19 août 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

8 juillet 1997

Annonce de l'intégration de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque au sein de l'OTAN

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

logo de l'OTAN

L'organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), une alliance militaire qui regroupe 16 pays d'Europe et d'Amérique du Nord, prend une décision historique en annonçant qu'elle acceptera dans ses rangs trois pays d'Europe de l'Est : la Hongrie, la Pologne et la République tchèque.

Après l'effondrement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et la dissolution du pacte de Varsovie, en 1991, l'OTAN avait créé un Conseil de coopération nord-atlantique (COCONA) favorisant un rapprochement avec les anciens pays du bloc de l'Est. Lors d'un sommet qui se déroule à Madrid, en juillet 1997, ses dirigeants vont plus loin en rendant publique leur décision d'intégrer dans leurs rangs trois de ces pays : la Hongrie, la Pologne et la République tchèque. Ensemble, ils comptent 60 millions d'habitants. Si elle est ratifiée par tous les membres, il s'agira de la première expansion de l'OTAN depuis l'adhésion de l'Espagne, en 1982. Cette ouverture réjouit les trois gouvernements concernés mais suscite l'inquiétude en Russie et la déception dans d'autres pays, comme la Roumanie et la Slovénie, qui souhaitent également entrer dans l'alliance. L'adhésion des trois nouveaux membres sera soulignée officiellement le 12 mars 1999 au cours d'une cérémonie qui se déroule à Independance, au Missouri, ville natale de l'ex-président américain Harry Truman. Au cours des années qui suivront, des pourparlers seront entrepris afin d'ouvrir les rangs de l'OTAN à d'autres pays d'Europe de l'Est.

Dans les médias...


Hélène Carrere d'Encausse, « La Russie désormais partenaire »

«...Officiellement, la Russie, qui a trouvé un arrangement avec l'Otan, n'a pas pour autant accepté l'ouverture réalisée à Madrid. Mais le désaccord silencieux équivaut à un accord donné, de mauvais gré certes. Cette ouverture a un grand avantage. Ses limites même suggèrent qu'il s'agit seulement d'un premier pas : les autres, et avant tout les pays baltes qui sont effectivement vulnérables, peuvent en conclure que les portes de l'Otan ne leur resteront pas fermées à jamais. Les dirigeants baltes ne dissimulaient pas, ces temps derniers, leur préférence pour ce compromis qui évoque un processus. Une entrée plus massive, dont ils auraient été les seuls exclus, aurait implicitement signifié que le refus de l'Otan était définitif. Après le sommet de Paris, celui de Madrid consacre une nouvelle conception de la sécurité de l'Europe. Une sécurité qui, affaire de tous les Etats du continent, ne s'opère pas contre l'un de ces Etats. L'acte fondateur du 27 mai en est la preuve : la Russie fait désormais partie de cet ensemble de sécurité qui prend en compte ses intérêts et ses inquiétudes. »

Le Figaro (France), 9 juillet 1997, p. 3.

Catherine Durandin, « L'extension de l'Otan la meilleure voie vers la recrudescence des nationalismes »

«...Paris n'est pas en position de décideur dans l'Otan et prétend imposer la candidature de Bucarest. Washington a très mal joué, a ouvert une zone de fracture à l'Est en séparant les bons et les moins bons, en recréant ainsi des tensions qui s'apaisaient et en introduisant Moscou dans cet espace fracturé. Cette politique est irresponsable et débouche sur ce vide de sécurité à l'Est que l'on voulait éviter. Paris s'est doté d'une politique sans les moyens de cette politique : ce fut une gesticulation qui n'aura d'autre effet qu'une perte de crédibilité. Dans l'immédiat, la France et son candidat est perdante, dans le moyen terme les Etats-Unis portent la responsabilité d'une déstabilisation peu contrôlable. Dans la conjoncture d'urgence, les petites puissances ont cédé à un mimétisme aveugle. L'extension à demi de l'Otan qui sélectionne les uns et repousse les autres est la meilleure voie vers la recrudescence des nationalismes et du chaos. »

La Croix (France), 10 juillet 1997, p. 11.

François Brousseau, « Hégémonie américaine »

«...l'effet pervers de ce développement - encore inimaginable au début de la décennie - pourrait être de réveiller l'ours paranoïaque qui sommeille peut-être à l'Est, et de braquer les Russes d'une façon insoupçonnée, plutôt que de les tenir en respect. Il y a du poker, gros poker dans cette décision américaine dictée par une certaine volonté expansionniste. Du poker et de l'improvisation. Car depuis 1989, l'OTAN souffre d'un problème, d'un énorme problème d'identité, que ne diminue en rien son apparent triomphe tous azimuts. Qu'est donc cette organisation? Quel est son but dans la vie? On a beau, aujourd'hui, claironner que Moscou n'est plus l'ennemi, on sent bien que ce discours lénifiant est une grosse salade mal servie. Ou bien il n'y a réellement plus d'antagonisme, et alors on invite tout le monde. Ou bien il y a encore de telles choses que des intérêts contradictoires, des zones d'influences, des peurs justifiées. Alors on improvise l'inclusion de nouveaux membres, qui ne fait que déplacer les lignes de fracture... À l'intérieur même du club occidental constitué, la question principale qui ressort de ce pénible exercice est plus simple. Qui peut arrêter les Américains? Peut-on s'opposer, ne serait-ce que minimalement, à leurs dix volontés? (...) Et finalement, à qui la faute pour cet état de choses? »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 juillet 1997, p. A6.

William Safire, « The end of Yalta »

«...The essential reason for bringing the formerly captive nations of Eastern Europe into the successful European-American military alliance is to deter any future move into Europe by a resurgent Russia. But Russia is no longer a threat. Who needs to insult nice guys in Moscow by inviting their neighbors into our club? Indeed, if there is no Russian threat, why have a NATO at all? Answer: Now is the strategic moment to prevent such a threat from appearing. An ounce of easy expansion today is worth a ton of confrontation tomorrow. Russia is down but far from out; with its literate population and unlimited resources, now unstultified by Communism, it will regain superpower status soon. If its future leaders are tempted again to extend Russia's sphere westward, they will be deterred - as before - by NATO's military pact. But if, as we hope, our prudence proves unjustified, and a democrat like Boris Nemtsov is elected to lead Russia into the rule of law - then our children can expand the alliance to include Russia (against a possible Asian threat) or disband it entirely. »

New York Times (États-Unis), 9 juillet 1997.

Gouvernance et gouvernement [ 8 juillet 1997 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Hongrie
ÉlevéÁrpád GönczGyula Horn

Pologne
ÉlevéAleksander KwasniewskiWlodzimierz Cimoszewicz

Tchèque (Rép)
IntermédiaireVáclav HavelVáclav Klaus

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1992 - 2002



mai
1994
[Résultats] Élections législatives

juillet
1997
Annonce de l'intégration de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque au sein de l'OTAN

mai
1998
[Résultats] Élections législatives

avril
2002
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


janvier
2016
Jeux olympiques 2024 : Budapest sous la loupe

janvier
2016
Les migrants face à un rempart en Hongrie

septembre
2014
Une réélection sans souci en Hongrie

février
2013
Une déclaration controversée provoque la population hongroise

février
2012
Clivage gauche-droite en Hongrie : match nul !

octobre
2010
Le controversé parti Jobbik franchit les portes du Parlement hongrois

novembre
2007
Il y a dix ans, la Hongrie disait oui à l'OTAN

septembre
2006
La crise des mensonges hongrois


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019