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27 novembre 2000

Réélection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jean Chrétien

Le Parti libéral de Jean Chrétien remporte les élections législatives en obtenant 42,0 % des voix. Il fait élire 170 députés à la Chambre des communes contre 68 pour son plus proche rival, l'Alliance canadienne de Stockwell Day.

Cette victoire libérale procure au premier ministre Jean Chrétien un troisième mandat majoritaire consécutif, un exploit qui avait été accompli pour la dernière fois dans les années 40 par William L. Mackenzie King. Ce triomphe est acquis malgré l'entrée en scène du chef allianciste Stockwell Day. L'Alliance canadienne, une formation qui a succédé au Parti réformiste, a connu du succès dans l'Ouest du pays mais n'a pas été en mesure de faire des gains substantiels en Ontario, fief incontestable des libéraux. En plus de conserver leur château fort ontarien, ces derniers ont repris du terrain dans les Maritimes et au Québec. Ces gains au Québec se font surtout aux dépens du Bloc québécois de Gilles Duceppe qui voit sa représentation réduite à 39 députés, la plus faible depuis la création du parti, en 1990. Enfin, le Parti progressiste-conservateur de Joe Clark et le Nouveau Parti démocratique (NPD) d'Alexa McDonough obtiennent respectivement 12 et 13 sièges, un résultat particulièrement satisfaisant pour les conservateurs dont on pronostiquait la disparition peu avant l'élection.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Bernard Descôteaux, « Le triomphe de Chrétien »

«...Les facteurs qui ont contribué à cette victoire libérale sont nombreux, mais l'un des plus importants est certainement la réaction qu'a provoquée en Ontario, au Québec et dans les Maritimes le programme de ce nouveau parti (l'Alliance canadienne) perçu comme étant extrémiste. Un extrémisme dont Jean Chrétien a su se servir pour attirer vers lui un électorat habitué à naviguer du centre-gauche au centre-droit et inversement, mais sans jamais verser vers l'extrême droite. L'Alliance canadienne, qui n'a pas réussi le mariage projeté entre conservateurs et réformistes, n'aura été qu'une copie conforme du Reform Party. Son programme de droite est même apparu particulièrement provocant dans la bouche de son chef, qui n'a pas craint d'afficher ses convictions religieuses et morales personnelles, attitude contrastant avec la prudence qu'affichait un Preston Manning en 1997 à la tête du Reform. »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 novembre 2000, p. A1.

Lawrence Martin, « La volonté de gagner »

«...La réélection du Parti libéral, hier, n'a surpris personne. Sa capacité d'obtenir ou non une majorité de sièges aux Communes était devenue le seul enjeu véritable de ces élections. Cela peut paraître étrange de le dire, mais même la victoire majoritaire ne donne pas lieu à une célébration dithyrambique. Jean Chrétien pouvait au mieux savourer une victoire aigre-douce. Pratiquement, personne ne le voulait victorieux. Ni le parti ni le peuple ni la presse ne le souhaitait à la barre. D'un bout à l'autre du pays, les sondages confirmaient une opinion de plus en plus répandue: ce premier ministre avait abusé de l'hospitalité des électeurs. (...) Tous les géants du Parti libéral ont trébuché. Sauf Jean Chrétien. L'ironie voudra que, malgré sa troisième victoire, son héritage ne sera peut-être pas beaucoup enrichi. Tout dans cette campagne a été remis en question - de sa décision de solliciter un autre mandat à celles de déclencher des élections avant terme sans motif pressant et de mener l'une des campagnes les plus négatives de l'histoire du parti. »

La Presse (Québec, Canada), 28 novembre 2000, p. A15.

Anne Lamontagne, « Forts de leur bilan économique, les libéraux confortent leur majorité »

«...Jean Chrétien n'avait pourtant guère brillé dans une campagne électorale de trente-six jours plutôt morne et marquée par de nombreuses critiques à son endroit, y compris au sein des troupes libérales. Sa popularité personnelle étant au plus bas dans les sondages, on l'attendait au tournant, prêt à lui faire porter la faute d'une victoire « relative » aux élections et à lui demander de céder sa place au plus vite. Le nom de Paul Martin, ministre des Finances jouissant d'une excellente réputation - bien meilleure que la sienne - dans l'opinion publique, était déjà sur toutes les lèvres, mais les résultats de lundi vont à l'évidence faire taire les mauvaises langues. Conforté dans son pouvoir, Jean Chrétien peut désormais prendre son temps pour préparer sa succession. A cet égard, la formation du prochain gouvernement donnera sûrement une bonne indication des « dauphins » potentiels. »

Les Échos (France), 29 novembre 2000, p. 12.

Éditorial

«...Canadians, like their American neighbors, have shown they want to be governed from the middle. Prime Minister Jean Chretien, after a mercifully short five-week campaign, Monday won another term in office and widened his Liberal Party's majority in Parliament. He took a big gamble, calling the election early in hope of cashing in on the country's economic prosperity, and it paid off handsomely. The election, however, was more a referendum on Liberal Party policies that helped Canada turn bulging budget deficits into a surplus than on the popularity of Chretien himself. (...) Though his political skills are keen, Chretien has come under growing criticism for his intolerance of independent thought even within his party and for a lack of fresh ideas. His popularity has fallen, and at least one leading newspaper called on him to resign the leadership of his party. Whether he does step down before is term expires will be his choice. Meanwhile, his party's centrist policies and responsible management of Canada's finances won a resounding endorsement. Chretien rightly deserves credit for that. »

Los Angeles Times (États-Unis), 29 novembre 2000.

Gouvernance et gouvernement [ 27 novembre 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéAdrienne ClarksonJean Chrétien

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1995 - 2005



octobre
1995
Tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec

juin
1997
Réélection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

juin
1997
[Résultats] Élections législatives

septembre
1999
Ouverture du huitième Sommet de la Francophonie

novembre
2000
Réélection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

novembre
2000
[Résultats] Élections législatives

juin
2004
Élection au Canada du Parti libéral de Paul Martin

juin
2004
[Résultats] Élections législatives


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