Université de Sherbrooke
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3 octobre 1976
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Rencontre entre Helmut Schmidt, chancelier de la RFA, et Jean Paul II
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 48,6% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) obtiennent 243 sièges au Bundestag et arrivent nettement en tête des formations représentées aux élections législatives. L'appui des libéraux (FDP) aux sociaux-démocrates (SPD) de Helmut Schmidt permet cependant à ces derniers de former à nouveau le gouvernement.

Le scénario est une réplique de celui de 1974, sauf que cette fois un plus grand écart sépare les chrétiens-démocrates de Helmut Kohl des sociaux-démocrates qui obtiennent 42,6% des votes et ne font élire que 214 députés. Le chancelier Helmut Schmidt, maintenant âgé de 57 ans, se maintient au pouvoir grâce aux 39 députés libéraux. Considéré comme plus à droite que son parti, Schmidt a tenté au cours des deux dernières années de stabiliser la situation économique de l'Allemagne, aux prises avec une hausse du chômage et une inflation élevée. Élu chancelier par une faible majorité -250 voix contre 243, avec une abstention- , il forme un cabinet dans lequel on retrouve une dizaine de ministres sociaux-démocrates et quatre libéraux, dont le président du FDP, Hans-Dietrich Genscher, au poste de vice-chancelier et de ministre des Affaires étrangères.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


François-Henri de Virieu, « La frêle victoire de Helmut Schmidt »

«...Première explication, donc, du recul de la «gauche» allemande le 3 octobre : la persistance de la récession économique, ou plus exactement le sentiment que le S.P.D. n'est pas en mesure de remettre l'Allemagne sur les rails de la Wachtum, cette croissance dont elle ne peut plus se passer (...) Deuxième explication du recul du parti de Helmut Schmidt : la classique usure du pouvoir qui frappe, tôt ou tard, toutes les équipes dirigeantes des pays démocratiques et à laquelle les social-démocrates suédois eux-mêmes ont succombé au bout de quarante-quatre ans. Le S.P.D., il ne faut pas l'oublier, est au gouvernement, à Bonn, depuis dix ans puisqu'il faisait déjà partie de de la «grande coalition» avec la C.D.U. À cette usure du pouvoir vient s'ajouter celle du temps. Les dirigeants du S.P.D. ne sont plus tout jeunes. Willy Brandt aura soixante-trois ans en décembre, et Helmut Schmidt cinquante-huit ans. Et derrière eux, personne ! Les deux hommes ont semblé fatigué tout au long de la campagne, et l'on recommence à murmurer avec insistance à Bonn que l'actuel chancelier serait gravement malade.»

Le Nouvel Observateur (France), 11 octobre 1976, p. 48.

Joseph Rovan, « L'Allemagne veut être gouvernée au centre »

«...Ce que révèle le résultat du 3 octobre 1976 (mais est-ce vraiment une surprise?), c'est qu'il existe en République fédérale une large coïncidence ente la réalité sociale et l'état de la conscience : une grande majorité des travailleurs sont de petits possédants et n'ont pas une mentalité de prolétaires; la grande majorité des classes moyennes est désormais composée de salariés dont la situation évolue en se rapprochant de celle des ouvriers, et inversement. La conscience politique des uns et des autres est à jour, sans anachronismes et contradictions internes : c'est pace que dans la société allemande il existe désormais un immense bloc de gens qui ne sont ni prolétaires ni grand bourgeois, un immense bloc de gens dont les intérêts et les aspirations sont largement identiques, que le peuple allemand a voté au centre en donnant la préférence à ceux qui insistent davantage sur des changements prudents que sur la défense de l'ordre établi tel qu'il existe (...) La grande majorité des Allemands, se méfiant de l'exaltation en politique, considère sans doute que la politique doit être autre chose que la continuation de la guerre civile avec d'autres moyens.»

Études (France), novembre 1976, p. 681.

Georges Vigny, « Schmidt et la courte victoire historique »

«...Aussi paradoxal que cela paraisse, c'est cette majorité étriquée, qui est en fait une confirmation de la coalition au pouvoir, qui constitue la leçon du scrutin (...) ce 3 octobre, l'Allemagne fédérale a confirmé le virage pris en 1972 et, en dépit du fait que le SPD a tardivement réagi à la baisse de sa cote populaire, elle a redonné un mandat aux socialo-libéraux, alors que, parallèlement, CDU et CSU faisaient le plein de leurs voix avec 48,6%. C'est à la personnalité d'un Helmut Schmidt que l'on doit cette victoire, à sa compétence, à ses performances et...à son antipathie pour le communisme. Il est significatif que ce leader socialiste est aussi le champion de l'économie et, continuateur de l'Ostpolitik, se situe clairement à la droite de son parti. Avec quelques jours de recul, on voit mieux pourquoi le slogan démocrate-chrétien « Liberté plutôt que Socialisme » sonne creux. Se souvient-on encore des critiques formulées contre Helmut Schmidt au moment où, Willy Brandt pris dans un scandale, il accéda à la chancellerie ? « Il serait aussi à l'aise à la tête de la CDU que du SPD »... Il est significatif que le président du SPD, encore aujourd'hui, est Willy Brandt et non Helmut Schmidt.»

Le Devoir (Québec, Canada), 4 octobre 1976, p. 4.

Éditorial

«...At first glance this would seem to suggest a new conservative trend in West Germany parallel to that taking place in Sweden, where voters recently threw out the 40-year-old Social Democratic government. But it is perhaps less that than simply a restatement of West Germans' basic conservatism (...) Thus, in the absence of clear-cut domestic or foreign-policy issues, the election was largely a personality contest. Helmut Schmidt has proved to be a strong, competent leader with an air of authority. Helmut Kohl came across to many as a less able man from the provinces who was unable to keep up with his opponent's mastery of detail in a four-hour television debate. Undoubtedly Mr. Kohl also lost strength because people thought the controversial former Defense Minister Franz-Josef Strauss would dominate the government if the Christian Democrats came to power. In sum, West Germans perceived that Mr. Schmidt was still the best man to lead the country in the next four years. But they signalled that they intend to remain in the moderate center, eschewing radical departures either to the right or the left.»

The Christan Science Monitor (États-Unis), 5 octobre 1976.

Gouvernance et gouvernement [ 3 octobre 1976 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
TransitionWalter ScheelHelmut Schmidt

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie [1971 - 1981]



3 septembre 1971 Signature d'un traité quadripartite sur la situation de Berlin
5 septembre 1972 Attentats terroristes pendant la tenue des Jeux olympiques de Munich
19 novembre 1972 Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Willy Brandt
19 novembre 1972[Résultats] Élections législatives
21 décembre 1972 Signature d'un Traité fondamental entre les deux Allemagnes
18 septembre 1973Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)
6 mai 1974 Démission du chancelier de la République fédérale d'Allemagne, Willy Brandt
16 mai 1974 Helmut Schmidt : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
1 juillet 1974Walter Scheel : chef d'État (investiture/assermentation)
21 mai 1975 Début du procès de la Bande à Baader
3 octobre 1976 Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt
3 octobre 1976[Résultats] Élections législatives
1 juillet 1979Karl Carstens : chef d'État (investiture/assermentation)
5 octobre 1980 Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt
5 octobre 1980[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension