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26 août 2002

Ouverture d'un sommet sur le développement durable à Johannesburg

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Kofi Anann

Des milliers de délégués provenant de 190 pays sont réunis à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour participer à un sommet de l'Organisation des Nations unies (ONU) portant sur le développement durable.

Lors de ce sommet, qui survient 10 ans après celui de la Terre, à Rio, on fait un bilan plutôt sombre des objectifs qui n'ont pas été atteints au cours de la dernière décennie. Les délégués se penchent néanmoins sur l'élaboration d'un plan d'action qui comprend notamment la réduction de moitié, d'ici 2015, du nombre de personnes qui n'ont pas accès à de l'eau potable. La réduction de la mortalité infantile et celle du nombre d'espèces animales en voie de disparition sont également dans la mire des participants au sommet qui ont un agenda chargé : pluies acides, lutte au Sida, malnutrition, problème du réchauffement global, etc.. Des espoirs sont suscités par la promesse de certains pays de ratifier en 2002 le protocole de Kyoto qui vise à contrôler l'émission des principaux gaz à effet de serre. Ce n'est toutefois pas le cas des États-Unis dont le gouvernement se montre peu favorable aux « objectifs contraignants » fixés par le protocole. Présent à Johannesburg, le secrétaire d'État Colin Powell est chahuté lors du discours qu'il prononce le 4 septembre, journée de clôture du sommet. Voir : La Terre et l'humanité sont en péril

Dans les médias...


Jean-Louis Validire, « Les pays en développement font monter les enchères »

«...Le problème politique de fond de cette conférence est l'attitude du groupe des 77. Composé de 133 pays aujourd'hui ce conglomérat plus ou moins cohérent a pour porte-parole le Venezuela. Héritier de la lointaine aventure des non-alignés, il constitue un bloc plastique propice à toutes les manoeuvres. Idéologiquement peu structuré puisqu'il comprend aussi bien la Chine que l'Inde, Cuba ou l'Egypte, il défend ardemment la cause des pays en développement contre tout protectionnisme des pays industrialisés. Ses chevaux de bataille sont l'accès aux marchés et le refus systématique de toutes normes sociales ou environnementales soupçonnées d'être autant d'armes détournées du Nord pour empêcher le Sud de bénéficier de son avantage comparatif dans le jeu de la concurrence. Pour le moment, le groupe des 77 a fait monter au créneau des négociations les plus « durs » de ses membres en introduisant des amendements dans tous les sens. Il a par exemple proposé qu'un mandat soit donné au secrétaire général de l'ONU pour vérifier si l'augmentation de l'aide financière aux pays en développement était bien conforme aux promesses faites. Il a également mis sur la table un amendement pour réduire les pics tarifaires sur l'ensemble des produits. Bref, une agitation perpétuelle du chiffon rouge pour faire monter les enchères et détruire les équilibres précaires et difficiles construits tant à Doha lors de la conférence de l'OMC ou récemment à Monterrey sur l'aide. »

Le Figaro (France), 29 août 2002, p. 3.

Laurent D'Ersu, « Sommet de la Terre »

«...À juste titre, le sommet de Johannesbourg laisse déçus bien des nostalgiques de la conférence de Rio, dont il était censé marquer le 10e anniversaire. Un premier malentendu résidait dans ce surnom de « Rio + 10 », alors que les ambitions des deux conférences étaient différentes. En mettant à son programme la résolution des principaux problèmes de la planète - pauvreté, accès aux biens essentiels, préservation de l'environnement, développement économique - le sommet de Johannesbourg voyait bien plus large que son précurseur. Et pourtant, il a manqué de souffle. « L'Histoire s'est faite à Rio, pas ici, confie un ministre européen. Pour retrouver l'aspect visionnaire de Rio, il aurait fallu cibler plus juste : soit des discours et des engagements politiques, soit un véritable sommet d'action, avec un but, des moyens et des responsabilités définies. »

La Croix (France), 5 septembre 2002, p. 4.

Paule des Rivières, « Des avancées modestes »

«...le Sommet de Johannesburg a baigné dans une ambiance qui n'avait rien à voir avec la grande fête sud-américaine à l'issue de laquelle avaient été adoptées des conventions visant à stopper la dégradation de l'environnement. Et pour cause. Les engagements annoncés en 1992 ne se sont pas matérialisés et les problèmes environnementaux se sont généralement intensifiés. Dans ce contexte, la réanimation du protocole de Kyoto constituait un minimum vital en deçà duquel le sommet aurait carrément échoué. Mais rien n'est encore gagné, et il faudra talonner les chefs d'État afin qu'ils prennent les mesures qui s'imposent pour réaliser les engagements de ce protocole. Pour le reste, certains objectifs laissent songeur (...) La faiblesse du texte continue de permettre tous les abus. Au delà des bonnes intentions, qui ne coûtent pas cher, le plan d'action du Sommet de Johannesburg contient trop peu d'objectifs chiffrés, mesurables. Il reste qu'au delà de l'aspect spectacle attaché à toutes les grandes réunions de ce genre, ce sommet aura permis aux pays du Sud de démontrer une fois de plus que la sauvegarde de la planète passe par une amélioration de leurs conditions de vie. Les pays du Nord ont répondu timidement à l'appel, beaucoup trop timidement. »

Le Devoir (Québec, Canada), 5 septembre 2002, p. A6.

Éditorial

«...The concept of « sustainable development » is tough to pin down, but there's no doubting the importance of the issues that come under its umbrella. During the next 30 years, 2 billion people will be added to the world's population; as a result, existing environmental stresses will become harder to manage. Already many cities in developing countries suffer air pollution that costs millions of lives; one-third of the world's people live in countries threatened by water shortages; a quarter of the world's farming and forestland has been degraded. A summit that draws attention to these disturbing trends performs a useful service. That said, attention needs to be followed by action, and this is where the globalization analogy ceases to be helpful. To make globalization happen, governments mainly just stood back: They removed controls on trade and capital flows, and allowed the communications revolution to bring the world closer together. But to protect the world's resources, governments need to step forward : They must hammer out international agreements that protect the forests and fisheries and atmosphere. So far they have failed to do this... (...) Reversing this record of failure through a series of narrow and concrete multilateral initiatives will be the post-Johannesburg challenge. »

The Washington Post (États-Unis), 2 septembre 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 26 août 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéThabo Mvuyelwa MbekiPoste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



juin
1999
[Résultats] Élections législatives

août
2002
Ouverture d'un sommet sur le développement durable à Johannesburg

avril
2004
[Résultats] Élections législatives


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