Il (Frederik De Klerk) ne s'est pas tout d'un coup converti à l'égalité des races par charité chrétienne ; à aucun moment il n'a procédé à un franc reniement de son idéologie ancienne. Il a simplement constaté, il y a moins de dix ans, que cette idéologie avait donné son maximum. Et conclu que si on ne l'abandonnait pas en douceur, lui et les siens (la tribu blanche) allaient tout perdre.. (...) L'apartheid ayant mené à l'impasse politique, à la crise économique et financière, Frederik De Klerk et une aile de son parti ont eu la lucidité de l'abandonner parce qu'il les dessert. Leur chance a été de trouver, en face d'eux, un Nelson Mandela. Qui a compris, de son côté -il a eu tout le temps d'y réfléchir- , que son peuple et lui recevraient beaucoup plus et progresseraient plus vite à travers un processus qui apparaîtra aux siens très lent. Mandela a accepté le rôle ingrat et difficile de prêcher aux siens la patience et la modération.»

Jeune Afrique (France), 12 au 18 mai 1994, p. 5.

Jean Ziegler, «L'évidence de la victoire»

«...Et vingt-deux millions d'hommes et de femmes ont effectivement voté -souvent après une attente pénible de vingt-quatre ou quarante-huit heures- dans les 9 001 bureaux de vote disséminés à travers ce pays immense. Ce sont les grosses femmes pauvrement vêtues du peuple des Zoulous, ce sont les adolescents aux yeux brillants de fierté, ce sont les vieillards graves, les mineurs et les travailleurs de la canne à sucre, marqués par les privations, que j'ai vu attendre devant les locaux de vote en ces jours d'avril ; ce sont eux qui ont abattu, par leur bulletin, leur patience et leur détermination le détestable régime de l'apartheid. Ce n'est pas l'armée de libération victorieuse entrant dans Johannesburg rêvée par Chris Hani qui a mis fin au cauchemar raciste. Bien que la pression qu'elle a exercée dans les années soixante-dix et quatre-vingt ait certainement contribué à faire plier le pouvoir blanc. La libération vint par le vote, la victoire de l'ANC sur le pouvoir raciste par le suffrage universel, un pouvoir nazi qui accepte sa propre reddition...»

Le Nouvel Afrique Asie (France), juin 1994, p. 17.

Jean-Claude Barbier, «Afrique du Sud : vers la démocratie»

«...C'est donc avec une grande anxiété qu'on envisage aujourd'hui l'avenir de la nouvelle Afrique du Sud. Les problèmes économiques qu'elle a à résoudre le disputent aux embûches politiques, aux divisions et aux legs du passé. La société, en se libérant et en se complexifiant va prendre sa part dans la construction, face au pouvoir politique de compromis que les acteurs principaux ont instauré pour cinq ans, avec l'assentiment de la majorité des Sud-Africains. Personne ne peut dire ce que sera l'avenir. Pourtant, la leçon des premières années de la transition réussie, contre les déterminismes du passé, montre que la qualité des hommes et des femmes de ce pays est un formidable atout. Il s'agit de réussir sur la longue distance ce qu'ils viennent de réaliser pour une courte période à l'échelle de l'histoire du pays. En Afrique, tous les regards sont tournés vers eux. Plus largement, comme l'a déclaré lors de son investiture le président N. Mandela, les Sud-Africains oeuvrent pour « tous les peuples du monde ».

Esprit (France), juillet 1994, p. 65.

Éditorial

«...Part of what made this moment so special, and last week's election so moving, was the interplay between the leader and his cause. After 27 years in prison, Mr. Mandela emerged to lead a people who were also in bondage. Their struggle was embodied in the unwavering persistence, physical endurance and almost mystical spirituality of this singular man. He had been jailed years ago for daring to demand a nonracial parliament. Now he was presiding over the election of that very parliament (...) Doubtless the euphoria will swiftly pass and soon hot words will resound in a multiracial parliament. A white exodus is always possible. But in Jesse Jackson's phrase, South Africa wisely decided to negociate a revolution rather than have a civil war. And after so remarkable and orderly an election, Americans are entitled to hope that South Africa will continue to confound expectations.»

New York Times (États-Unis), 4 mai 1994

Gouvernance et gouvernement [ 9 mai 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéFrederik Willem de KlerkPoste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1989 - 1999



septembre
1989
[Résultats] Élections législatives

février
1990
Libération de Nelson Mandela en Afrique du Sud

mars
1990
Proclamation d'indépendance de la Namibie

juin
1991
Abolition des dernières lois ségrégationnistes en Afrique du Sud

avril
1994
[Résultats] Élections législatives

mai
1994
Élection de Nelson Mandela à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
1995
Conquête de la Coupe du monde de rugby par l'Afrique du Sud

juin
1999
[Résultats] Élections législatives


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