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27 septembre 1998

Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rencontre entre le Président pakistanais, Pervez Musharraf, et le chancelier allemand, Gerhard Schroder
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 40,9% des votes exprimés, les sociaux-démocrates (SPD) de Gerhard Schröder obtiennent 298 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Helmut Kohl, qui reçoivent l'appui de 35,1% des électeurs et font élire 245 députés.

Un taux de chômage supérieur à 11%, une campagne réussie des sociaux-démocrates et l'usure du pouvoir ont raison des chrétiens-démocrates et du chancelier Helmut Kohl qui dirige le gouvernement depuis 1982. Lors des législatives, la coalition entre le CDU-CSU et les libéraux (FDP) plafonne à 40,2% des intentions de vote, un véritable désastre. Les 270 députés représentant ces partis placent ceux-ci nettement à court de la majorité, ce qui ouvre la porte à la coalition Rouge (SPD) et Verte (Parti vert). Les sociaux-démocrates (SPD), dirigés par Gerhard Schröder, font élire à eux seuls 298 députés, auxquels s'ajoutent les 47 verts et les 44 élus du Parti démocrate-socialiste (PDS). Le nouveau chancelier, âgé de 54 ans, fait entrer trois ministres verts au cabinet, une première. Il confie notamment à leur chef, Joschka Fischer, le poste de vice-chancelier et de ministre des Affaires étrangères. La coalition s'annonce intéressante puisque, lors de la campagne, Schröder a défendu des positions centristes sur des questions comme la fiscalité ou l'intervention de l'État dans l'économie.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Michèle Georges, «Majorité plurielle à l'allemande»

«...L'inquiétude, elle, vient justement de l'ampleur du succès. Le SPD peut aujourd'hui diriger le pays avec les Verts. Envolée la transition moelleuse -à laquelle tout le monde rêvait peut-être- de grande coalition SPD-CDU, qui aurait permis de renouveler l'air ambiant sans casser les meubles. Est-ce vraiment ce qu'ont voulu les électeurs ? Le système électoral allemand, avec son double vote, autorise tous les «votes tactiques» et ressemble à un fusil à tirer dans les coins. Qu'importe, aujourd'hui Verts et rouges doivent négocier pour demain, peut-être gouverner ensemble. Plus que la seule fin de l'ère Kohl, c'est la fin de l'ère Adenauer, qui a fondé la République allemande sur le principe : «Pas d'aventure». De l'aventure, il va justement y en avoir : «Nous voulons un gouvernement stable», répète Gerhard Schröder comme pour conjurer le sort. Il s'agit en fait de réunir deux partis eux-mêmes traversés par des forces centrifuges et dont l'alliance ressemble à une émulsion d'huile et d'eau : infiniment instable.»

L'Express (France), 1e octobre 1998, p. 32.

Bernard Guetta, «Lame de fond»

«...les démocrates américains comme les sociaux-démocrates européens ne s'obstinent plus à défendre à tout prix les acquis perdus d'un monde révolu. Chacun à sa manière, tous ont compris qu'il leur fallait désormais chercher et négocier les futurs équilibres d'un monde nouveau. Ils tâtonnent encore, pour longtemps sans doute, mais marchent au moins dans la bonne direction. C'est cet aggiornamento qui leur a permis de percer dans les classes moyennes, tout aussi déstabilisées par la nouvelle donne que les fonctionnaires et les cols bleus, clientèle traditionnelle de la gauche. L'échiquier des partis s'est ainsi adapté à l'échiquier social, l'offre politique au besoin de nouvelles alliances. Ainsi sont nés les nouveaux travaillistes britanniques, le nouveau centre allemand, l'Olivier italien, la gauche plurielle en France, ou encore aux États-Unis le democratic leadership, l'aile rénovatrice du Parti démocrate, dont Bill Clinton est issu (...) En changeant, la gauche a cassé la droite. Il lui reste à transformer l'essai : à proposer un nouveau contrat social. Ce ne sera pas le plus facile.»

Le Nouvel Observateur (France), 1e au 7 octobre 1998, p. 26.

Frédéric Wagnière, «Monsieur Alternance»

«...On pourrait croire que M. Schröder est sorti du même moule que le premier ministre britannique Tony Blair, l'incarnation de ce qu'un nouveau socialiste devrait être. Mais la tâche qui l'attend sera beaucoup plus ardue que celle que M. Blair a hérité des conservateurs. Margaret Thatcher et John Major avaient transformé l'économie britannique et, surtout, le marché du travail (...) M. Schröder, en revanche, devra faire un travail beaucoup plus fondamental et parfois prendre des décisions qui heurtent les sensibilités des vieux socialistes. La question que tout le monde se demande est de savoir si le nouveau chancelier aura la poigne et la ténacité nécessaires pour mener de front une réforme de la fiscalité et une restructuration du marché du travail. Il n'a jamais été un homme aux convictions très profondes ni un bourreau de travail. Il est davantage l'homme du consensus que l'innovateur. Dans ce contexte, la coalition avec les verts -si elle se réalise- pourrait être d'une grande utilité. Ce parti, issu du mouvement écologiste, est en réalité une nouvelle gauche, qui occupe le terrain laissé vide par la migration des socio-démocrates vers le centre.»

La Presse (Québec, Canada), 29 septembre 1998, p. B2.

Éditorial

«...The new boss has earned a label as a Clinton-Blair centrist. Schroder has pledged help to both sides in the jobs-versus-taxes debate. His plans to update Germany are dubbed «the new middle» to draw in all sides. Within hours of his victory, he was working on a coalition with the small Greens party to form the majority needed to run the country. Paddling the canoe on both sides will take political skill. Very soon he will need to make a choice on a host of divisive issues where the middle course may not work. New industry must be found for the former East Germany, a poor relation with the prosperous West. An infusion of taxes, more welfare or more promises ? If Germany is to grow in the world economy, can it afford both high wages and social programs ? Can its role as an anchor of a slowly unifying Europe continue if its economy and taste for foreign aid dwindle ? After playing up his differences with Kohl, Schroder now espouses a more cautious line.»

The San Francisco Chronicle (États-Unis), 29 septembre 1998.

Gouvernance et gouvernement [ 27 septembre 1998 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéRoman HerzogHelmut Kohl

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1993 - 2003



juin
1994
Tenue d'élections au Parlement européen

octobre
1994
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

septembre
1998
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
1998
[Résultats] Élections législatives

juin
1999
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2002
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
2002
[Résultats] Élections législatives


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