Université de Sherbrooke
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12 avril 2002
Tentative de coup d'État contre Hugo Chavez au Venezuela

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Hugo Chavez, Fidel Castro

La contestation contre le président du Venezuela, Hugo Chavez, mène à son renversement par des militaires. L'homme d'affaires Pedro Carmona succédera brièvement à Chavez qui reprendra le pouvoir quelques jours plus tard.

Les politiques de gauche de Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1998, ainsi que son approche autoritaire, lui attirent une opposition de plus en plus virulente de l'armée, mais aussi des milieux d'affaires et syndicaux. Une grève générale éclate en avril 2002. Une manifestation d'opposants au régime, lors de laquelle des partisans de Chavez auraient ouvert le feu, exacerbe les passions et incite des militaires à renverser Chavez. Ils le remplacent par Pedro Carmora, le président de la fédération patronale Fedecamaras. Aussitôt arrivé au pouvoir, ce dernier dissout les chambres, suspend les libertés civiles et annule des réformes adoptées antérieurement. Des divisions apparaissent rapidement et, le 14 avril, des militaires ramènent Chavez de l'île de Turiamo, où il était emprisonné. Son retour à Caracas est suivi par la démission et l'arrestation de Carmora. Même si le président s'engage à tenir compte davantage des récriminations exprimées contre lui, l'instabilité perdurera au Venezuela où la contestation contre Chavez demeurera très vive.

Dans les médias...


Jan Krauze, « Un personnage hors normes qui s'était mis à dos des secteurs entiers de la société »

«...(paru après le coup d'État) L'excès de confiance en soi a-t-il aussi conduit le président à négliger le danger présenté par les manifestations et la grève prévues de longue date pour le mois de mars, et dont la première journée ne fut d'ailleurs pas vraiment triomphale pour ses adversaires ? Les causes précises des affrontements, les rôles respectifs des partisans armés de Chavez et des polices municipales contrôlées par ses adversaires, restent à élucider. Mais, entre un président entraîné dans le vertige du pouvoir et des médias et une opposition chauffant la situation à blanc, sans lésiner au besoin sur les fausses nouvelles, et sans autre projet apparent que de se débarrasser d'un homme qui lui était devenu insupportable, le Venezuela a subi, tristement et de sanglante manière, un nouvel échec collectif. »

Le Monde (France), 13 avril 2002, p. 6.

S.A., « Venezuela : Chavez en président phénix »

«...L'avenir s'annonce néanmoins difficile pour Chavez (...) Hier, des pillages de magasins ont commencé dans les quartiers pauvres où la situation était très tendue. Ses farouches adversaires qui l'ont conduit à partir vendredi, notamment l'Eglise, mais aussi les chefs d'entreprise (dont l'un, Pedro Carmona, a été patron des patrons avant de prendre les rênes du pouvoir au terme du coup d'Etat), et les télévisions privées, totalement opposées à son régime de gauche, demeurent prêts à se mobiliser contre le rescapé du putsch. Sans compter les Etats-Unis, qui ont rappelé, hier, leur opposition au président élu. Si les plus pauvres continuent de le soutenir, les classes moyennes ainsi que les milieux du pétrole, prééminents dans ce pays qui ne vit que de l'or noir, continuent à vouloir le départ d'un président populiste et démagogue qui a multiplié les maladresses. Une « table ronde sur le dialogue national » débutera le mardi 16 avril à Caracas à l'invitation de Hugo Chavez réunissant, s'ils le désirent, tous ses opposants. Leur décision finale dira si cet appel a été entendu. Dans le cas d'une réponse positive, il s'agirait d'un pas en avant sans précédent pour un pays profondément divisé entre pro et anti-Chavez. »

Libération (France), 15 avril 2002, p. 13.

Frédéric Wagnière, « Le pétrole au coeur du problème vénézuélien »

«...Une des raisons principales de la mainmise brutale sur PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) était la nécessité pour M. Chavez de contrôler la compagnie pour qu'elle puisse mieux aider à financer la révolution bolivariste qui est au centre de son populisme. Il pourrait ainsi financer des projets sociaux au profit de ses partisans dans les bidonvilles de Caracas en empruntant à la société d'État et sans nécessairement avoir l'appui du parlement. Mais une très large coalition s'est rangée contre lui. Les milieux des affaires ont appuyé les cadres de PDVSA et les syndicats du pétrole ont fait la grève pour sauver l'intégrité de leur entreprise. L'Église s'est jointe à eux ainsi que certains milieux de l'armée et, quand des émeutes ont éclaté à Caracas, ils ont obtenu le départ de M. Chavez. Mais la coalition n'était ni très forte ni bien dirigée. Elle s'est désagrégée lorsque son chef, l'homme d'affaires Pedro Carmona, a voulu utiliser ses pouvoirs présidentiels tout neufs pour dissoudre le parlement et abroger la constitution. Plus particulièrement, les officiers de l'armée ont décidé que leur coup devait être dirigé contre l'autoritarisme et non contre la légalité et la démocratie. Avec le soutien de son ancienne division de parachutistes, M. Chavez n'a eu qu'à reprendre sa place au palais présidentiel. »

La Presse (France), 22 avril 2002, p. D3.

Éditorial

«...There are at least three ironies surrounding this weekend's coup and countercoup in Venezuela that returned President Hugo Chavez to office after 48 hours of detention. The first is that this former putschist who has done so much to undermine freedom has been saved by a people's desire to safeguard democracy. The second is that by failing to oust him Venezuela's middle and upper class have probably made him stronger. And the third is that he is supported by his society's most desperate citizens but will continue to impoverish them and his oil-rich South American country as long as he's in power. The turmoil is also a reminder of Latin America's dangerous deterioration. Most U.S. media haven't noticed, but half of that continent is in political or economic trouble, or both, following a decade of U.S. mistakes and neglect. Maybe the Chavez fiasco will alert American elites (...) to stop indulging Cold War grudges and start addressing current problems in the region. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 15 avril 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 12 avril 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Venezuela
IntermédiairePedro Carmona Estanga

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1997 - 2007]



6 décembre 1998 Élection de Hugo Chavez à la présidence du Venezuela
6 décembre 1998[Résultats] Élection présidentielle
6 décembre 1998[Résultats] Élections législatives
2 février 1999Hugo Chávez : chef d'État (investiture/assermentation)
15 décembre 1999 Pluies torrentielles et inondations au Venezuela
30 juillet 2000[Résultats] Élection présidentielle
30 juillet 2000[Résultats] Élections législatives
19 août 2000Hugo Chavez : chef d'État (investiture/assermentation)
12 avril 2002 Tentative de coup d'État contre Hugo Chavez au Venezuela
14 avril 2002Hugo Chávez : chef d'État (investiture/assermentation)
4 décembre 2005[Résultats] Élections législatives
3 décembre 2006 Réélection de Hugo Chavez à la présidence du Venezuela
3 décembre 2006[Résultats] Élection présidentielle

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