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27 octobre 2002

Élection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lula da Silva

Luiz Inacio Lula da Silva du Parti des travailleurs (PT) remporte l'élection présidentielle brésilienne avec 61,3% des votes. Au second tour, il devance facilement Jose Serra du Parti de la social-démocratie (PSD) brésilienne qui n'obtient l'appui que de 38,7% des électeurs.

D'origine modeste, Lula da Silva, premier président élu de gauche du Brésil, a une longue feuille de route. Cofondateur du PT, il oeuvre au sein du mouvement syndical et se présente trois fois, sans succès, à la présidence du pays (1989, 1994, 1998). Le vent tourne finalement lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 6 octobre 2002. Avec 46,4% des intentions de vote, il double le résultat de son plus proche rival, Jose Serra, qui a l'appui de 23,2% des électeurs. La perspective de voir un gauchiste à la tête du Brésil suscite certaines inquiétudes que da Silva tente d'apaiser en tenant un discours modéré, notamment sur le plan économique. Sa victoire décisive, le 27 octobre, lui permet de succéder à Fernando Henrique Cordoso du PSD à la présidence. Le PT connaît aussi des succès lors des élections législatives qui se tiennent le 6 octobre. Il reste cependant minoritaire dans les deux Chambres, ce qui se reflète dans la composition du cabinet au sein duquel on retrouve 26 ministres, dont 14 du PT.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Thierry Oberle, «Lula fait basculer le pays à gauche»

«...Le Lula de la jeunesse est-il bien différend du «Lula light» d'aujourd'hui ? Désormais, le chef de file de la gauche porte un costume cravate sobre, il a de belles dents et une barbe bien peignée. Lula est devenu respectable. Il ne viendrait plus à l'idée de ses adversaires de le traiter de «crapaud barbu», ni à TV Globo de passer à l'antenne juste avant le vote un montage où le candidat pétiste transpire et manque d'assurance. Lula affirme qu'il «a changé car le monde a changé». «Il est intelligent, il sait donc s'adapter», insiste la psychanalyste Marta Suplicy, maire pétiste de Sao Paulo. «Tout cela n'est que poudre aux yeux. Lula avance grimé», préviennent ses détracteurs. Son discours a évolué en profondeur en se débarrassant des scories idéologiques du socialisme. Le virage accompli vers le centre au grand dam des trotskistes et des autres courants est manifeste. Mais la méthode Lula reste la même. Syndicaliste, il cherchait des compromis. Président, il promet de gouverner par contrat en privilégiant le dialogue avec les chefs d'entreprise et les salariés, avec les milieux financiers et le monde politique.»

Le Figaro (France), 28 octobre 2002, p. 5.

Bruno Odent, «Le tournant brésilien»

«...Et le défi du quinquagénaire barbu qui va prendre la tête des destinées de l'État le plus puissant de l'Amérique latine est d'autant plus immense que l'espoir suscité par son élection déborde largement des frontières brésiliennes. Pour tout un continent meurtri par une crise économique de grande ampleur et son cortège de souffrances sociales dont la réalité argentine est la manifestation suraiguë, Lula est un symbole. Et c'est peu dire de l'espoir que va susciter, au sein du mouvement planétaire en faveur d'une autre mondialisation, l'arrivée aux affaires de l'un des initiateurs du forum de Porto Alegre. Satisfaire des attentes d'une telle dimension ne sera pas chose aisée. Le nouveau chef d'État en est, semble-t-il, le premier convaincu : «Le chemin vers la présidence, a-t-il déclaré dimanche soir, a été dur mais ce que nous avons fait jusqu'à présent a été plus facile que ce qui nous reste à faire.» Les obstacles ne manqueront pas en effet sur la voie des transformations que veut impulser Lula.»

L'Humanité (France), 29 octobre 2002, p. 3.

Guy Taillefer, «Rupture brésilienne»

«...Évidemment que la dette brésilienne est un boulet au pied de ses promesses sociales et que cela place Lula entre deux chaises difficiles à rapprocher. Ses créanciers et adversaires veulent croire que les graves difficultés financières qu'éprouve le Brésil deviendront rapidement pour lui une obsession qui biffera toute autre préoccupation. L'histoire politique plus ou moins récente de l'Amérique latine conforte ces conservateurs dans leurs prémonitions: de l'Argentine au Chili se sont amenées au pouvoir des coalitions de centre-gauche dont le projet social-démocrate a trop souvent fini par se noyer sous la surface de la rhétorique, dans l'orthodoxie néolibérale. L'élection au Brésil n'annonce pas ce détournement, malgré le glissement au centre que Lula a opéré dans son discours politique. Et quoi qu'en dise par avance le nouveau président sur la nécessité de faire les choses «tranquillement», son entrée au palais présidentiel est de l'ordre de la rupture nette avec une décennie de résignation inconfortable à des forces du marché qui ont creusé la pauvreté et les inégalités dans l'ensemble de la région.»

Le Devoir (Québec, Canada), 30 octobre 2002, p. A8.

Larry Rohter, «Leftist Handily Wins Brazilian Presidential Race»

«...But when Mr. da Silva takes office on Jan. 1, Brazil is likely to undergo a change not just of policies but also of style. In sharp contrast to President Fernando Henrique Cardoso, an urbane former sociology professor who speaks five languages fluently, Mr. da Silva left school after finishing the fifth grade, is occasionally flummoxed by the Portuguese language and prides himself on being a man of the people. Da Silva is the most common surname in this country, and when the president-elect first ran for office two decades ago, one of his campaign slogans was «a Brazilian just like you.» During this year's campaign he took a similar tack, accusing the nation's elite of being selfish and incompetent and arguing that it was time for ordinary Brazilians to have their voices heard. «I want my victory to symbolize that nobody is inferior to anybody else,» Mr. da Silva said in a speech on Wednesday. «A lathe operator can be more competent in doing politics than many political scientists.»

New York Times (États-Unis), 28 octobre 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 27 octobre 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireFernando Henrique Silva Cardoso

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



octobre
1998
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
1998
[Résultats] Élections législatives

janvier
2001
Ouverture du premier Forum social mondial à Porto Alegre

octobre
2002
Élection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil

octobre
2002
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2002
[Résultats] Élections législatives

mai
2006
Rébellion simultanée dans les prisons de Sao Paulo, au Brésil

octobre
2006
Réélection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil

octobre
2006
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2006
[Résultats] Élections législatives


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