Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

21 janvier 2018

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21 novembre 1988

Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Brian Mulroney

Le Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney remporte les élections législatives avec 43,3 % des voix. Il fait élire 170 députés à la Chambre des communes contre 82 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de John Turner.

Il s'agit d'un second gouvernement majoritaire consécutif pour Brian Mulroney, un succès que même l'ex-premier ministre progressiste-conservateur John Diefenbaker n'avait pu obtenir au cours des années 50 et 60. Le thème d'un nouveau traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis domine la campagne électorale. Les progressistes-conservateurs y sont favorables alors que le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD), dirigés respectivement par John Turner et Ed Broadbent, s'y opposent. Les trois chefs croisent d'ailleurs le fer lors d'un débat télévisé qui suscite beaucoup d'intérêt. Malgré les 170 sièges des progressistes-conservateurs, libéraux et néo-démocrates font des gains substantiels par rapport à l'élection de 1984, gagnant 82 et 43 circonscriptions contre 40 et 30 en 1984. Autre fait à souligner : 39 femmes sont élues à la Chambre des communes, un record pour une élection fédérale.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Michel Roy, « Mulroney gagne quatre fois »

«...Il faut y voir une seule et même victoire, avant tout celle de Brian Mulroney, à la fois électorale et référendaire, personnelle et politique. Victoire décisive et majeure pour une formation si longtemps écartée du pouvoir mais qui se révèle à présent sous le leadership de ce premier ministre, la plus attentive à toutes les réalités canadiennes, à toutes les régions, la plus respectueuse des divergences du pays et, en même temps, la plus soucieuse de rassembler. Victoire du libre-échange qui fait naître des inquiétudes légitimes, mais suscite le défi de l'ouverture sur le monde auquel le Canada ne pouvait se dérober. (...) Au lendemain de ces élections, le premier ministre peut se féliciter de l'envergure authentiquement canadienne de son gouvernement. En effet, les conservateurs sont parvenus à faire élire des députés dans toutes les régions, contrairement aux libéraux et aux néo-démocrates. Pour un pays aussi vaste et divers, un pareil équilibre politique constitue une réussite admirable lors d'un deuxième mandat et après un débat aussi déchirant sur le libre-échange. »

Le Soleil (Québec, Canada), 23 novembre 1988, p. B10.

Benoit Lauzière, « Ce n'était pas un référendum »

«...N'en déplaise aux opposants à cet accord commercial, ce sont bien des élections générales qui se sont tenues lundi dernier, dans une tradition de démocratie parlementaire de type britannique et dans un système électoral uninominal à un tour. Les partis et plusieurs groupes d'opposition ont voulu en faire un référendum sur le libre-échange et durant les jours qui suivi les fameux débats télévisés, on a pu avoir l'impression que l'opération avait réussi. Cette stratégie habile a rapporté moins de dividendes qu'on en avait d'abord espéré mais autant - et même plus - qu'on pouvait en tirer quand on se rappelle où se situaient les partis et leurs chefs dans l'opinion publique au début de la campagne électorale. Mais ce n'était qu'une stratégie. Ce n'est pas parce qu'elle a failli l'emporter et, encore moins, parce qu'on a perdu le genre d'élections qu'on aurait voulu faire qu'on peut en interpréter les résultats comme s'il y avait eu un référendum en lieu et place d'élections générales. »

Le Devoir (Québec, Canada), 24 novembre 1988, p. 8.

S.A., « Un pari raisonnable »

«...Victoire à l'arraché, mais victoire historique, puisque, depuis 1874, les conservateurs n'avaient pas obtenu deux mandats consécutifs. Il y avait eu d'abord ces mille et une rumeurs de scandale, et la démission un peu honteuse de sept ministres du cabinet. Puis cette incapacité du gouvernement sortant à vraiment mobiliser les électeurs, faute d'un projet assez clair. Enfin, et surtout, cette campagne très agressive au cours de laquelle les libéraux de John Turner, jouant sur la corde nationaliste et un tantinet populiste, face à l'accord de libre-échange signé par les conservateurs avec l'envahisseur voisin américain, avaient regagné le terrain perdu dans les sondages. En faisant de cette élection un véritable référendum sur l'accord avec les États-Unis les libéraux espéraient tirer profit de réflexes passionnés et de craintes, qui n'étaient pas toutes sans fondement. À l'évidence, le Canada a préféré la voie d'une certaine raison. (...) Le pari que fait le Canada a un avantage : celui d'introduire le poil à gratter de la concurrence dans une économie qui a beaucoup évolué depuis vingt ans et qui lui permet de faire maintenant partie des Sept Grands, mais reste en retard, notamment pour la productivité. »

Le Monde (France), 23 novembre 1988, p.1.

Éditorial

«...Canada, after sharp and searching debate, decided in the end to vote for growth and economic strength. (...) Whichever way it went, the Canadian election was clearly going to have an impact on the worldwide trading system. The Canadian and American negotiators drafted this Free Trade Agreement not only to serve their own national interests but to provide a model for the revision now under way of the world's obsolescent and inadequate trading rules, known as the GATT - the General Agreement on Tariffs and Trade. Work on it resumes at a meeting in Montreal next month. Had Canada voted down the agreement with the United States, it would have accelerated the drift in Europe and Asia toward inward-looking trading blocs to which neither Canada nor the United States belongs. Instead, with confidence and courage, Canada has asserted a North American standard for open world trade. »

The Washington Post (États-Unis), 23 novembre 1988.

S.A., « The Conservative Victory »

«...The Conservatives showed their power in every region (less in Atlantic Canada) and are now indisputably a national party. They attracted substantial public support for free trade and other market-based policies that have contributed to Canada's prosperity. The outcome also appears to endorse Brian Mulroney's brand of co-operative federalism, or cooptive federalism - the acceptance of "province-building" as an aspect of nation building rather than as a threat, and the drawing of regions more closely into national affairs through constitutional reform. The Conservative victory does not, however, transform Canada into a Tatcherite or Reaganite society. Canada has its own dynamics which put a premium on consensus, a feeling of community and concern for those in need. These values are deeply rooted and entirely consistent with a vigorous market economy. The Conservatives must work to help Canadians feel more confident of this fact, especially in light of the raucous rhetoric in this election campaign. »

The Globe and Mail (Canada), 23 novembre 1988, p. A5.

Gouvernance et gouvernement [ 21 novembre 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéJeanne SauvéBrian Mulroney

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 1993



septembre
1984
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

septembre
1984
[Résultats] Élections législatives

septembre
1987
Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

novembre
1988
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives

juin
1990
Échec de l'accord constitutionnel du lac Meech au Canada

octobre
1992
Tenue d'un référendum au Canada sur l'entente de Charlottetown

octobre
1993
Élection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

octobre
1993
[Résultats] Élections législatives


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