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4 novembre 1995

Assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Conseil des Ministres israéliens, Yitzhak Rabin, 1992-1995
Israeli Foreign Ministry

Le premier ministre Yitzhak Rabin, un des instigateurs du processus de paix entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), est assassiné par Yigal Amir, un jeune extrémiste israélien âgé de 25 ans.

Rabin, qui a été premier ministre d'Israël de 1974 à 1977 et de 1992 à 1995, avait conclu un accord de paix en 1993 avec le chef de l'OLP, Yasser Arafat, et s'était entendu avec le roi Hussein de Jordanie en 1994 pour mettre un terme à l'état de guerre qui existait entre les deux pays. Même si la violence persiste, le processus de paix au Proche-Orient se poursuit en septembre 1995 avec la signature d'un accord sur l'extension de l'autonomie palestinienne en Cisjordanie. Le 4 novembre, après avoir prononcé un discours à Tel-Aviv, Rabin est abattu par un jeune extrémiste israélien. La nouvelle émeut le monde entier. Le président américain Bill Clinton et même des chefs d'États arabes, comme le roi Hussein de Jordanie et Hosni Moubarak d'Égypte, assistent aux funérailles qui ont lieu le 6 novembre. Yasser Arafat aurait pour sa part offert ses sympathies à la veuve du défunt premier ministre. Shimon Peres, qui fut premier ministre d'Israël de 1984 à 1986, succède à Rabin, alors que les observateurs s'interrogent sur l'impact que ce changement aura sur l'évolution du processus de paix.

Pour en savoir plus: Dernier discours du premier ministre israélien

Dans les médias...


Pierre Bouretz, « Dialectique du sionisme et sécularisation d'Israël »

«...De la puissance des symboles assemblés par ce moment tragique on a tout dit à bon droit. De celui que représentait à lui seul Itzhak Rabin lui-même, premier grand politique de la génération des sabras, guerrier attaché à tous les moments de la défense d'Israël, chef de Tsahal devenu l'homme de la paix et de la réconciliation pour mourir quelques instants après avoir déclaré la guerre à la violence. De ceux qui se nouaient autour de la présence et des mots d'Hosni Moubarak, et surtout de Hussein de Jordanie puis autour de l'hommage de Yasser Arafat. De ceux qu'évoquait enfin Bill Clinton dans sa belle oraison : une première poignée de main hésitante à Washington voici quelques années, puis celle plus franche de ce dernier automne sous l'oeil malicieusement heureux de Shimon Pérès. À coup sûr, par ces images qui rayonnent en symboles, nous vivions ce qu'est l'histoire : une cristallisation du temps humain en ce que Kant appelait des « événements qui ne s'oublient pas ». Mais il fallait aussi, et on l'a fait, marquer la part d'une symbolique négative, en espérant qu'elle ne puisse supplanter ce qui dans la première fait signe vers l'espoir d'une poursuite du processus de paix et le souhait de sauver l'héritage d'Itzhak Rabin. »

Esprit (France), décembre 1995, p. 112.

Majed Nehmé, « Israël en danger de paix »

«...Après l'assassinat de Rabin, il ne s'est trouvé heureusement aucun chef d'État arabe, y compris parmi les plus hostiles au processus de paix, pour reprendre les propos de Begin et déclarer : « Un non-arabe a tué un non-arabe, en quoi cela regarde-t-il les Arabes ? » Cela les regarde à plus d'un titre. Ce crime sonne en effet le glas du sionisme militant et conquérant qui fut à l'origine d'un demi-siècle de guerres incessantes faites au nom d'une utopie meurtrière. Le déclenchement du processus de paix, en éliminant l'épouvantail de l'ennemi extérieur, a laissé la société israélienne face à ses innombrables contradictions. Pour échapper au danger de l'implosion, l'establishment israélien doit procéder à une déchirante révision des priorités et des tâches. La survie d'Israël passera désormais par sa capacité à faire face à ce redoutable défi de la conversion d'une société spartiate et assiégée en une société démocratique et laïque. Inutile de rappeler que c'est à peu près le même défi qu'affrontent aujourd'hui les sociétés arabes face à la remontée de l'intégrisme. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), décembre 1995, p. 31.

François Brousseau, « Un sacrifice pour la paix »

«...Yitzhak Rabin était, par son histoire, tout sauf un pacifiste. Plus précisément, il était devenu un pacifiste « de conclusion » (...) et non « de religion ». Au bout d'un long processus, il en était venu à la conclusion que la paix avec les Palestiniens - et avec tout le monde arabe environnant - était désormais pour Israël une nécessité vitale. Une affaire de sécurité d'intérêt...autant sinon plus qu'une affaire morale. Son dernier discours, lors de l'immense manifestation pacifiste de samedi soir au centre de Tel-Aviv, le disait avec éloquence : « J'ai été un soldat pendant 27 ans. J'ai combattu aussi longtemps qu'il n'y avait pas de chance de paix. Mais je crois qu'aujourd'hui cette chance existe. » C'est pourquoi il était - lui et non pas Shimon Peres, la colombe visionnaire, ou encore l'un de ces super-pacifistes du mouvement « la Paix maintenant » - la cible première des fanatiques qui, en Israël, se faisaient de plus en plus voyants depuis un an. »

Le Devoir (Québec, Canada), 6 novembre 1995, p. 1.

Éditorial

«...The assassination forces Israel to seek new leadership with credentials matching the toughness Yitzhak Rabin showed in leading and sending soldiers into battle and in confronting the Palestinian intifada, and the vision he provided in reaching out to Palestinians and the whole Mideast region for peace. Because it is a democracy and government of laws - a rarity in its part of the world - Israel will, in our judgment, be able to master the gritty challenge of making clear and certain in this time of pain that continuity and order will follow the terrible disorder of the murder. The assassin was quoted as saying he had acted "on God's orders." By his foul deed he has demonstrated - as though any follower of the news could doubt it - that no group or movement or country has a corner on this kind of deranged, destructive behavior. Ideally the stark evidence he has provided of this truth can widen the way for Palestinians to join Israelis in common cause against terrorism. »

The Washington Post (États-Unis), 5 novembre 1995.

Gouvernance et gouvernement [ 4 novembre 1995 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireEzer WeizmanShimon Peres

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1990 - 2000



juin
1992
[Résultats] Élections législatives

novembre
1995
Assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin

mai
1996
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

mai
1999
[Résultats] Élections législatives

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine


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