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16 novembre 1995

Élection de Liamine Zéroual à la présidence de l'Algérie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Liamine Zéroual

Liamine Zéroual, qui dirige l'Algérie depuis 1994, remporte l'élection présidentielle avec 61,3% des votes. Il devance facilement son plus proche rival, Mahfoud Nahnah du Hamas Islamic Party, qui est le choix de 25,8% des électeurs.

Le succès du Front islamique du salut (FIS) lors du premier tour des élections législatives algériennes, en 1992, est suivi par un coup d'État de l'armée qui empêche la tenue d'un second tour. La suspension du Parlement et de la Constitution et la dissolution du FIS entraînent les représailles des islamistes. Au cours des années qui suivent, l'Algérie est dévastée par une guerre civile qui fait des dizaines de milliers de victimes, dont le président Mohamed Boudiaf, assassiné en juin 1992. Malgré la signature en janvier 1995 d'une entente multipartite visant à faire cesser les hostilités, la campagne qui précède les premières élections présidentielles à plusieurs candidats de l'histoire du pays, le 16 novembre 1995, se déroule dans un climat de violence. Le président en fonction, Liamine Zéroual, est réélu avec un confortable majorité. Mais le scrutin, auquel participent 75% des électeurs éligibles, est boycotté par le FIS. En novembre 1996, Zéroual fera approuver à 85% une nouvelle Constitution qui sera suivie par la tenue d'élections législatives l'année suivante.

Dans les médias...


Kemal Bourzi, « Zéroual ne peut s'imposer sans réconciliation nationale »

«...Confirmé au pouvoir, légitimé par les urnes, Liamine Zéroual a sans doute gagné une bataille, mais pourra-t-il gagner la guerre ? Au lendemain du scrutin, on a nettement l'impression que le pouvoir revient, après une courte euphorie, à la case départ et aux dures réalités. En fait, cette élection n'a rien réglé du fond du problème qui se pose, et les Algériens seront obligés de vivre encore des jours sombres. Même s'il s'est fait élire sous le slogan « ni candidat de l'armée, ni celui du système », Lamine Zéroual a encore tout à prouver de son indépendance. Ceux qui l'ont fait roi puis ont organisé son couronnement - certains généraux de l'état-major - le laisseront-ils libre de ses mouvements ? Un premier geste dans ce sens serait d'organiser dans les meilleurs délais une conférence de réconciliation nationale, prélude à un cessez-le-feu et à des élections législatives, seules à même de donner une physionomie précise des forces politiques en présence. En prendra-t-il le chemin ? Nul aujourd'hui ne peut le prévoir d'une manière réelle, même s'il est vrai que le FIS et le FLN se sont déclarés disposés à dialoguer avec le président. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), décembre 1995, p. 24.

Paul-Marie de la Gorce, « Les leçons d'un scrutin »

«...Le 17 novembre tout le monde était content. Du côté des militaires on se félicitait : l'armée venait d'être plébiscitée à travers l'un des siens, un homme qui a dit un jour : « Je suis un fils de l'armée. » Nahnah (Mahfoud), lui, fait la preuve qu'il pouvait rassembler le courant islamique en Algérie avec 3 millions de voix : il s'est substitué au FIS dans la mesure où l'élection n'a pas été boycottée, et il se retrouve chef de file du principal parti d'opposition. Sadi (Saïd) ne peut plus être considéré comme le chef d'un groupe isolé et il a été l'un des artisans de l'écrasement des partis de Sant' Egidio. Zéroual a fait jouer en sa faveur les sentiments profonds de la population : l'espoir de paix et la résistance à l'islamisme, et la clé de sa victoire a résidé dans la convergence sur son nom de la tradition nationaliste du FLN, de l'électorat populaire, des cadres militaires, économiques et administratifs du pays. »

Jeune Afrique (France), 23 au 29 novembre 1995, p. 16.

Lucile Provost et Naoufel El Mili, « Élection présidentielle en Algérie : quelles perspectives ? »

«...La difficulté est par ailleurs d'évaluer l'ampleur du soutien que Zeroual peut aujourd'hui trouver dans l'armée. Sa candidature avait mis du temps à faire l'unanimité chez les généraux, dont certains lui auraient préféré celle de Redha Malek, partisan résolu de l'éradication des islamistes. Le général, qui a rendu visite en prison à Abassi Madani et Ali Benhadj, une fois élu, est condamné à poursuivre une politique de dialogue s'il ne veut pas se déjuger. Il bénéficie désormais de la légitimité du suffrage universel. Mais la perspective du dialogue continue d'inquiéter certains officiers éradicateurs qui craignent que les islamistes, parce qu'ils devront y affirmer une position de force, ne multiplient les attentats. L'amalgame dialogue-attentats, bien que discutable, est un argument qui fait recette auprès de certains généraux, et qui leur permet d'ailleurs de masquer une relative inaptitude de leurs troupes à éradiquer sur le terrain. En apparence, l'annonce fait par le Président d'une amnistie générale ne concerne que « les jeunes égarés », mais vise en fait également à rassurer les militaires qui se sont fortement impliqués dans l'arrêt du processus électoral de 1991, et surtout dans la répression. »

Esprit (France), mars 1996, p. 169.

Lara Marlowe, « Ballots, not Bullets »

«...The elections were called because the hard-pressed government wanted to create the appearance of legitimacy at home and abroad for Zeroual, 54, the head of state appointed by the army in January 1994. Zeroual's race against three other presidential candidates was the chronicle of a victory foretold. But his victory left the North African country of 30 million as uncertain of its future as at any other time since its ill-fated first attempt to hold multiparty voting four years ago. (...) ...the willingness of Algerians to risk their life voting last week was even more amazing than the government's ability to bring off the election without disastrous violence. Many voted as they had for three decades of one-party rule - mechanically and without conviction. Others saw the poll as a fresh start : "I don't care if the F.I.S. is excluded," said Farid Harssani, 38, a printshop worker. "This is the first time we've had more than one candidate to vote for." Above all other considerations, Algerians voted in the desperate belief that their gesture might somehow stem the violence wracking their country. »

Time (États-Unis), 27 novembre 1995, p. 42.

Gouvernance et gouvernement [ 16 novembre 1995 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Algérie
FaibleLiamine ZéroualMokdad Sifi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1990 - 2000



janvier
1992
Démission du président algérien Chadli Bendjedid

février
1992
Proclamation de l'état d'urgence en Algérie

février
1995
Émeute dans la prison de Serkadji, en Algérie

novembre
1995
Élection de Liamine Zéroual à la présidence de l'Algérie

septembre
1998
Création du Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat en Algérie

septembre
1999
Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie


Dans l'actualité


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2018
Crise migratoire : l'Algérie entre immigration et émigration

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2015
Algérie : entre islamisme et islamisme radical, un éternel débat

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Algérie 2015: la fin de l'époque Bouteflika?

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2014
La route transsaharienne est sur la bonne voie

février
2014
Un bilan économique mitigé en Algérie

novembre
2010
L'Algérie : le déclin de l'or noir

novembre
2008
Algérie : une révision constitutionnelle controversée

septembre
2007
« Touche pas à mon Algérie »


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