Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

14 août 2018

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15 janvier 1985

Élection de Tancredo Neves à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tancredo Neves

L'ex-premier ministre du Brésil, Tancredo Neves, est élu à la présidence du pays par un collège électoral composé de 685 membres. Neves reçoit 480 votes contre 180 pour Paulo Salif Maluf du Parti social démocrate.

Les militaires, qui se succèdent au pouvoir depuis 1964 au Brésil, repoussent les demandes persistantes de l'opposition pour la tenue d'élections présidentielles au suffrage universel. Mais en janvier 1985, un collège électoral formé de députés, de sénateurs et de délégués d'États élit un civil, Tancredo Neves, à la présidence du pays. Neves, qui a été premier ministre au début des années 60, est un modéré qui a la confiance de l'armée ainsi que l'appui du Parti de mobilisation démocratique brésilien (PMDB) et du Parti du front libéral (PFL), ce qui lui permet de devancer facilement Paulo Salif Maluf du Parti social démocrate (PSD). La maladie empêchera cependant Neves, âgé de 74 ans, d'exercer ses fonctions. Il décédera le 21 avril. Le vice-président Jose Sarney, qui est le leader du PFL, sera assermenté à la présidence le 15 mars. Les graves problèmes économiques du pays l'amèneront à adopter des mesures d'austérité financière (plan Cruzado). À un autre niveau, des changements constitutionnels apportés en 1988 permettront dorénavant l'élection du président au suffrage universel.

Dans les médias...


Jacques Espérandieu, « Le triomphe de Tancredo »

«...Deux objectifs pour la campagne qu'il engage en août. Ne pas effrayer les militaires, d'abord : cela donne des satisfecit appuyés décernés au général Figueiredo, voire quelques rencontres discrètes avec les plus durs de la hiérarchie militaire. Second objectif : légitimer cette élection au suffrage indirect; cela donne l'organisation de meetings monstres dans tout le pays. Dans les deux cas, un sans-faute. Le malheur pour Tancredo, c'est que les difficultés commencent. Difficultés économiques, d'abord : 223,8% d'inflation en 1984. Un chiffre « indécent », a dit Ernane Galveas, l'actuel ministre des Finances (...) Difficultés politiques, ensuite. Elles tiennent en une question : comment faire cohabiter longtemps le plus grand industriel du pays et le leader du Parti communiste « proalbanais » ? « En ne promettant rien, ni à l'un ni à l'autre», m'expliquait Neves, il y a quelques semaines. Pas si simple. La preuve ? Les premiers craquements se font déjà entendre. »

L'Express (France), 25 janvier 1985, p. 11.

Pierre Blanchet, « Brésil : l'étincelle du 15 janvier »

«...Alors, que faire ? Attendre que le Brésil se réveille de son sommeil de géant et atteigne la pleine prospérité pour éponger la misère qui transforme les enfants en pickpockets ou en prostitués, comme le proposent les économistes libéraux, ou essayer d'autres remèdes ? C'est le problème qui se posera demain à Tancredo Neves, très vraisemblablement futur président de la République brésilienne. Après vingt ans de pouvoir, dont deux de crise économique sans précédent, les militaires ne semblent pas mécontents de quitter les affaires. Leur candidat, Paulo Maluf, ancien gouverneur de Sao Paulo, semble fort mal placé face à celui de l'opposition démocratique, bien que le parlement ait refusé l'élection au suffrage universel. Cent trente millions de Brésiliens, dont la moitié ont moins de vingt-cinq ans, trouveront-ils avec la démocratie restaurée la solution de leurs problèmes ? »

Le Nouvel Observateur (France), 11 janvier 1985, p. 62.

S.A., « Les dictateurs meurent aussi »

«...Il arrive qu'on enregistre de bonnes nouvelles. L'élection de M. Tancredo Neves à la présidence du Brésil en est une, même si la victoire de cet opposant de toujours aux militaires est due non au suffrage universel mais à une élection au second degré. Nul ne peut contester, de toute manière, que M. Neves incarne les espoirs et les aspirations d'une grande majorité des Brésiliens, lassés par l'autoritarisme et le nationalisme rétrograde d'une équipe de généraux finalement incapables de gérer le pays. L'arrivée de M. Neves ne signifie pas, loin de là, que les problèmes du Brésil vont s'évanouir demain, comme par miracle. Beaucoup est à refaire chez le « géant » de l'Amérique latine, considérablement endetté du fait de l'irresponsabilité de ses anciens dirigeants et obligé aujourd'hui d'appliquer une politique d'austérité dont les plus défavorisés font les frais. Mais au moins les Brésiliens auront-ils désormais quelque chance de mieux maîtriser leur destin et de ne plus supporter la chape d'autoritarisme qui s'était abattue sur eux il y a vingt ans. »

Le Monde (France), 17 janvier 1985, p. 1.

Angus Deming et al., « The Generals Step Aside »

«...For the moment, at least, the Brazilian military had no objections to a return to civilian rule. Figueiredo himself hastened the process by promoting abertura - opening to democracy - in 1979. Last April, when millions of Brazilians demonstrated in favor of direct presidential elections, he marshaled members of the dominant party to prevent the Brazilian Congress from abolishing the Electoral Congress. But his generals began preparing for the transition last fall when it became apparent that Neves would easily defeat Maluf, the regime's candidate. And - like the general's who have recently relinquished power in other South American countries - Brazil's top brass were fed up with trying to run the economy. « Economic problems are a threat to any government, » said one State Department Latin American expert. « They were what weakened the authoritarian ones and actually helped to bring about democracy in some countries. The truth is that more social conflict can contribute to democracy rather than detract from it. »

Newsweek (États-Unis), 28 janvier 1985, p. 37.

Gouvernance et gouvernement [ 15 janvier 1985 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireJoão Baptista de Oliveira Figueiredo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1980 - 1990



novembre
1982
[Résultats] Élections législatives

janvier
1984
Création du Mouvement des Sans terre au Brésil

janvier
1985
Élection de Tancredo Neves à la présidence du Brésil

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives

novembre
1989
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1990
[Résultats] Élections législatives


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