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18 juin 2000

Acceptation d'une trêve mettant fin à la guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Issayas Afeworki

Après deux années d'un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus d'un million de réfugiés, l'Éthiopie et l'Érythrée acceptent un cessez-le-feu. Il sera suivi, en décembre 2000, par la conclusion d'un accord de paix.

L'Érythrée est un État d'Afrique orientale qui a proclamé son indépendance en 1993. Des différends territoriaux avec sa voisine, l'Éthiopie, et la décision de ses dirigeants d'adopter une nouvelle monnaie, en 1998, exacerbent les tensions entre les deux pays qui dégénèrent en conflit armé au mois de mai. Les combats, qui font des dizaines de milliers de morts et de réfugiés, incitent le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) à imposer un embargo sur le matériel militaire livré aux deux belligérants. De son côté, l'Organisation de l'unité africaine (OUA) propose un plan de paix qui prévoit notamment un retour aux frontières existantes avant le début des hostilités. Après l'Érythrée, l'Éthiopie accepte la proposition de l'OUA. Un cessez-le-feu est conclu à Alger, le 18 juin 2000. Des troupes de l'ONU seront déployées dans la région afin de constituer une zone tampon. Le 12 décembre 2000, un accord de paix sera signé par le président érythréen Issayas Afeworki et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi.

Dans les médias...


Serge Truffaut, « Paix de cristal »

«...Qu'on ne s'y trompe pas. L'entente signée à Alger entre les ministres éthiopiens et érythréens afin que cesse l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire contemporaine, est extrêmement fragile. Les causes à l'origine de ce qu'on qualifie de guerre inutile sont si nombreuses et enchevêtrées qu'il ne faudrait pas s'étonner que les canons recommencent à tonner une fois l'encre de cet accord sèche. À preuve, la délégation éthiopienne n'a donné que son accord de principe, rien de plus, au plan de paix élaboré sous l'égide du président en exercice de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le président algérien Abdelaziz Bouteflika. À moins que les membres de l'ONU ne forcent quelque peu le jeu en proposant que le contingent appelé à maintenir le cessez-le-feu soit plus imposant que celui envisagé, il est possible que cet énième accord capote. Si le pessimisme est de mise, c'est que ce conflit n'est en rien un conflit classique. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 juin 2000, p. A6.

Jean-Louis Péninou, « Éthiopie-Erythrée, une paix en trompe-l'oeil »

«...La volonté de réduire le jeune État érythréen à un État sans force militaire participe d'une ambition plus vaste. De cette guerre, l'Éthiopie attend d'être reconnue comme puissance régionale. Comme l'Afrique du Sud domine le cône Sud du continent, comme le Nigeria affirme sa puissance à l'ouest, l'Ethiopie entend que son point de vue prévale à Asmara comme à Djibouti, dans les micro-Etats somaliens ou dans le reste de la Grande Corne. La politique intérieure éthiopienne n'est pas absente de cette ambition. La combinaison politique fondatrice du régime établi en 1991 - un fédéralisme ethnique poussé et une extrême fermeture du pouvoir central, monopolisé par le Front populaire de libération du Tigré (FPLT) - se heurte à de fortes oppositions. Groupe ethnique minoritaire (de 6 % à 7 %), les Tigréens, pour se maintenir à Addis-Abeba où ni la population ni les élites ne les aiment, trouvent avantage à incarner, à leur tour, le rêve « impérial » éthiopien. Les critiques contre le pouvoir solitaire de M. Issayas Afworki se sont instantanément tues au déclenchement de la guerre; la rue, à Addis-Abeba, s'est retrouvée pour acclamer des combattants tigréens dans lesquels elle ne voyait hier que d'inquiétants occupants. »

Le Monde diplomatique (France), juillet 2000, p. 20.

Yves Pitette, « Plus pauvres. Erythrée et Éthiopie interrompent une guerre ruineuse »

«...Il y avait un vrai paradoxe, ces dernières semaines, à lire dans La Croix les pages consacrées à tous ceux et toutes celles qui se dépensent sans compter pour faire bouger l'Afrique quand, dans les pages voisines, le journal relatait des violences comme celles du Zimbabwe, provoquées par un pouvoir avant tout désireux de se maintenir en place. Aujourd'hui, on relèvera, parce que ce n'est pas si fréquent, que ce conflit de la corne de l'Afrique a trouvé sa solution entre Africains, sous l'égide de l'Algérie. Même si venir à Alger pour signer la paix peut aussi paraître paradoxal, tellement le président Bouteflika a du mal à la garantir à ses propres concitoyens. Mais le résultat est là. Voici donc, une fois encore, deux pays parmi les plus pauvres de la planète un peu plus handicapés qu'auparavant. Il faut même craindre que la paix n'empêche pas que se produisent tous les effets néfastes d'une guerre, en premier lieu la famine. L'Erythrée, qui préférait acquérir les outils du développement plutôt qu'accueillir les missions humanitaires, est au plus mal. En Afrique, décidément, le développement reste le vrai nom de la paix. »

La Croix (France), 19 juin 2000, p. 1.

François Soudan, « Bagatelle pour un massacre »

«...Essence du régime érythréen, moyen pour le régime éthiopien de s'affirmer, le nationalisme exacerbé à usage interne est donc directement à l'origine de la plus meurtrière de toutes les guerres qu'a connues l'Afrique subsaharienne depuis la conquête coloniale. De part et d'autre, les belligérants ont fait appel aux mânes du négus Haïlé Sélassié pour galvaniser les troupes, mais aussi aux instincts les plus violents, aux ressorts les moins avouables. Quant aux deux responsables, Afewerki et Zenawi, ils ont participé ensemble, pendant ces deux années, à six sommets ou rencontres sans jamais se serrer la main ni même se croiser. Maintenant qu'un semblant de paix a été signé, peut-être se retrouveront-ils enfin à l'occasion du prochain sommet de l'OUA, à Lomé. Peut-être s'embrasseront-ils sous l'oeil ému de leurs pairs. Cent vingt mille cadavres n'ont jamais empêché une accolade. »

Jeune Afrique (France), 27 juin au 3 juillet 2000, p. 25.

Béchir Ben Yamed, « Fauteurs de guerre »

«...Ce combat entre Lilliput et Gulliver ne s'est pas arrêté parce que la sagesse qui avait déserté les belligérants est revenue ni parce que les pressions diplomatiques ont finalement prévalu sur la rage d'en découdre. Les canons ont cessé de tonner et les avions de bombarder lorsque les états-majors ont pris conscience qu'ils étaient en train d'épuiser leurs munitions et leur carburant, que la guerre dite moderne allait, de toute manière devenir impossible. Lisez les déclarations des porte-parole des deux pays et, en particulier, celles du Premier ministre éthiopien, vainqueur du moment, et vous comprendrez que, pour lui, si la guerre s'achève, commence, avec la négociation, une autre guerre, par d'autres moyens : le règlement des comptes. Et si vous connaissez un tant soit peu la fierté exacerbée des Érythréens et leur volonté indomptable d'apparaître l'égal du plus grand, vous vous dites : on n'est vraiment pas sorti de l'auberge, la guerre va sans doute s'arrêter, mais le conflit perdurera, on en entendra parler tout au long des prochaines années et, même, des décennies à venir. »

Jeune Afrique/L'Intelligent (France), 6 au 12 juin 2000, p. 6 et 7.

Gouvernance et gouvernement [ 18 juin 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Éthiopie
TransitionNegaso GidadaMeles Zenawi

Érythrée
Non disponibleIssayas Afeworki

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2000
Acceptation d'une trêve mettant fin à la guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée

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2005
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